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Quel serait le scénario rose pour la France en 2026 ? À quel niveau de croissance pourrait-il nous emmener ? La première bonne surprise pourrait venir d’un double coup de pouce extérieur.

La défense et l’Allemagne peuvent doper l’industrie française

D’abord, le tournant européen de la défense. Même si tous les pays ne jouent pas le jeu du réarmement, la dynamique est enclenchée. Chacun privilégie sa base industrielle nationale, mais, faute de maîtriser l’ensemble des compétences, beaucoup restent dépendants des importations. Or, les États-Unis, toujours incontournables, voient leur image s’écorner et la volonté des acheteurs est de réduire leur dépendance à l’Oncle Sam, tandis que les exportateurs russes ont disparu du marché depuis la guerre en Ukraine. Dans ce contexte, les industriels français disposent de solides atouts : un savoir-faire complet et une forte présence à l’international, qui font de la France le deuxième exportateur mondial d’armement. L’activité de l’industrie de la défense pourrait ainsi dépasser les attentes. Ce à quoi s’ajoute, l’effet d’entraînement allemand. Soutenu par un plan de relance massif, le redémarrage de l’industrie allemande pourrait surprendre et gonfler les carnets de commandes des sous-traitants français.

Des signaux industriels favorables malgré un contexte extérieur contraignant

La montée en cadence de la production et des exportations aéronautiques, mais aussi d’autres branches comme la construction navale, pourrait donner un coup d’accélérateur à l’industrie tricolore. La nette amélioration du climat des affaires dans l’industrie observée depuis plusieurs mois, combinée au rebond des perspectives individuelles de production, va dans ce sens. Dans ce contexte, le commerce extérieur contribuerait positivement à la croissance, malgré les nouveaux droits de douane américains en année pleine et un euro fort.

Une demande intérieure portée par l’épargne, mais sans emballement

L’autre bonne surprise serait une accélération plus rapide qu’attendue de la demande intérieure, tirée à la fois par la consommation des ménages et par l’investissement des entreprises. Le potentiel est bien réel. Côté ménages, tous les regards se portent sur leur propension à puiser dans leur épargne pour consommer davantage. Le taux d’épargne financière reste supérieur d’environ 5 points à sa moyenne pré-Covid, et les encours de placements financiers des particuliers approchent 6 500 milliards d’euros. Il existe donc une importante réserve de consommation.

Or, au troisième trimestre 2025, les ménages ont moins abondé leur épargne et consommé un peu plus — une première depuis 2022. Cela peut être interprété comme les prémices d’un changement de comportement favorable, cette fois-ci, à la demande. L’accélération de la consommation des ménages au 4ème trimestre 2025 va dans ce sens. Les enquêtes de conjoncture de l’Insee soulignent toutefois que la propension à épargner reste élevée, tandis que l’intention de réaliser des achats importants demeure faible. La relance de la consommation pourrait être plus vive qu’envisagée, mais, même dans le scénario le plus favorable, elle ne dépasserait guère plus de 1%.

Une croissance plafonnée à 1,5%, sans soutien budgétaire public

Alimenté par un surcroît de consommation et des exportations un peu plus dynamiques, l’investissement des entreprises confirmerait son redressement amorcé courant 2025 et monterait en puissance après deux années décevantes, porté par les besoins liés aux transitions numérique et énergétique, ainsi que par la diffusion de l’intelligence artificielle. En revanche, il faudra composer sans soutien budgétaire public, quelles que soient les circonstances.

Si tous ces ingrédients sont réunis et s’enchaînent favorablement, la France pourrait afficher une croissance du PIB autour de 1,5% pas plus. Et c’est là le plus décevant. Même dans le cadre d’un scénario rose, crédible, l’euphorie n’est pas de mise et les perspectives restent bien moroses.


Publié le lundi 02 février 2026 . 3 min. 46

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