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Encore un mauvais signal pour l’économie française. Il vient directement des entreprises. Les retards de paiement se multiplient, révélant une fragilisation préoccupante du tissu économique. Quelques chiffres pour en prendre la pleine mesure. Selon la Coface, spécialiste de l’assurance-crédit entreprise, 86% des sociétés françaises déclarent avoir été confrontées à des retards de paiement au cours des douze derniers mois — un chiffre en hausse ; à 39,5 jours, la durée moyenne des retards dépasse celle de l’Allemagne ou du Royaume-Uni ; enfin, 55% des TPE et 39% des PME estiment que ces retards ont désormais un impact très « important » ou « critique » sur leur trésorerie.

La situation financière des clients se détériorent

Pour les entreprises interrogées, la raison majeure de ces retards renvoie à la détérioration de la situation financière de leurs clients. Les problèmes organisationnels et la mauvaise foi sont évoqués, mais comme causes secondaires. Si les délais de paiement peuvent soutenir l’activité économique et les relations commerciales, ils deviennent dangereux lorsqu’ils s’allongent ou ne sont pas respectés. S’installe alors un double jeu : d’abord celui de la « patate chaude », où chacun reporte ses retards sur ses fournisseurs, puis, lorsque la chaîne se tend trop, le jeu des « dominos » : certaines entreprises, faute d’être payées à temps, font faillite et entraînent les autres. Or, à près de 3,5 milliards d’euros, le montant des dettes fournisseurs affectées par des défaillances est à son plus haut niveau depuis 2011.

Les impacts sur les trésoreries

Les trésoreries souffrent, alors même que le « cash » reste le nerf de la guerre : il permet de traverser les crises, de payer les salaires, les charges sociales, les fournisseurs, de rembourser les emprunts, mais aussi de préparer l’avenir en recrutant ou en investissant. Les enquêtes de la Banque de France et de l’Insee confirment la détérioration des marges de manœuvre financières des entreprises françaises. Dans l’industrie manufacturière, le solde d’opinion sur la situation de trésorerie ressort nettement inférieur à sa moyenne de long terme. L’allongement des délais de paiement est cité comme principal facteur pénalisant. Les PME apparaissent les plus exposées. Dans les services marchands, la situation se révèle également dégradée, en particulier dans les services informatiques, le conseil et la restauration.

Le secteur du bâtiment semble mieux préparé, mais pas à l’abri

Le tableau est un peu moins sombre dans le bâtiment. Les soldes d’opinion relatifs à la trésorerie et aux délais de paiement demeurent proches de leur moyenne des dix dernières années. Mais la tendance se détériore elle aussi : les retards de paiement, qu’ils proviennent de clients privés comme publics, continuent de s’allonger et pèsent de plus en plus. De fil en aiguille, le mal se propage à tous les secteurs. Fragilisées, nombre d’entreprises se retrouvent balayées par le moindre vent contraire et c’est bien pourquoi les défaillances se multiplient : la barre des 70 000 se rapproche et la tendance haussière devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. Ce constat vaut pour tous les secteurs, avec une sinistralité comprise entre 20 et 60% au-dessus du niveau moyen d’avant-Covid.

Un risque systémique émergent

Des travaux ont montré qu’un quart des défauts en France serait dû à des impayés : le calcul est simple : près de 5 600 PME (hors microentreprises) ont fait défaut au cours des douze derniers mois, soit 108 par semaine, dont 27 uniquement en raison des retards de paiement. Et ces retards s’allongent. Les retards de paiement ne sont plus un simple désagrément : ils deviennent un risque systémique pour l’économie française.


Publié le lundi 20 octobre 2025 . 4 min. 09

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