CONNEXION
RECEVEZ LES ÉMISSIONS
XERFI CANAL GRATUITEMENT
La revue audiovisuelle de l'économie, la stratégie et du management
Newsletter #006A9E
économie #00aeef
stratégie & management #572475
business #C43031
IQSOG #F9BE13
secteurs

Secteurs

#1BB899
campus

Campus

#7030A0
chaînes partenaires

Partenaires

#BABEC4
Qui sommes-nous ?

QSN

#4198a9
21/04/202103:05

Qu’il s’agisse de recherche ou de pratique, ceux qui font profession de stratégie et de management vivent trop souvent sur deux planètes distinctes. Et on reste assez sidéré de la difficulté des habitants de l’une des planètes à simplement apercevoir l’autre.

Peu ou prou ces deux planètes correspondent aux deux hémisphères droit et gauche du cerveau, donc à la fameuse distinction entre esprit de géométrie et esprit de finesse chère à Pascal. En épistémologie des sciences, on considère la première planète comme celle du positivisme hérité des lumières d’Auguste Comte. La seconde, elle, est celle conçue par le grand philosophe Gaston Bachelard pour lequel « rien n’est donné, tout est construit ».

Sur la planète héritée de Comte, le monde est vu comme régi par des forces implacables, et par des lois déterministes de performance. Comme dans un roman de Houellebecq, une sorte de sélection naturelle des formes les plus adaptées s’y opère mécaniquement. Il vaut mieux dès lors se soumettre puisque rien ne sert de courir ni même de se battre : après tout, comme le disait Keynes, à long terme on est tous morts.

Sur la planète léguée par Bachelard, les habitants raisonnent à l’inverse. Derrière chaque calamité, ils voient une opportunité. Dès lors ils ne perdent jamais puisque, pour filer Nelson Mandela, soit ils gagnent soit ils apprennent. L’avenir est donc toujours ouvert même si tout n’est pas possible. Et pour peu qu’on envisage d’abord la manière de s’embusquer pour mieux l’attendre, il est toujours plein de promesses nouvelles, toujours en devenir.

Pendant des décennies la recherche francophone en stratégie et management a défendu une vision constructiviste. Puis le rouleau compresseur anglo-saxon a imposé sa puissance positiviste : puisque, après tout, les marchés sont efficients, à quoi bon faire encore de la stratégie, laissons plutôt les processus darwiniens faire leur œuvre… et les bonnes revues sélectionner les travaux les plus robustes au plan méthodologique pour le démontrer.

Ceci peut se résumer en deux formules chocs : les constructivistes ne cessent de s’interroger sur la manière de construire une stratégie de diversification ; les seconds ne cessent de vouloir démontrer pourquoi les entreprises diversifiées sont nécessairement moins performantes que les entreprises « centrées », puisque les marchés sont plus efficients que les directions générales d’entreprises pour allouer les ressources financières.

Maintenant que nous vivons très durablement dans une économie dont les prix des actifs sont administrés, que l’économie n’a plus les mots pour penser le monde, que l’enjeu est la survie plutôt que la performance sur fond de révolutions de type IA ou 5G, l’heure de la revanche a sonné pour les chercheurs constructivistes… puisque tout est désormais d’abord à réimaginer et à réinventer plutôt qu’à expliquer.


En savoir plus
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal
Déjà utilisateur
Identifiant/email :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple email / mot de passe n'est pas valide  
 
x
Veuillez saisir l'adresse e-mail utilisée pour créer votre compte Xerfi Canal.
Email :
S'identifier