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Faut-il vraiment avoir un but professionnel pour réussir ?

Publié le mardi 9 mai 2023 . 4 min. 00

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Faut-il avoir un but clair dans la vie quand on entreprend des études? La logique suggère que oui, bien-sûr. On appelle cela un projet professionnel et la solidité d’un tel projet, c’est à dire la clarté du but que l’on poursuit, est une condition importante d’admission dans les grandes écoles au moment de l’entretien. On commence d’ailleurs à la demander dès la classe de 4e. Est-ce raisonnable d’exiger cela à l’heure où le monde n’est qu’incertitude et surprises? Je pense que non.


Bien-sûr, on a tous connu ceux qui savaient parfaitement, dès le plus jeune âge, ce qu’ils voulaient faire comme métier. Mais tout le monde n’est pas comme ça. Un ami me confiait récemment que sa fille n’avait jamais su quoi faire dans la vie. Non pas qu’elle n’ait rien fait, mais elle n’a jamais eu de projet précis et a choisi ses études, ses stages et son travail au gré de ses envies sans trop savoir où aller. Elle considère avoir réussi sa vie, mais elle vit mal l’idée de ne pas avoir de but clair même aujourd’hui.


Et c’est vrai qu’avoir un but est universellement considéré comme indispensable. La plupart des parents poussent ainsi leurs enfants à faire des études “sérieuses” pour avoir un bon travail. Mon expérience de jury dans les oraux d’admission d’une école de commerce m’amène à voir des candidats qui semblent préparés depuis leur plus jeune âge à ce moment crucial. Leur vie est une réponse au cahier des charges de l’oral d’admission : un sport collectif, une passion, un engagement humanitaire, un livre favori, une marotte un peu bizarre pour titiller le jury, une concession à la mode du temps. Les vingt premières années entièrement formatées pour maximiser leurs chances d’atteindre le but ultime : l’admission. Puis le but atteint, le relais est immédiatement pris par le but suivant : un job dans une grande entreprise. Et donc très vite on prend une responsabilité dans l’une des associations (un intérêt aussi profond que subit pour, disons, le vin, le basket, l’aide sociale, n’importe quoi fera l’affaire pourvu que le but soit atteint).


Heureusement, il m’arrive d’avoir des candidats différents dans mes jurys d’admission. Un jour, alors que je demandais à une candidate quel était son projet professionnel, elle me regarda bizarrement, comme si j’avais posé une question stupide (c’était le cas mais je ne pouvais l’avouer bien-sûr) et me répondit: “Eh bien je ne sais pas. Je ne connais pas du tout le monde de l’entreprise, et j’espère bien le découvrir avec les différentes matières et les différents stages durant ma scolarité. Je suis sûr que je ferai des rencontres intéressantes et que quelque chose en émergera. Je veux garder tout cela ouvert pour l’instant.” Ce fut un moment de grâce. Quelle maturité et surtout quel courage! Elle avait compris qu’il s’agissait moins de découvrir une place qu’on lui a assigné dans l’ordre des choses que de la construire elle-même.


Une vie sans but ? Un étudiant sans projet de carrière ? Prendre des cours au hasard de ses envies, découvrir des choses inattendues, s’initier à la calligraphie, par exemple, totalement inutile, rencontrer des gens en dehors de son cercle et arriver à un endroit inimaginable au départ. Quelques années plus tard, connecter toutes ces choses inutiles et inventer le Macintosh avec ses superbes polices de caractère. C’est l’histoire de Steve Jobs, co-fondateur d’Apple. On peut faire pire, non ?


Alors si vos enfants n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire dans la vie, rassurez-vous. Non seulement ce n’est pas grave, mais c’est même un gros avantage dans un monde d’incertitude et de surprises, qui réduiront de toute façon à néant les plans qu’ils pourront faire. On peut avancer sans but clair, la plupart des entrepreneurs le font, beaucoup de gens dans la vie le font ; il est temps de l’assumer et de le revendiquer. L’absence de but, c’est la vie.


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