Si Albert Einstein avait été chercheur en sciences de gestion, il n’aurait pas publié dans les revues à comité de lecture les plus cotées. Il aurait sans doute été recalé à l’agrégation du supérieur pour cause d’originalité excessive, de pensée trop transversale ou de méthodologie non conforme. Le management, domaine encore jeune, peine à faire place à ceux qui, comme Einstein, renversent les cadres établis.
« La folie, c’est de refaire toujours la même chose et d’attendre des résultats différents »
Einstein aurait fustigé la mode des outils managériaux recyclés à l’infini. Matrices, tableaux, indicateurs : des artefacts souvent reconduits sans jamais interroger leur pertinence. Il aurait invité à sortir de cette boucle itérative et stérile où l'on change les noms sans changer les logiques.
Des modèles trop plats pour un monde courbe
À l’heure où tout s’accélère, Einstein aurait sans doute tourné en dérision les modèles linéaires du management. Il aurait plaidé pour une vision relativiste de l’entreprise : un espace-temps stratégique où les vitesses, les repères et les valeurs dépendent du référentiel. La stratégie absolue ? Une illusion, comme l’éther de la physique classique.
La réalité ne se mesure pas qu’en KPIs
Le chercheur Einstein aurait dénoncé la dictature de la mesure. « Tout ce qui compte ne peut pas forcément être compté. » Dans un monde obsédé par les tableaux de bord, il aurait rappelé que le qualitatif, l’ambigu, l’intangible sont au cœur de l’expérience managériale.
Contre la fausse objectivité
Einstein savait que le point d’observation conditionne le phénomène observé. En sciences de gestion, il aurait dénoncé la prétention à l’objectivité « hors-sol ». Étudier une organisation, c’est déjà en faire partie. Il aurait introduit une épistémologie de la réflexivité.
« L’imagination est plus importante que le savoir »
Il aurait secoué le monde académique à coups d’intuitions fulgurantes. Contre les modèles figés, il aurait valorisé les fictions utiles, les récits stratégiques, les hypothèses hardies. Il aurait fait de l’imaginaire et de la créativité un levier de transformation.
Changer les lunettes, pas les objets
Einstein n’a pas ajouté une nouvelle couche à la physique. Il en a changé le regard. Il aurait proposé aux sciences de gestion une révolution semblable : non pas accumuler des modèles, mais changer la manière même de voir les organisations.
Penser autrement pour agir autrement
Einstein aurait été un chercheur redoutable car terriblement provocateur et indiscipliné. Son apport à la gestion ? Une méthode : douter, déconstruire, imaginer, transgresser. Et un credo : ce n’est pas en copiant les modèles dominants et en respectant des règles et des protocoles, fussent-ils académiques, que l’on résout les problèmes du présent. Mais il est vrai qu’Einstein ne se préoccupait pas de publier dans des revues étoilées.
Publié le mardi 30 septembre 2025 .
3 min. 05
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de Flavien Vottero
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