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https://player.vimeo.com/video/171112430?autoplay=1 Thomas-Durand-Le-prix-du-talent-humain-cote-en-bourse-5129.jpg
30/06/201604:05

L’humain coté en bourse ? Instantanément, l’idée choque. Pourtant, c’est déjà le cas dans le sport. Au printemps 2014, via un artifice juridique, la société Fantex a fait coter un joueur de football américain, Vernon Davis, des 49ers de San Francisco, avec 421 000 actions, à 10 dollars chacune. Le sportif a encaissé 4 millions de dollars, abandonnant aux actionnaires 10% de ses contrats futurs (publicitaires et produits dérivés). Il lui faudra donc avoir généré 42 Millions de dollars pour que les investisseurs pariant sur son nom en aient eu pour leur argent.

 

Cette initiative, a priori déconcertante pour des européens, a pu prospérer sans véritable remous outre-Atlantique où l’on cultive l’excellence individuelle comme valeur cardinale d’une société dynamique fondée sur la compétition. La libre entreprise et le marché y conduisent à monétiser ce qui peut s’échanger : le sang, les organes, la grossesse pour autrui, la plaque d’immatriculation personnalisée, etc.  Cette culture produit des réussites indiscutables. L’entrepreneur y est récompensé pour son innovation, sa prise de risque et sa création de valeur : pourquoi pas le sportif qui crée du rêve, l’envie de se dépasser et le respect de l’effort ? Mais de là à boursicoter sur l’humain en le ramenant à une valeur nette actualisée… le pas à franchir est délicat. Pourtant, introduire l’humain en bourse n’est qu’une modalité technique particulière d’un Mercato des talents individuels.

 

Les européens, qui se pensent plus pétris que d’autres de valeurs humaines, disent avoir du mal avec ce genre d’idée mais y viennent, à leur rythme. Nous avions déjà le viager ou l’assurance vie qui, d’évidence, monétisent la vie. Les bookmakers anglais acceptent des paris sur à peu près tout. Nous avons admis le marché des droits à polluer, dans l’espoir, pour l’heure déçu, de verdir l’économie. De jeunes chanteurs se monétisent en finançant leur premier enregistrement par du crowdfunding. Des clubs de foot sont en bourse depuis Tottenham, coté en 1983 à la faveur des années Thatcher. L’Espagne et le Portugal acceptent la « tierce propriété », à savoir que les droits sur un joueur de football, comme le français Mangala transféré par Porto à Manchester City pour plus de 53 M€, peuvent y être vendus à la découpe. A quand le tour des cliniques spécialisées, des grandes écoles ou des restaurants étoilées, puis, dans la foulée, des grands chirurgiens, des chercheurs nobélisables ou des grands chefs ? Car l’excellence individuelle peut s’autonomiser, volant de nid en nid pour monnayer son talent et capter la rente. On l’a vu pour les producteurs audiovisuels face aux chaînes télé, les « nez » chez les parfumeurs, les designers dans la haute couture ou les sportifs d’exception – en tout cas pour les sports « bankable », avec forte audience médiatique et revenus élevés. La question éthique de l’humain en bourse est en fait celle du marché de l’excellence individuelle monétisée.

 

Jusqu’où accepter cette logique ? On sent bien l’enjeu de réguler le marché quand il nous embarque trop loin. D’un côté, deux ans après son entrée en bourse, l’action Fantex-Vernon Davis vit sa vie autour de 8 dollars, après des dividendes versés ces deux dernières années. D’un autre côté, après le cas Mangala, l’UEFA a obtenu de la FIFA l’interdiction progressive de la « tierce propriété ». Dans le match entre la vie des sportifs et la bourse, le score est d’un but partout ; balle au centre.

 

Thomas Durand, Le prix du talent humain coté en bourse, une vidéo Precepta Stratégiques.



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Mots clés : ManagementBourseCNAM

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