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L'Inde vers le nouveau miracle économique

Publié le mardi 24 mai 2022 . 5 min. 11

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L’Inde a brutalement décidé le 14 mai 2022 de suspendre ses exportations de blé pour assurer la sécurité alimentaire de sa population. La vague de chaleur exceptionnelle qui sévit dans le pays depuis mars 2022 entraînera selon le gouvernement un recul d’au moins 5% des récoltes, créant des risques de pénurie. Voilà pour la version officielle.


Le véritable objectif se situe certainement plus dans la volonté d’approvisionner massivement le marché intérieur pour canaliser l’accélération des prix dans l’alimentaire très marquée depuis septembre 2021. Un sujet ultra-sensible, car l’alimentation et les boissons pèsent 36% du panier de la ménagère en zone urbaine et grimpent à 54% en zone rurale.


Acheter du temps pour soutenir la reprise


Si le gouvernement est aussi attentif à l’évolution des prix, c’est que c’est le grain de sable qui pourrait gripper une croissance enfin revenue. C’est aussi le symbole d’une politique économique totalement orientée vers le soutien de la croissance. Le déficit public, devenu très élevé, le restera cette année compte tenu du budget présenté par le gouvernement. Quant à la politique monétaire, elle demeure expansionniste. Malgré sa remontée début mai, le taux directeur demeure ainsi bien en dessous de l’inflation. Bref, le taux réel est négatif.


L’objectif, acheter du temps pour soutenir la reprise, mais aussi acheter du temps pour saisir la double opportunité qui s’offre au pays pour challenger les plus grandes puissances économiques. L’Inde est en effet sortie meurtrie de la pandémie. Selon l’OMS, le coronavirus a été à l’origine de 4,7 millions de décès dans le pays sur les 14,9 millions recensés à travers le monde soit près du tiers de l’ensemble alors que la population indienne représente moins de 18% de la population mondiale. Face à cette défaillance du système de santé, les autorités ont été contraintes à des confinements stricts et longs entraînant des décrochages d’activité d’une violence extrême, près du quart du PIB perdu au 2e trimestre 2020 et encore 10,5% au printemps 2021.


L’Inde a une carte industrielle à jouer


Le soutien public est donc une absolue nécessité pour ce pays qui a besoin de 7 à 8% de croissance annuelle pour absorber sa dynamique démographique. Le risque, sinon, c’est une révolte sociale et une déstabilisation politique au moment même où l’Inde a en main une nouvelle carte à jouer. Elle est industrielle. Le monde entier reconfigure ses chaînes de production pour réduire sa dépendance à la Chine et les sites indiens sont en première ligne pour prendre le relais grâce à un coût horaire dans le secteur manufacturier 3 fois inférieur à son rival. Mais plus encore, grâce à la dynamique de sa force de travail. Alors que la population des 15-64 ans entame sa décrue en Chine, elle continue de progresser en Inde, les 2 courbes devant se croiser en 2027 selon l’OCDE. Le réservoir de main-d’œuvre au monde c’est l’Inde.


De quoi attirer massivement les investissements des entreprises étrangères, notamment occidentales, qui sont et seront plus encore confrontées demain à la rareté de la main-d’œuvre sur leur territoire d’origine. C’est bien pourquoi les IDE sont en forte progression, passés de 5 milliards en moyenne au milieu des années 2000 à près de 60. Rapportés au PIB, pour gommer l’effet taille des économies, l’Inde reçoit toute chose égale par ailleurs, plus d’IDE que la Chine. Au-delà même des stratégies de production, c’est aussi un marché de 1,4 milliard d’individus à satisfaire.


La diaspora la plus étendue au monde


L’autre atout indien c’est le numérique. Ce point central du développement du pays pourrait bien connaître un nouveau boum. L’excellence indienne dans ce domaine n’est plus à démontrer : Satya Nadella, PDG de Microsoft, Sundar Pichai, d’Alphabet (maison mère de Google), Arvind Krishna d’IBM et enfin Shantanu Narayen d’Adobe Systems sont tous d’origine indienne ! Mais, si jusqu’à présent les jeunes talents étaient attirés par l’étranger, la nouvelle génération, elle, crée de plus en plus d’entreprises au pays et contribue directement à son développement. Les services informatiques c’est aujourd’hui 8% du PIB indien et certainement beaucoup plus demain. En outre, face à une pénurie généralisée de personnel dans les TIC, où dans le monde les entreprises occidentales peuvent-elles encore trouver près d’un demi-million de nouveaux informaticiens formés par an payés 5 fois moins cher qu’en Europe et qu’aux États-Unis ?


Nouvelles opportunités dans l’industrie, dans l’informatique et toujours ce même point fort de disposer de la diaspora la plus étendue au monde. Avec 28 millions de personnes, c’est un véritable relais économique. Près de 90 milliards de dollars ont été envoyés au pays en 2021, ce qui en fait le plus grand bénéficiaire d’envois de fonds des migrants au monde. Des envois qui représentent chaque année entre 2 et 4% du PIB. Un financement externe dont l’énorme avantage est de ne pas générer de dette. 


Voilà pourquoi malgré de nombreux problèmes de fond, qui vont de l’insuffisance des infrastructures jusqu’au conflit au Cachemire en passant par la lourdeur de la bureaucratie et le poids de l’économie informelle, le FMI place l’Inde en tête de la croissance mondiale en 2022, très loin devant les principales économies mondiales. Un titre que le pays a toutes les chances de conserver ces prochaines années, ce qui changerait l’équilibre mondial en créant un contrepoids à la Chine en Asie.


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