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« J’essaie d’expliquer aux dirigeants chinois que leur excédent commercial n’est pas tenable… Je leur ai dit que nous serions contraints de prendre des mesures fortes et de dé-coopérer. » Ce n’est pas du Donald Trump dans le texte, mais Emmanuel Macron qui le dit, et le « nous », c’est l’Europe.
2026 se dirige droit vers une brutale montée des tensions commerciales entre l’UE et la Chine. La cause de cette colère présidentielle, la dégradation rapide des termes de l’échange entre les deux blocs : d’un côté des importations « made in China » qui explosent, et de l’autre des exportations européennes qui peinent à trouver preneur en Chine. Résultat : une détérioration massive du commerce bilatéral sino-européen, désormais en passe de franchir la barre des 300 milliards de dollars de déficit.
Un choc d’offre chinois redirigé vers l’Europe
L’affaire peut se résumer ainsi : pourquoi la Chine attaque ; pourquoi l’Europe achète. Si la Chine attaque, c’est qu’elle a été freinée ailleurs, aux États-Unis, qui lui ont en partie fermé leurs portes, entraînant une réallocation des flux. Résultat : tout ce que Washington bloque, l’Europe le reçoit, ou presque. Cela apparaît clairement dans l’évolution comparée des importations de produits chinois des deux côtés de l’Atlantique : alors que les courbes étaient quasi parfaitement synchrones, une rupture très nette apparaît peu après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir ; elles baissent aux États-Unis, elles progressent en Europe, alors même que la demande domestique y est atone.
Une surproduction interne qui alimente la guerre des prix
La Chine attaque aussi l’Europe parce qu’elle est en délicate posture sur son propre marché. Le décrochage persistant de l’immobilier-construction a une double conséquence : il mine la confiance des ménages qui n’entrevoient toujours pas le bout du tunnel et freinent leurs dépenses ; il vide les carnets de commandes des secteurs liés à cette grande filière d’entraînement. En face, l’offre reste excessivement rigide, car elle est soutenue par les responsables régionaux qui refusent de voir fermer les sites de production sur leur territoire. Il en va de la performance économique de leur province. Il en va des risques sociaux susceptibles de perturber l’ordre public. Il en va de leur avancement, qui dépend de Pékin. Résultat, une surproduction chronique et une guerre des prix généralisée, qui dégénère en pressions déflationnistes parfaitement identifiables dans l’évolution des prix à la consommation et dans une déflation rampante des prix des produits exportés. C’est particulièrement le cas dans l’automobile, les produits chimiques, les machines-outils, les panneaux photovoltaïques ; la liste est longue. Et il faut encore ajouter la faiblesse du yuan, notamment vis-à-vis de la monnaie européenne depuis le début des hostilités avec la Maison-Blanche, ce qui renforce l’avantage coût des produits venus de Chine.
L’automobile comme révélateur d’un déséquilibre structurel
Si l’Europe achète chinois, c’est donc d’abord pour le prix, mais il ne faut pas non plus sous-estimer la montée en gamme du « made in China », qui rivalise de plus en plus avec celle du « made in Europe ». L’automobile pousse à la caricature les enchaînements actuels : les ventes stagnent depuis trois ans sur le marché intérieur, mais au lieu de ralentir, les constructeurs, soutenus par les autorités locales, produisent toujours plus. En 2022, 80 constructeurs étaient recensés ; ils étaient censés fusionner pour ne plus être que 5 ou 6. Trois ans plus tard, 100 sont comptabilisés. Conséquence, une baisse généralisée et extrêmement agressive des prix. En 2024, 227 modèles ont fait l’objet de baisses de prix, pour une baisse moyenne de 8,3%, de plus de 9% pour les véhicules électriques. Faute d’acheteurs en Chine, et de possibilités de vendre aux États-Unis, la solution est toute trouvée : l’Europe, qui importe de plus en plus, vend de moins en moins et se retrouve déclassée, y compris par la qualité du produit. Bilan : le solde dans ce domaine, comme dans tant d’autres, est déficitaire. La Chine a gagné la bataille des parts de marché ; elle veut maintenant engager celle des normes avec son programme « China Standards 2035 ». L’histoire n’est pas terminée.
2026 se dirige droit vers une brutale montée des tensions commerciales entre l’UE et la Chine. La cause de cette colère présidentielle, la dégradation rapide des termes de l’échange entre les deux blocs : d’un côté des importations « made in China » qui explosent, et de l’autre des exportations européennes qui peinent à trouver preneur en Chine. Résultat : une détérioration massive du commerce bilatéral sino-européen, désormais en passe de franchir la barre des 300 milliards de dollars de déficit.
Un choc d’offre chinois redirigé vers l’Europe
L’affaire peut se résumer ainsi : pourquoi la Chine attaque ; pourquoi l’Europe achète. Si la Chine attaque, c’est qu’elle a été freinée ailleurs, aux États-Unis, qui lui ont en partie fermé leurs portes, entraînant une réallocation des flux. Résultat : tout ce que Washington bloque, l’Europe le reçoit, ou presque. Cela apparaît clairement dans l’évolution comparée des importations de produits chinois des deux côtés de l’Atlantique : alors que les courbes étaient quasi parfaitement synchrones, une rupture très nette apparaît peu après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir ; elles baissent aux États-Unis, elles progressent en Europe, alors même que la demande domestique y est atone.
Une surproduction interne qui alimente la guerre des prix
La Chine attaque aussi l’Europe parce qu’elle est en délicate posture sur son propre marché. Le décrochage persistant de l’immobilier-construction a une double conséquence : il mine la confiance des ménages qui n’entrevoient toujours pas le bout du tunnel et freinent leurs dépenses ; il vide les carnets de commandes des secteurs liés à cette grande filière d’entraînement. En face, l’offre reste excessivement rigide, car elle est soutenue par les responsables régionaux qui refusent de voir fermer les sites de production sur leur territoire. Il en va de la performance économique de leur province. Il en va des risques sociaux susceptibles de perturber l’ordre public. Il en va de leur avancement, qui dépend de Pékin. Résultat, une surproduction chronique et une guerre des prix généralisée, qui dégénère en pressions déflationnistes parfaitement identifiables dans l’évolution des prix à la consommation et dans une déflation rampante des prix des produits exportés. C’est particulièrement le cas dans l’automobile, les produits chimiques, les machines-outils, les panneaux photovoltaïques ; la liste est longue. Et il faut encore ajouter la faiblesse du yuan, notamment vis-à-vis de la monnaie européenne depuis le début des hostilités avec la Maison-Blanche, ce qui renforce l’avantage coût des produits venus de Chine.
L’automobile comme révélateur d’un déséquilibre structurel
Si l’Europe achète chinois, c’est donc d’abord pour le prix, mais il ne faut pas non plus sous-estimer la montée en gamme du « made in China », qui rivalise de plus en plus avec celle du « made in Europe ». L’automobile pousse à la caricature les enchaînements actuels : les ventes stagnent depuis trois ans sur le marché intérieur, mais au lieu de ralentir, les constructeurs, soutenus par les autorités locales, produisent toujours plus. En 2022, 80 constructeurs étaient recensés ; ils étaient censés fusionner pour ne plus être que 5 ou 6. Trois ans plus tard, 100 sont comptabilisés. Conséquence, une baisse généralisée et extrêmement agressive des prix. En 2024, 227 modèles ont fait l’objet de baisses de prix, pour une baisse moyenne de 8,3%, de plus de 9% pour les véhicules électriques. Faute d’acheteurs en Chine, et de possibilités de vendre aux États-Unis, la solution est toute trouvée : l’Europe, qui importe de plus en plus, vend de moins en moins et se retrouve déclassée, y compris par la qualité du produit. Bilan : le solde dans ce domaine, comme dans tant d’autres, est déficitaire. La Chine a gagné la bataille des parts de marché ; elle veut maintenant engager celle des normes avec son programme « China Standards 2035 ». L’histoire n’est pas terminée.
Publié le mardi 06 janvier 2026 .
4 min. 23
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