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En avril 2013, le rappeur Jay-Z et son épouse Beyonce ont décidé de fêter leur anniversaire de mariage en se rendant à Cuba.

 

Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition républicaine au président Obama ne crie au scandale et somme le président de s’expliquer !

 

Il est vrai que Jay-Z avait été un soutien fidèle du président Obama, tant lors de sa première campagne que lors de la seconde. Au point d’être sur scène aux côté du président, la veille de sa réélection, le 05 novembre 2012. Quant à l’épouse du rappeur, Beyonce Knowles, n’avait-elle pas été choisie pour chanter l’hymne américain, le jour de l’investiture pour son second mandat par le président Obama ?

 

L’embargo des Etats-Unis contre Cuba date maintenant de plus de 50 ans. Le tourisme américain est très règlementé, pour ne pas dire strictement interdit afin d’empêcher l’apport de devises au gouvernement de Fidel Castro…

 

Alors, le président était-il au courant de ce voyage ? Quel type de visa avait donc bien pu être délivré à Jay-Z et Beyonce pour qu’ils puisent ainsi se permettre de braver le blocus économique historique infligé à Cuba par les Etats-Unis ?

 

Le président niera toujours avoir été prévenu de ce voyage. Il en plaisantera même lors du dîner des correspondants à la maison blanche délivré le 27 avril 2013 : « I’ve got 99 problems and now Jay-Z is one ! », en référence à l’un des tubes les plus célèbres du rappeur, déclenchant l’hilarité générale dans l’assistance…

 

Le soutien à Jay-Z aura donc été du bout des lèvres : « le président ne savait pas, et il n’a cure de cette affaire », avait-il ainsi fait savoir par la voix du porte-parole de la maison blanche.

 

Ce dernier était en effet sous le feu des questions des journalistes, après qu’au plus fort de la crise, Jay-Z ait diffusé via youtube une chanson sobrement intitulée « open letter » qui contient la phrase suivante :  « Obama said chill you’re gonna give me impeach/… », sous-entendant que le président l’aurait appelé et aurait été informé des projets du couple Carter.

 

L’affaire est maintenant de l’histoire ancienne et on aura jamais vraiment compris si Obama savait ou pas. Peu importe puisque le couple Carter a été innocenté le mi-août 2014 après une enquête du département du Trésor des Etats-Unis ayant conclu au fait que leur séjour était légal puisque le voyage n’avait pas de visée touristique, mais une visée « éducative » : le couple a visité une école d’art et une troupe de théâtre…

 

Quels enseignements de cette affaire qui aura donc mis près de 18 mois à connaître - enfin… - son épilogue ? Citons en trois.

 

Le premier, c’est que, décidément, la démocratie américaine ne plaisante pas en matière d’embargos dès lors que les échanges impliquent des échanges en dollars !

 

Le second, c’est qu’à l’heure où, comme en France, la défiance envers les élites est généralisée, il est instructif de noter que c’est finalement Jay-Z qui aura su trouver les mots les plus justes pour répondre aux attaques des députés américains en concluant sa lettre ouverte au président Obama par cette formule : « where the fuck have you been? / the world is under new management / fuck that Zoolander shit ».

 

La correction commande ici de ne pas traduire. Comme elle aurait dû commander, au moment de la visite en France du président américain, de ne point solliciter d’indulgence particulière pour l’équipe de direction d’une grande banque française, au risque du ridicule.

 

Et voilà le troisième enseignement de ce séjour éducatif à la Havane du couple Carter : que les élites consultent vite les travaux académiques les plus récents du Professeur M.C. Jensen d’HBS : auteur parmi les plus influents au monde pour avoir fondé la finance d’entreprise, celui-ci fait aujourd’hui de l’intégrité des individus son cheval de bataille académique. Et il se soucie davantage de la protection des investisseurs que de celle des dirigeants, qu’il porte assez bas en estime… à l’exception de Warren Buffet.

 

Warren Buffet qui avait fait en 2010 la une de Forbes. En compagnie de Jay-Z.


Publié le jeudi 18 septembre 2014 . 4 min. 06

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