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https://www.youtube.com/embed/0O1RxO-B3UM?modestbranding=1&rel=0&iv_load_policy=3&showinfo=0&fs=0&disablekb=1 Alexandre-Mirlicourtois-Investissement-public-et-prive-la-France-decroche-306352854.jpg picto
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L’investissement est en panne qu’il s’agisse des entreprises ou de la puissance publique. Côté entreprises, cela ne prend pas l’apparence d’un krach brutal, mais d’une lente érosion amorcée début 2024 à partir d’un haut niveau. Cela adoucit un peu le diagnostic. Pas de décrochage massif mais le passage à vide s’éternise.

L’analyse s’assombrit plus encore dès lors que le projecteur est mis sur l’effort d’investissement, c’est-à-dire la part de la richesse créée par les sociétés (la valeur ajoutée) consacrée aux dépenses d’investissement (machines, logiciels, bâtiments…). C’est ce qui est injecté pour préparer l’avenir, ce qui conditionne la capacité future du pays à rester compétitif. Or, l’effort se relâche et tous les postes sont touchés : biens d’équipement, construction, services. La direction prise est dangereuse et a de quoi inquiéter, car il est difficile de voir comment elle pourrait s’inverser. Pour investir, il faut 1- en avoir la capacité et 2- disposer d’un horizon suffisamment dégagé, ou du moins ne pas baigner dans trop d’incertitude. Or, ni l’une ni l’autre de ces conditions ne sont aujourd’hui réunies.

Des marges en recul et des trésoreries sous pression

Le taux de marge des entreprises a chuté à son plus bas niveau depuis trois ans. Pire encore, les marges reculent en valeurs absolues : c’est une première barrière à l’investissement. Les trésoreries, elles passent au rouge et l’obsession est de les restaurer. Toutes les lignes de dépenses sont passées en revue par les « cost killers ». L’investissement n’est pas la priorité du moment. Dans ce climat, la remontée des taux d’intérêt n’arrange rien.

À ce contexte difficile vient s’ajouter une double incertitude. Sur l’environnement international : compliqué de prévoir comment l’économie américaine encaissera le choc des décisions prises par Donald Trump. L’onde de choc est mondiale. En France, aucun cap clair n’est défini. Cinq Premiers ministres se sont succédé en deux ans. Et, entre les débats autour de la taxe Zucman, le montant des aides aux entreprises, les chefs d’entreprise sont dans le brouillard et mettent leurs établissements en état de veille.

L’investissement public en net ralentissement

Quant à la puissance publique, elle lève le pied aussi, et l’investissement a fini par lâcher. Les grands chantiers sont gelés, les projets de modernisation différés. La conjoncture des travaux publics fournit un aperçu des dernières tendances, même si elle ne peut, à elle seule, résumer l’ensemble de l’investissement public.

Le freinage amorcé en juin s’est poursuivi en juillet. Une baisse progressive de l’activité semble désormais entamée, confirmée par un repli des heures travaillées ainsi qu’une diminution des travaux réalisés. Les marchés conclus suivent la même tendance et les soldes d’opinions des entrepreneurs montrent tous une dégradation de l’activité à venir, principalement en provenance des donneurs d’ordres publics.

Une dette croissante qui limite les marges de manœuvre

L’État est souvent pointé du doigt, mais les collectivités territoriales ne sont pas en reste, avec des dépenses qui progressent plus rapidement que les recettes. Pour combler le déficit, nul autre choix que d’emprunter toujours plus. Résultat : l’encours de la dette dépasse désormais 260 milliards d’euros. La maîtrise des comptes (pour ne pas dire austérité) va primer sur la relance de l’investissement.

À cela s’ajoute l’entrée dans une phase du cycle électoral du bloc communal, très peu propice aux grosses dépenses d’investissement : avant les élections, pas de grands travaux pour ne pas s’attirer la foudre des électeurs. Puis va venir le temps des élections, où tout est figé, puis celui des audits, notamment en cas de changement de majorité. En clair, que ce soit du côté des entreprises ou du secteur public, la France ne prépare pas son avenir.


Publié le lundi 29 septembre 2025 . 3 min. 57

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