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15/10/201904:45

Comment grimper les barreaux de l’échelle sociale en France ? Les très grandes écoles comme HEC, Polytechnique ou Normale Sup ont remis un rapport à la ministre de l’enseignement supérieur Dominique Vidal, avec des propositions pour augmenter la part des Boursiers dans leurs effectifs. Cette volonté affichée n’est pas nouvelle. Des grands établissements comme Sciences Po ont créé des voies d’entrée spécifiques, des regroupements d’excellence comme l’université Paris Sciences et Lettres ont créé de nouveaux formats d’études tel le Cycle pluridisciplinaire d’études supérieures -ouvert pour moitié à des élèves de milieux défavorisés-, et l’on pourrait citer nombre d’initiatives comme les Cordées de la réussite qui veulent rapprocher les élèves des quartiers populaires des parcours de classes prépas et de grandes écoles, lesquelles affichent leurs objectifs de diversité. Au fur et à mesure qu’un système à plusieurs vitesses et très élitiste s’affirme dans l’enseignement supérieur, des voies d’ouverture sociale sont aussi aménagées. Pourtant, la voie n’est pas large : plus on monte dans la hiérarchie des diplômes, et plus la diversité sociale baisse. La massification de l’enseignement supérieur est une réalité, sa démocratisation beaucoup moins. 712 000 étudiants ont certes perçu une bourse sur critères sociaux du ministère de l’enseignement supérieur durant l’année universitaire 2018-2019.


Mais la réforme adoptée sous le quinquennat de François Hollande crée un effet d’optique : si les montants de ces Bourses ont été réévalués pour tous, leur base a aussi été élargie, bénéficiant davantage aux classes moyennes, et faisant notamment augmenter la proportion d’enfants de cadres. Pour cerner le parcours des « transclasses », et leur capacité à s’élever socialement par les études, il faut donc s’intéresser au tiers de ces boursiers les plus défavorisés socialement, ceux relevant des plus hauts échelons 5, 6 et 7. Pour eux, les études ne riment pas forcément avec des parcours sociaux fulgurants : la part des boursiers d’échelons 5,6 et 7 culmine dans les filières de Sections de techniciens supérieurs, qui préparent aux BTS. Un élève sur cinq dans cette filière est issu des milieux les plus défavorisés, et poursuit le plus souvent des études courtes afin de travailler vite. Il ne pourra compter que sur des formations professionnelles ultérieures ou une carrière particulièrement brillante pour franchir de nouveaux paliers dans l’échelle sociale.


L’université, la destination naturelle et la plus nombreuse des bacheliers populaires


C’est cependant l’université qui reste la destination naturelle et la plus nombreuse des bacheliers populaires : 12,6% des étudiants y sont titulaires de Bourses d’échelons 5,6 et 7. S’ils sont correctement représentés dans presque toutes les filières universitaires, ces boursiers sont particulièrement surreprésentés en Administration économique et sociale (23,6%), une voie réputée accueillir plus facilement les bacheliers technologiques, ou encore en langues (18,5%). Cependant, ils sont aussi nombreux à choisir l‘économie-gestion (13,8%) ou le droit et les sciences politiques (13,4%), ou encore à étudier en Première année d’études de santé (12,3%), des voies dont les débouchés professionnels donnent accès à de plus hauts revenus, et qui sont aussi prisés des familles aisées. Celles et ceux qui y réussiront pourront plus facilement accéder à un statut social élevé. A la fac, certains pourront donc bâtir une ascension sociale plus facilement que d’autres. Enfin, la catégorie de l’enseignement supérieur la plus élitiste ressemble toujours à une forteresse pour les enfants de milieux pauvres. En classes préparatoires aux grandes écoles, on compte seulement 6,9% de boursiers à échelon 5,6 ou 7 ; dans les écoles d’ingénieurs hors université moins de 5%…et la lanterne rouge revient aux écoles de commerce, avec seulement 3,7% d’enfants des familles les plus modestes dans cette filière.


Bref, en dépit des discours, cet enseignement supérieur le plus élitiste continue à passer à côté de nombreux talents : les belles histoires d’ascension sociale qui s’y produisent restent des signaux trop faibles. Une bonne part des déterminismes sociaux se joue bien évidemment en amont du bac. Mais il est grand temps pour les filières dites d’excellence d’en faire véritablement plus, et d’élargir franchement leurs voies d’accès.


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Mots clés : Enseignement formationUniversitéEliteRéformeExcellenceAscenseur socialBoursiers

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