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22/05/201904:24

« Depuis la mise en place de l’euro, la France consacre de moins en moins de moyen à son système de protection sociale » : c’est faux ! « Depuis la mise en place de l’euro, la performance du système de protection sociale s’est détériorée et le bilan est médiocre » : c’est vraie, en grande partie.

La France, pays largement socialisé malgré l’euro


C’est un fait la France reste championne du monde de la dépense sociale. Les transferts sociaux publics c’est-à-dire l’ensemble des prestations en espèce (santé, vieillesse-survie, famille, emploi, logement, pauvreté-exclusion sociale) que touchent les individus, ainsi que les prestations en nature (remboursement de soins, aide au logement, etc.) atteignent 32,1% du PIB contre moins de 28% en 1999. Le bond est spectaculaire, les dépenses sociales ont progressé de près de 47% en euros constants depuis l’introduction de la monnaie unique, contre +25% pour le PIB. C’est près de deux fois plus. Rapporté au nombre d’habitants, le montant reçu est passé, sur la même période, en euros constants, de 7 773 à 10 310 soit une hausse de 33%.

Ces mouvements sont en partie liés aux évolutions de la population française, le poste vieillesse-survie qui comprend principalement le versement des pensions de retraite (de base et complémentaires) est ainsi passé de 12% du PIB à près de 15% sous l’impact des départs des classes d’âge nombreuses des baby-boomers et de l’allongement de la durée de vie des retraités. Idem, le vieillissement de la population à un impact sur les dépenses de santé. Mais il en demeure pas moins que même les autres postes sont aussi en hausse. La France figure donc toujours bien 20 ans après l’introduction de l’euro dans le club des pays les plus socialisés au monde et finalement jamais l’effort de la Nation n’a été aussi important.

De piètres résultats


Mais pour quels résultats ? En matière de conditions monétaires, la tendance naturelle à la baisse du taux de pauvreté s’est interrompue au milieu des années 2000 et il est aujourd’hui équivalent à celui de 1999. Quant aux inégalités de revenus mesurées par le coefficient de Gini, elles sont en hausse depuis 2010

A cela s’ajoute une grande zone de disfonctionnement social, le marché du travail. Il y a d’abord la trappe que constitue le chômage et qui souligne l’inefficacité des dispositifs d’accompagnement, de prospection des emplois, de formation et de reconversion. C’est tout cet ensemble qui est en échec en France où pour des dépenses comparables à celles de l’Europe du Nord les résultats demeurent très en deçà. La raison est simple : la politique sociale qui prévaut ici est passive. Son volet actif, réparateur, est sous équipé. Pôle emploi est saturé humainement parlant. Les outils numériques de prospection et d’appariement des offres et des demandes mis à disposition des chômeurs sont sous-développés. Le maquis du système de formation s’avère insuffisamment fléché vers les chômeurs et inefficace en matière de reconversion.

La qualité du système de santé peut être appréhendée par l’espérance de vie. En forte hausse ces dernières décennies, elle est bloquée du côté des femmes depuis 2009 à un peu moins de 86 ans et stagne chez les hommes depuis 5 ans à 79,5 années. La mortalité infantile est un autre indicateur de l’efficacité du système de santé. L’orientation à la baisse qui était une tendance forte s’est inversée.

Il est finalement une donnée hors radar des économistes, qui nous permet de prendre la mesure, de façon certes plus diffuse mais aussi plus englobante, des difficultés croissantes d’inclusion sociale. C’est le nombre de prisonniers. Sa montée est symptomatique de la mise en échec de notre modèle social et le taux de détention, c’est-à-dire le nombre d’incarcérés par rapport à la population est à un pic.
Bref, jamais la déconnexion entre les efforts demandés à tous et les résultats n’a été aussi importante. Le début des années 2000 marque une cassure. Comme si notre appareillage social, à défaut de régresser, n’était plus à la hauteur de la mise en tension du corps social. C’est en enjeu qu’on ne peut esquiver, faute de quoi, c’est la porte ouverte à toutes les démagogies.


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Mots clés : Politique économiqueEmploi, salaires, travail EuroInégalitésPauvretéDépenses socialesPrestations sociales

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