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Une simple question : l’État et les collectivités locales peuvent-ils vraiment se permettre de perdre entre 30 et 35 milliards d’euros de recettes par an ? Quand on connaît l’état des finances publiques, la réponse paraît évidente. Cette somme représente les recettes générées par ce qui est appelé aujourd’hui « l’accise sur les carburants ou les énergies fossiles ». Ce n’est pas une nouveauté. Elle a remplacé en 2022 la « taxe intérieure de consommation des produits énergétiques » (TICPE), qui elle-même avait succédé en 2011 à la TIPP, instaurée en 1928 sous le nom de taxe intérieure pétrolière. Les noms changent, mais l’ADN reste le même : taxer les automobilistes.
Défis budgétaires de l’électrification
Si le rendement de ces taxes est aussi important, c’est que le carburant (avec le tabac) est le produit le plus taxé en France. Une simple décomposition du prix d’un litre de gasoil ou du SP95 le montre : début juillet, le coût matière et de distribution représentait entre 43 et 44% du prix total payé par l’automobiliste, les taxes et la TVA entre 56 et 57%. La répartition du prix d’un kilowattheure d’électricité montre un poids des taxes inférieur de 25 points.
Si la comparaison entre les différentes sources d’énergie est complexe, il est possible d’affirmer, sans se tromper, que l’électricité est beaucoup moins taxée que les carburants routiers fossiles par unité d’énergie utile. Et c’est pour ça que l’électrification de l’ensemble du parc de véhicules particuliers à marche forcée devient un véritable casse-tête budgétaire : près d’un million de véhicules électriques circulent déjà en France. Cela ne représente certes à peine plus de 2% du parc total. Mais, compte tenu des engagements pris pour supprimer les ventes de véhicules neufs thermiques, du tournant déjà pris par les constructeurs pour proposer une offre « 100% électrique » de plus en plus complète et déshabiller leurs catalogues des modèles à essence ou diesel, l’essor du parc électrique va rapidement devenir explosif, dans tous les sens du terme.
Scénarios fiscaux pour maintenir l’équilibre
Dans le rapport « Les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone », la Direction générale du Trésor estime, à fiscalité inchangée, la perte d’accise sur les énergies fossiles de l’ordre de 11 milliards d’euros à l’horizon 2030 et de 33 milliards à l’horizon 2050 (où 100 % ou presque du parc serait électrique). La hausse de la consommation d’électricité anticipée générerait une hausse des recettes d’accise sur l’électricité de l’ordre de 1 à 3 milliards, suivant l’horizon temporel. Pour les caisses publiques, c’est une perte nette de 10 et 30 milliards d’euros.
C’est impossible et les regards se tournent naturellement vers ce qui se passe, ce qui est en cours de préparation ou évoqué dans les pays où l’électrification du parc est avancée. Un véritable inventaire à la Prévert : coup de rabot, voire suppression des aides à l’acquisition ; fiscalité à la propriété ; hausses des péages (routiers et urbains) et du stationnement ; système automatisé de tarification kilométrique par GPS ; taxation des bornes de rechargement ou des batteries. La facture va devenir salée pour les automobilistes. Non seulement le prix de l’électricité va augmenter, c’est inexorable en raison du coût de la transition énergétique, mais s’ajoutera le durcissement de la fiscalité sur l’usage du véhicule sous une forme ou une autre, c’est inévitable vu l’état de finances publiques.
Défis budgétaires de l’électrification
Si le rendement de ces taxes est aussi important, c’est que le carburant (avec le tabac) est le produit le plus taxé en France. Une simple décomposition du prix d’un litre de gasoil ou du SP95 le montre : début juillet, le coût matière et de distribution représentait entre 43 et 44% du prix total payé par l’automobiliste, les taxes et la TVA entre 56 et 57%. La répartition du prix d’un kilowattheure d’électricité montre un poids des taxes inférieur de 25 points.
Si la comparaison entre les différentes sources d’énergie est complexe, il est possible d’affirmer, sans se tromper, que l’électricité est beaucoup moins taxée que les carburants routiers fossiles par unité d’énergie utile. Et c’est pour ça que l’électrification de l’ensemble du parc de véhicules particuliers à marche forcée devient un véritable casse-tête budgétaire : près d’un million de véhicules électriques circulent déjà en France. Cela ne représente certes à peine plus de 2% du parc total. Mais, compte tenu des engagements pris pour supprimer les ventes de véhicules neufs thermiques, du tournant déjà pris par les constructeurs pour proposer une offre « 100% électrique » de plus en plus complète et déshabiller leurs catalogues des modèles à essence ou diesel, l’essor du parc électrique va rapidement devenir explosif, dans tous les sens du terme.
Scénarios fiscaux pour maintenir l’équilibre
Dans le rapport « Les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone », la Direction générale du Trésor estime, à fiscalité inchangée, la perte d’accise sur les énergies fossiles de l’ordre de 11 milliards d’euros à l’horizon 2030 et de 33 milliards à l’horizon 2050 (où 100 % ou presque du parc serait électrique). La hausse de la consommation d’électricité anticipée générerait une hausse des recettes d’accise sur l’électricité de l’ordre de 1 à 3 milliards, suivant l’horizon temporel. Pour les caisses publiques, c’est une perte nette de 10 et 30 milliards d’euros.
C’est impossible et les regards se tournent naturellement vers ce qui se passe, ce qui est en cours de préparation ou évoqué dans les pays où l’électrification du parc est avancée. Un véritable inventaire à la Prévert : coup de rabot, voire suppression des aides à l’acquisition ; fiscalité à la propriété ; hausses des péages (routiers et urbains) et du stationnement ; système automatisé de tarification kilométrique par GPS ; taxation des bornes de rechargement ou des batteries. La facture va devenir salée pour les automobilistes. Non seulement le prix de l’électricité va augmenter, c’est inexorable en raison du coût de la transition énergétique, mais s’ajoutera le durcissement de la fiscalité sur l’usage du véhicule sous une forme ou une autre, c’est inévitable vu l’état de finances publiques.
Publié le vendredi 18 juillet 2025 .
3 min. 25
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