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28/09/201704:51

Pour les industriels, les années quatre-vingt-dix commencent mal, car leur taux de marge décroche de 4 points et tombe à 32,4% seulement début 94. Et oui : il faut se souvenir des dégâts de la crise de 91, puis des ravages qui ont suivi l’éclatement du système monétaire européen, avec les dévaluations successives de la lire italienne, de la peseta espagnole et de la livre sterling britannique à partir de 92. En France, Pierre Bérégovoy, alors premier ministre, maintient, lui, un franc arrimé au deutschemark. Pas d’autre choix alors pour les industriels du textile, de l’habillement, de l’électroménager, de l’électronique grand public que de casser leurs prix et leurs marges pour tenter de survivre.


La remontée de ces marges entre 94 et 95 va s’avérer éphémère puisque elles vont aussitôt rechuter pour descendre sous le plancher des 32% fin 96. Et C’est Lionel Jospin, entré à Matignon en 97, qui va tirer tout le bénéfice d’un baril à 10 dollars en 98, du reflux des matières premières, de la reprise mondiale et de l’euphorie de la nouvelle économie. 


Mais en 99, le niveau des marges se dégrade à nouveau avec la nouvelle  flambée des prix des matières premières et du pétrole, dont les cours sont multipliés par 2,5 sur l’année….Et Ces hausses ne se répercutent que très partiellement sur les prix de vente.


A cette époque-là, c’est aussi le choc des 35 heures au moment même où l’Allemagne de Gerhard Schröeder met les bouchées doubles pour restaurer sa compétitivité.


Toutefois, fin 2000, le taux de marge reprend son ascension pour atteindre un pic à près de 38%.  L’explication, c’est que la demande reste forte, ce qui permet de faire passer les hausses de prix sans difficulté. N’oublions pas non plus que la monnaie américaine est alors faible, ce qui gonfle mécaniquement les marges des entreprises qui fabriquent en France et exportent en dehors de la zone euro en facturant en dollars.


Le vrai tournant, c’est l’éclatement de la bulle internet et la crise qui va s’en suivre à partir de 2000. Le taux de marge va progressivement chuter jusqu’à tomber à 33% fin 2005.


Les événements vont en effet s’enchaîner sur cette période avec : l’entrée de la Chine dans l’OMC fin 2001, le doublement du prix du baril, ainsi que la flambée de l’euro face au dollar mais aussi face au yuan qui est pégué sur la devise américaine.


Il y a aussi le renforcement de la concurrence avec l’industrie allemande qui engrange les bénéfices des réformes Hartz.


Alors pour éviter de céder trop de parts de marché à la concurrence, les industriels sont contraints de comprimer leurs marges pour maintenir leur compétitivité-prix.


Sous le gouvernement Villepin, la situation va s’améliorer : la France bénéficie en effet d’une bonne conjoncture mondiale et du contre-choc de la « variabilisation » des salaires, une flexibilité qui est en fait un effet retardé des 35 heures. Mais cela n’est qu’un sursis, tant les fondements de la compétitivité sont sapés en profondeur.


Et puis vient la grande crise de 2009. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la demande dégringole et les entreprises doivent encore baisser leurs prix.


Pour les industriels c’est le coup de grâce, eux qui avaient sur-stocké jusqu’en 2008 dans la crainte d’une accélération de la flambée du pétrole et des matières premières.


On retrouve donc un effet ciseau classique un taux de marge qui s’affaisse en conséquence à 30,4%, son plus bas niveau depuis le milieu des années 80.


Et il ne faut pas se laisser abuser par la remontée entre la mi-2009 et début 2014. D’abord, elle est très poussive, et le compteur reste bloqué à 33% environ. Surtout, elle est obtenue aux prix d’un écrémage terrible des emplois et des entreprises peu productives.


Entre un euro fort, la dévaluation salariale des pays du Sud et la rigueur Allemande, la pression sur les marges s’est en fait à peine relâchée.


En revanche, le redressement de 2014 à la mi-2015 est beaucoup plus robuste. Là, il y a l’effet conjugué de l’effondrement des cours des matières et du pétrole, de la forte baisse de l’euro, et de la mise en place coup sur coup du CICE, à partir de janvier 2013, puis du Pacte de responsabilité et de solidarité.


Cette inflexion de la fiscalité a eu pour effet d’abaisser le coût du travail, ce qui a permis aux entreprises de modérer leur prix, donc de gagner en compétitivité-prix, tout en restaurant leurs marges. Ces dernières se situent désormais aux environs de 37%, soit un niveau assez confortable.


Sauf que l’industrie a vécu plus de 10 ans avec des marges massacrées….Et cela a joué en défaveur de l’innovation, de l’introduction de nouveaux produits, de la montée en gamme, et de la compétitivité hors prix. Bref…autant de handicaps qui pèsent durablement sur la capacité du tissu productif à faire aujourd’hui face à la concurrence étrangère.

 

Le Graphique Xerfi, 25 ans d'évolution des marges dans l'industrie française, une vidéo Xerfi Canal Economie.


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Mots clés : Economie françaiseCompétitivitéCICEIndustrieTaux de margeMarge industrielle

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