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Les prévisions économiques de Xerfi 2012-2017 en vidéo sur Xerfi Canal.

Isabelle Senand, directrice d'études Xerfi

Les industries agroalimentaires, les IAA, rassemblent près de 480 000 salariés répartis dans 10 300 entreprises qui génèrent 144 milliards d’euros de chiffre d’affaire. C’est tout simplement la première industrie française. Une industrie qui aura vu sa production croitre de 4,5% entre 2005 et 2011. Une performance à comparer à la chute de 6% pour l’ensemble de l’industrie manufacturière. Des IAA qui dégageront encore plus de 6,5 milliards d’euros d’excédent en 2011, alors que l’on s’attend à un déficit historique de 75 milliards d’euros de notre balance commerciale. A n’en pas douter il s’agit là d’un pole d’excellence de notre industrie. Une place forte de notre commerce extérieur. Une place forte qui commence pourtant à être attaquée. La tendance est à la baisse de nos excédents commerciaux depuis 1997. Quant à la remontée de 2010-2011, il faut uniquement l’interpréter comme une correction après le violent décrochage lié à la récession. Mais le plus inquiétant n’est pas là. L’impression laissée est que nous sommes toujours excédentaires. C’est une vision d’ensemble, totalement trompeuse. Alors certes, les boissons sont sur une trajectoire croissante et engrangent des excédents record. 9 milliards d’euros prévus pour cette année. Mais de l’autre côté, dans l’alimentaire nous sommes déficitaires et de plus en plus. Autre symbole de cette perte de compétitivité : nous sommes aujourd’hui déficitaires avec l’Allemagne sur des produits tels que la viande de boucherie et les produits céréaliers.
 

Alors pourquoi ? Pourquoi ces pertes de compétitivité à l’exportation ? Pourquoi ces difficultés à contrer les offensives des importateurs ? Comme pour l’industrie manufacturière, la réponse se trouve dans le niveau et l’évolution des taux de marge dans la profession. Le constat a le mérite de la simplicité. Le taux de marge des IAA françaises a été divisé par deux en 20 ans. Or quand les marges sont comprimées, les capacités des entreprises à investir, à défendre leurs positions sur leur marché domestique et à être offensives sur les marchés extérieurs sont en chute. Les causes de ce décrochage des marges sont multiples. La concurrence des industriels allemands ou hollandais s’est durcie. Mais il faut aussi évoquer les pressions exercées par la grande distribution alimentaire sur les tarifs. C’est un véritable piège qui s’est refermé. Ne disposant pas d’un pouvoir de marché qui leur permettrait d’imposer leur prix, les PME sacrifient leurs marges. Et avec des marges trop faibles, on ne peut pas croître : près des trois quarts des  entreprises alimentaires emploient moins de 20 salariés. La France compte bien sûr quelques grands noms dans les IAA : Danone ou Sodiaal dans les produits laitiers, Bigard dans la viande de boucherie, Téréos dans le sucre, etc. Mais c’est tout un symbole. Danone, le premier groupe français de la profession apparait seulement en 12ème position des leaders mondiaux des industries agroalimentaires en termes de chiffre d’affaires. Et ses 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires… sont à comparer aux 70 milliards d’euros de Nestlé. 

 

Le constat est amère. En perte de compétitivité, l’un de nos bastions est en train de céder. Toutefois, peu à peu la riposte se met en place. Elle s’articule notamment autour de quatre grands axes. D’abord la proximité produit. Je m’explique, l’offre locavore (le fait de consommer des produits dont l’origine est proche de son bassin de consommation, respectueux des saisons et de l’environnement), les produits régionaux du terroir ou encore « made in France » connaissent un nouvel engouement depuis 2-3 ans. Cela constitue pour les entreprises françaises une véritable opportunité. Cela leur permet de recréer le lien avec l’amont agricole et le consommateur final. Un lien avec le consommateur qui peut se renforcer avec l’implication directe des industriels dans la distribution via des points de vente en propre. C’est également une stratégie sur laquelle miser à moyen terme.Les marchés de niches, comme l’offre bio, halal, ou encore les produits à destination des intolérants alimentaires représentent d’autres pistes de croissance. Les débouchés auprès de la restauration hors foyer doivent également être pris en compte, dans un contexte de recours grandissant des restaurateurs aux produits-services. Si les relais de croissance sont nombreux, il ne faut pas perdre de vue que l’accès à la « taille critique » doit rester l’objectif prioritaire des entreprises agroalimentaires. Une taille critique pour s’imposer à l’international, mais aussi une taille critique pour s’imposer auprès de ses clients de la grande distribution alimentaire. Bref une taille critique pour défendre ses marges. Le mouvement est en marche. C’est Lactalis qui reprend Parmalat pour créer un nouveau poids lourd de 14 milliards d’euros. C’est Sodiaal qui se renforce en acquérant Entremont. Des exemples à suivre si l’on veut regagner en compétitivité et récupérer nos parts de marché.

Télécharger l'intégralité des prévisions économiques 2012-2017 de Xerfi


 


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