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Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi
Les nuages s'amoncellent sur la consommation en France. Car le plan d'économie budgétaire est bien en prise directe sur la dépense des ménages. Fonctionnaires comme retraités sont en effet en première ligne du plan d'économie de 50 milliards d'euros voulu par le gouvernement. Or ils constituent près de la moitié des consommateurs potentiels. La France c'est en effet 45,6 millions de personnes touchant des revenus soit sous formes de salaires soit de pensions de retraite ou bénéficiant d'allocation sociales comme les indemnités chômage ou le « minimum vieillesse ». De ces 45,6 millions de personnes, un premier bloc se dégage, il est composé des 17 millions de retraités soit 37% du total. Le second c'est celui des 28,6 millions d'individus formant la population active, avec d'un côté 3 millions de chômeurs et de l'autre 25,6 millions d'actifs, dont 5,5 millions de fonctionnaires soit 12% de l'ensemble. Finalement avec le gel des retraites et du point d'indice, ce sont bien les revenus de près d'1 personne sur 2 qui devait être impacté par le plan d'économie dans sa 1er version, sans même évoquer les chômeurs et les restrictions en matière de santé. Côté retraite, ce sont les pensions de base qui sont concernées. Plus exactement leur revalorisation annuelle qui est normalement indexée à l'évolution de l'inflation (hors tabac). Un premier coup de canif avait été déjà donné en 2009, la revalorisation des pensions passant du 1er janvier au 1er avril. Un second avec un nouveau report au 1er octobre à compter de 2014. Le gouvernement Valls va plus loin en décidant de tout geler du jusqu'au 1er octobre 2015. Ce décalage entrant en vigueur dès cette année, le gel va donc durer de fait 18 mois puisqu'il va, en réalité, s'étendre du 1er avril 2014 au 1er octobre 2015 Une mauvaise nouvelle adoucie par deux évolutions. La première c'est une inflexion du plan. Initialement, seules les retraites inférieures au minimum vieillesse (soit un peu moins 800) étaient épargnées. Désormais, celles inférieures à 1 200 euros échappent aussi au gel. Près de 6,5 millions des 17 millions de retraités échappent au gel. Le second est conjoncturel : la faiblesse de l'inflation depuis de nombreux mois. Sans le gel annoncé, les retraites de base auraient augmenté de seulement 0,6% au 1er octobre 2014. L'effort demandé porterait ainsi sur 1 milliard d'euros réparti sur une dizaine de millions de retraités soit environ 100 par tête. Côté fonctionnaires, c'est la poursuite du blocage jusqu'en 2017 du point d'indice qui sert de base au calcul des rémunérations qui est en jeu. Concrètement, sauf avancement, les salaires n'augmenteront donc pas
Là aussi une partie des fonctionnaires, ceux qui sont en bas de l'échelle, va échapper au gel : il s'agit des 2,6 millions personnes de la catégorie C et celles de la catégorie B en début de carrière. Mais il ne faut pas se méprendre. Les salaires stagnent pour la majorité des fonctionnaires, dans un contexte d'inflation faible mais positive. En pratique c'est donc une perte de pouvoir d'achat. Une mécanique déjà en uvre selon l'INSEE : pour, les agents de l'Etat le salaire net moyen en euros constant a déjà reculé 0,9% entre 2010 et 2012, de 1,3% dans la fonction publique territoriale, et de 1,2% dans le secteur hospitalier. Un mouvement qui va se renforcer. Alors certes Manuel Valls a lâché un peu de lest mais fonctionnaires comme retraités seront biens mis à contribution dans le redressement des comptes publics
mais au risque d'un tassement de la consommation et de la croissance.
Alexandre Mirlicourtois, Fonctionnaires et retraités : l'impact du plan Valls, une vidéo Xerfi Canal
Publié le mardi 13 mai 2014 .
4 min. 05
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