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L'homme contre l'automatisation : la ligne de partage

Publié le mardi 5 avril 2016 . 2 min. 43

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« La technologie détruit plus vite de l’emploi dans les activités d’hier qu’elle n’en crée dans les activités d’aujourd’hui ». Ce constat a été formulé en 1933 par Keynes. Et force est de constater qu’il garde aujourd’hui tout son sens alors que la robotisation des activités économiques soulève de sérieuses inquiétudes sur l’emploi. C’est dans ce cadre que les professeurs Frey et Osborne, de l’Université d’Oxford, ont établi une méthode pour évaluer le risque de substitution de l’humain par la machine dans plus de 700 professions. Une méthode qui dessine, en creux, ce que la machine ne sera pas en mesure de faire d’ici vingt ans, et les compétences nécessaires dans l’économie de demain.

 

Première limite de la machine : son incapacité à évoluer dans un environnement inhabituel, complexe, peu structuré. Certes, la voiture autonome existe déjà techniquement. Mais elle réduit pour cela la perception de son environnement à tout un ensemble de données mathématiques. En l’état, la machine ne parvient pas à distinguer l’essence des choses, c’est-à-dire ce qu’on ne peut leur ôter sans les dénaturer. Il suffit donc qu’un objet se présente sous un jour inhabituel pour que la machine ne soit plus capable de l’identifier.

 

Deuxième limite de la machine : son incapacité à exercer une intelligence créative. Les robots comme Aaron pour la peinture ou encore Emmy pour la musique peuvent difficilement être qualifiés de créatifs. La difficulté à déterminer ce qu’est la créativité ou à la retranscrire par un langage de programmation fait que la machine ne sait pour l’heure que reproduire ce qu’elle a appris.

 

Troisième limite : l’incapacité de la machine à faire preuve d’intelligence relationnelle. Hé oui, il est extrêmement difficile d’identifier et de faire apprendre à la machine ce qui est un comportement humain naturel. Négocier, plaisanter, prendre soin, encadrer ou encore former resteront des activités humaines.

 

A ces aspects essentiellement technologiques, il faudrait également ajouter des questions de coût de main d’œuvre et de capital mais aussi d’acceptation ou de résistance sociale et politique. Ces travaux permettent malgré tout de distinguer un certain nombre de qualités qui compliquent cette substitution par la machine. La créativité, la capacité à donner du sens, à maîtriser le temps long, à percevoir l’essence des choses ou encore l’empathie demeureront des valeurs sûres.  Restent pour nos sociétés à s’adapter à ces futures réalités pour que la transition d’une économie à une autre soit la moins brutale possible.


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