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https://www.youtube.com/embed/a8hSijU9SFI?modestbranding=1&rel=0&iv_load_policy=3&showinfo=0&fs=0&disablekb=1 Alexandre-Mirlicourtois-Le-Japon-dans-la-tempete-economique-306352875.jpg picto
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La croissance japonaise surprend positivement… mais la fin d’année et 2026 s’annoncent tout autrement. En cause, les sanctions commerciales décrétées par Donald Trump. Elles frappent fort. Le droit de douane moyen sur les exportations japonaises est passé de 1,5 à 11,5%. L’automobile a échappé au pire : les surtaxes, prévues à 27,5%, ont été ramenées à 15%, un niveau toutefois bien supérieur au taux initial. Or, les États-Unis sont un débouché vital du « made in Japan ». Près de 20% des exportations y sont écoulées et ils sont le premier excédent commercial du pays : 70 milliards de dollars en moyenne par an, depuis 2015 (hors parenthèse de la crise sanitaire). Le choc douanier ne fait que commencer.

Des exportations en recul et une concurrence accrue

Un coup de froid sur l’activité est donc à anticiper, d’autant plus qu’anticipant le brutal relèvement des taxes, les importateurs américains ont surstocké. La tendance est maintenant au recul des exportations à destination des États-Unis. À cela s’ajoutent des effets collatéraux : les partenaires asiatiques du Japon, eux aussi frappés par Washington, se repositionnent sur les mêmes marchés pour écouler leurs marchandises, accentuant la concurrence. Et, c’est dans ce climat déjà tendu, que Sanae Takaichi, une nationaliste radicale, s’apprête à prendre le pouvoir, au risque d’exacerber les tensions commerciales avec Pékin.

Une industrie et une consommation sous pression

Tous ces facteurs pèsent déjà sur les industriels. Sous 50 en septembre, le PMI manufacturier se situe dans la zone de contraction de l’activité. Ce recul s’explique principalement par la faiblesse des nouvelles commandes. Il confirme l’impact négatif des barrières douanières américaines, mais reflète aussi la fragilité du marché domestique. Les ménages, eux, signalent une dégradation de leur situation actuelle par rapport à celle d’il y a un an, et ont mis le pied sur le frein. La prudence prévaut, les dépenses sont ajustées avec à la clé un repli de la consommation en volume. La persistance d’une inflation forte qui pèse sur le pouvoir d’achat n’y est pas étrangère.

Une inflation persistante et un yen affaibli

La hausse des prix à la consommation est au-dessus de sa cible depuis trois ans et demi. Avec, de surcroît, un sujet très sensible : le prix du riz. Il a été multiplié par plus de deux en deux ans, ce qui a contraint les autorités à puiser dans les réserves stratégiques. L’inflation est en partie alimentée par la forte dépréciation du yen, qui renchérit le coût des importations, notamment de l’énergie et de l’alimentaire : le taux de change effectif nominal, qui offre une vision générale de la valeur d’une monnaie face aux autres devises, est à son plus bas niveau depuis 1993. Le yen est particulièrement affaibli face au dollar et à l’euro. La Banque du Japon est donc confrontée à un véritable dilemme : maintenir une politique accommodante pour soutenir l’activité, au risque d’aggraver la chute du yen, ou resserrer sa politique monétaire, au risque de peser sur la reprise domestique.

Une relance incertaine et un déficit aggravé

La future Première ministre va hériter d’une économie en voie de dégradation. Comme souvent au Japon, malgré une dette publique supérieure à 235% du PIB, la prochaine cheffe du gouvernement a annoncé vouloir mettre en place un énième plan de relance, alors même que la pression s’exerce déjà sur les taux longs, ce qui ne manquera pas de dégrader un peu plus encore les comptes publics, pour des résultats très incertains sur l’activité. Le Japon entre dans un nouveau tunnel de croissance molle et de dérive de son déficit.


Publié le vendredi 10 octobre 2025 . 3 min. 39

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