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14/06/201604:06

Le marché de la musique va poursuivre sa consolidation selon la dernière étude de Precepta. En cause : la révolution numérique qui a deux implications stratégiques :

 

- D’abord, au niveau des entreprises, le numérique déstabilise les mécanismes traditionnels de création de la valeur, c’est-à-dire la façon dont s’organisent les firmes pour transformer des ressources, c’est-à-dire des coûts, en profits. Historiquement, les revenus de la filière dépendent principalement de la vente de musique sur support physique. Or les ventes de disques sont structurellement en repli car les consommateurs expriment une moindre disposition à payer pour la musique, quel que soit le support d’écoute. Par conséquent les modèles d’affaires de l’industrie musicale s’en trouvent profondément déstabilisés, et ce, quelle que soit la place des acteurs au sein de la filière.
- Ensuite, au niveau du paysage concurrentiel, le numérique favorise l’émergence d’entreprises digitales. Aujourd’hui, les plateformes de streaming comme Deezer, Spotify ou Qobuz sont en concurrence avec les GAFA et en particulier Google et Apple. En d’autres termes, la compétition se durcit en aval de la filière, mais aussi en amont.

 

Finalement, et pour le dire autrement, le numérique fragmente les revenus de la filière de la musique. Et pour enrayer ce mouvement, c’est-à-dire pour regagner un pouvoir de marché suffisant pour façonner l’environnement concurrentiel à son avantage, les rapprochements doivent s’intensifier.

 

La filière des concerts apparaît comme le grand gagnant de cette révolution numérique. Face à la chute du marché de la musique enregistrée et aux mutations provoquées par le numérique, un certain nombre d’acteurs ont recentré leurs intérêts autour des concerts. C’est le cas des majors mais aussi de groupes dits « intégrés » comme Live Nation, Vente-privée, Fimalac ou encore Vivendi. Comment expliquer cette tendance ? Hé bien les concerts sont plus que jamais attractifs pour les consommateurs qui expriment une certaine disposition à payer pour cette activité, contrairement à l’achat d’un disque ou à l’écoute de la musique sur un support dématérialisé. On comprend mieux pourquoi le concert est devenu stratégique pour de très nombreux compétiteurs. D’autant que sa dynamique économique repose sur un système de création de valeur équilibré et coopératif. Je veux dire par là que le cadre réglementaire a favorisé la spécialisation des acteurs, créé des barrières à l’entrée pour chacun des métiers, et a donc permis d’équilibrer les rapports de force au sein de cette filière. Mais attention, selon notre expert, les offensives de groupes comme Vivendi ou Live Nation pourraient bel et bien la déstabiliser…

 

L’étude de Precepta démontre aussi que les géants du web menacent clairement les acteurs en place, d’abord dans la distribution, mais aussi dans la production. L’intérêt d’Amazon ou d’Apple pour la musique n’est pas nouveau. Mais avec des offres comme Youtube Red ou Apple Music, les GAFA sont indéniablement passés à la vitesse supérieure, d’autant qu’ils disposent d’une large puissance financière et d’une formidable audience. On peut avancer plusieurs raisons à cette incursion dans la musique :

 

- c’est en premier une voie de diversification naturelle, cohérente à leurs portefeuilles d’activité.
- c’est aussi une nouvelle source de données, car la musique révèle les goûts des consommateurs. Les GAFA ont ainsi potentiellement les moyens de créer des algorithmes de recommandation et de monétisation d’une audience de plus en plus qualifiée.
Et comme je le disais, les géants du web ne comptent pas en rester au segment de la distribution. Des signaux se multiplient et laissent penser qu’ils ont toutes les chances de pénétrer l’amont de la filière musicale et ainsi venir bousculer les majors. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les initiatives d’Amazon ou de Google dans la filière cinématographique…

 

Philippe Gattet, Les mutations du marché de la musique, une vidéo Precepta Stratégiques


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Mots clés : Médias / culture / loisirs

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