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20/12/201703:55

L’affaire des prothèses mammaires PIP n’y change pas grand-chose : les actes de médecine et de chirurgie esthétique progressent chaque année dans le monde pour dépasser aujourd’hui la barre de 20 millions par an. Cette évolution entraîne logiquement les ventes de consommables et de matériels qui ont bondi de près de 20% par an entre 2011 et 2016.


Autre signe d’attractivité de ce marché : la valeur des actifs « esthétiques » qui n’ont presque rien à envier à ceux des maisons de luxe ou des start-up de la high-tech. C’est ainsi que les acteurs du private equity ou des industriels n’hésitent pas à payer le prix fort pour mettre la main sur les plus belles pépites, en payant entre 5 et 7 fois le chiffre d’affaires, voire même parfois 20 fois leurs revenus. Le fabricant américain du Botox, Allergan, a notamment déboursé près de 3 Md$ pour s’emparer en décembre 2016 du laboratoire LifeCell au chiffre d’affaires de 450 M$. Quelques mois plus tard, il a aussi mis la main sur Zeltiq Aesthetics, l’un des pionniers des techniques d'amincissement par le froid pour un montant d’environ 2,5 Md$.


En France, le marché de l’esthétique reste aussi porteur et les facteurs de résilience ne manquent pas.


D’abord, citons le succès des techniques non invasives. C’est que les injections, les épilations au laser et autres peelings ne nécessitent pas d’hospitalisation, engendrent peu d’effets secondaires et permettent d’obtenir des résultats satisfaisants, proches de ceux atteints par des actes chirurgicaux. Leurs tarifs deviennent par ailleurs abordables dans un contexte d’explosion de l’offre. Nous en reparlerons.


Les cosméceutiques prennent également de l’ampleur. Proposés en général sous forme de crème, ces cosmétiques « actifs » ont un effet biologique sur la peau sans pour autant être des médicaments. Ils ne sont donc pas soumis aux mêmes règles. Et en permettant de soigner ou de rajeunir la peau, ils peuvent constituer de véritables substituts à certains actes comme l’injection d’acide hyaluronique.


Le succès des techniques non invasives et des cosméceutiques n’aurait pas été possible sans un élargissement considérable de l’offre. En l’espace de quelques années, de nombreux médecins généralistes, dermatologues et chirurgiens esthétiques se sont en effet diversifiés dans ces actes anti-âge. Les instituts de beauté s’y mettent également en proposant des actes à la frontière du médical et de l'esthétique. Et ils n’hésitent pas à casser les prix. Les séances de cryolipolyse, c’est-à-dire la réduction de la cellulite par le froid, sont ainsi facturées à moins de 100€, contre environ 600€ dans un cabinet médical.


Autre facteur de cette déflation « heureuse »  pour les futurs patients : le développement du tourisme esthétique, ou pour le dire autrement : l’offensive des pays à bas coûts de main d’œuvre sur le créneau de la chirurgie esthétique. Je pense à la Tunisie ou aux pays d’Europe de l’Est. Des pays qui affichent des actes moitié moins chers par rapport aux cliniques françaises.


Des cliniques qui voient maintenant émerger des Tripadvisor de l’esthétique, à l’instar de Realself.com. Ces plateformes permettent aux patients d’échanger des commentaires et des photos avant et après l’opération. Elles améliorent de fait la transparence sur les opérations réalisées à l’étranger, contribuant alors à leur banalisation et à la guerre des prix entre professionnels.


Selon un récent sondage réalisé par l’Ifop, 1 Française sur 3 serait prête à recourir à la médecine esthétique (par nature peu invasive par rapport aux actes de chirurgie). Et 1 sur 2 serait prête à sauter le pas en cas de baisse des prix. Par conséquent, les futurs adeptes des actes esthétiques n’ont plus qu’à se réjouir du renforcement de la concurrence par les prix… Au grand dam des acteurs historiques du marché, à savoir les cliniques de chirurgie esthétique françaises, et surtout les centres de médecine esthétique.

 


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Mots clés : Santé : Services et industrie

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