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Le débat sur la hausse des droits d’inscriptions dans l’enseignement supérieur, et notamment à l’université, revient régulièrement en France. Pour améliorer les conditions d’études et la qualité de l’enseignement, il n’y aurait d’autre solution que d’augmenter les droits d’inscription. D’autant qu’à l’université, 40% des inscrits sont Boursiers sur critère sociaux et ne seraient donc pas concernés par une contribution plus élevée des familles. Et pourtant, le Conseil constitutionnel a tranché dans le sens inverse, en octobre 2019, en estimant que le principe de « gratuité » de l’éducation s’appliquait bel et bien à l’enseignement supérieur « public », tout en autorisant la perception de droits d’inscriptions « modiques ».


Dans le Nord de l’Europe, la gratuité est la règle


Beaucoup de dirigeants de l’enseignement supérieur public ont accusé le coup face à cette décision. En effet, les universités peinent à absorber la hausse des effectifs avec des moyens contraints. Tandis que des « grands établissements » publics comme Sciences Po ou Dauphine ont instauré des droits de scolarité modulés selon les revenus du foyer fiscal de leurs étudiants. Ils constatent aussi l’inflation des tarifs pratiqués par les Grandes écoles de commerce depuis plus d’une décennie.


Surtout, ces dirigeants se comparent aux coûteux établissements anglo-américains d’enseignement supérieur au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie... autour duquel tournent tous les classements internationaux et qui sont régulièrement donnés en exemples depuis la loi d’autonomie des universités en 2009.


Qualité rimerait donc avec cherté ? C’est inexact de l’affirmer. Il suffit de regarder ailleurs : en Allemagne, la gratuité est la règle dans l’enseignement supérieur public, où l’université est la norme des études longues car le pays ne connaît pas notre dualité entre universités et grandes écoles. Outre-Rhin, aucun étudiant ne doit payer davantage que dans une fac française pour accéder à un établissement d’excellence, comme par exemple la TUM : l’Université technologique de Munich, un mastodonte de la formation des ingénieurs avec ses 42 000 étudiants, où les droits d’inscription se limitent à contribution modique, de l’ordre de 130 euros par semestre.


Comme dans les universités françaises et allemandes, les études restent aussi gratuites ou à faible coût dans l’enseignement supérieur des pays nordiques : Danemark, Suède, Finlande, Norvège, ou encore en Islande, petit pays où les droits de scolarité se limitent à environ 400 euros par an. Dans ces pays nordiques aux universités réputées, la gratuité est garantie y compris pour les étudiants de l’Union européenne et de ses voisins, Suisse incluse.


Le système anglo-saxon contesté


Comme le note U Multirank, l’initiative européenne d’évaluation des universités, cette gratuité a cependant été abrogée pour les étudiants étrangers hors Européens au Danemark, en Suède et plus récemment en Finlande. C’est ce verrou qui menaçait aussi de sauter en France. Les Sages du Conseil constitutionnel l’ont préservé alors que les étudiants francophones d’Afrique permettent à la France de rester dans le Top 5 mondial des destinations d’accueil des étudiants étrangers, juste devant l’Allemagne, et après le trio de tête des pays anglophones : Etats-Unis, Royaume Uni et Australie.


Or le système qui prévaut au Royaume Uni, dans le Commonwealth et aux Etats-Unis — avec ses droits de scolarité de plus en plus élevés, des étudiants de plus en plus endettés et une reproduction sociale de plus en plus forte — est lui-même de plus en plus contesté, comme en atteste le débat qui s’est créé autour du livre de Daniel Markovits, professeur à Yale et intitulé « le piège méritocratique ». Professeure au MIT, Suzanne Berger reconnaissait aussi, lors d’une conférence en octobre 2019 à Paris, que l’institution où elle enseigne « fait davantage partie du problème que de la solution » dans une société américaine moins ouverte à la mobilité sociale.


A contrario, le modèle qui allie gratuité, qualité de la formation, réputation et ouverture internationale n’est pas seulement français mais plus largement européen, et notamment rhénan et scandinave. Il est attaqué, et des entorses lui sont faites ici et là. Mais il demeure en grande partie en place. Ses vertus et ses avantages sont trop absents du débat : son socle a permis de construire une Europe des universités par la coopération et l’échange, que ce soit à travers Erasmus ou les programmes communs de recherche. C’est cela aussi la


Publié le mardi 21 janvier 2020 . 4 min. 22

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