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Il ne manquait plus que ça ! C’est ce qu’ont dû se dire nombre de chefs d’entreprise après l’annonce surprise, par François Bayrou, d’un vote de confiance dont l’issue a toutes les chances de précipiter la chute du gouvernement. La conjoncture internationale était déjà difficile à décrypter. Compliqué, en effet, de prévoir comment l’économie américaine encaissera le choc des décisions prises par Donald Trump. Délicat, aussi, d’établir un diagnostic sur l’état de santé réel de la Chine, freinée par une demande domestique toujours en panne. Complexe, enfin, de déterminer l’orientation de l’économie européenne, tant les trajectoires des économies sont opposées : accélération forte au 2è trimestre en Espagne, modeste en France, léger recul en Italie, plus prononcé en Allemagne. Vient donc, maintenant, en plus, s’ajouter le brouillard total sur les contours du cadre fiscal et social dans lequel les entreprises vont devoir composer en 2026.

Quand l’investissement s’éteint

Une seule certitude : tant que les patrons n’y verront pas plus clair, l’attentisme sera général. Bref, le tissu productif va se mettre sur pause et toutes les décisions importantes seront suspendues. L’investissement, bien entendu : l’instabilité politique (quatre Premiers ministres se sont succédé en moins de deux ans), les interrogations incessantes sur les orientations budgétaires brouillent la visibilité des entreprises, qui retardent, réduisent, voire annulent les projets les plus stratégiques. Ces ajustements se sont déjà produits l’an passé et se poursuivront dans les mois à venir.

L’autre grand poste mis sous veille : les recrutements. La tendance était déjà médiocre avant l’annonce du 25 août, notamment pour les cadres : à peine 8% des entreprises prévoyaient d’embaucher, des intentions au plus bas depuis quatre ans. Évidemment, toutes les lignes de dépenses sont passées en revue par les « cost killers » et la rentrée est placée sous le signe de la sauvegarde de la trésorerie. L’enjeu : disposer du cash nécessaire pour passer le cap. Or, il y a de quoi être inquiet, notamment pour les PME.

Quand les secteurs clés vacillent

À l’amorce de l’été, les dirigeants faisaient déjà état d’une situation particulièrement dégradée dans l’industrie, avec un solde d’opinion nettement en dessous de la moyenne des dix dernières années. En arrière-plan : un poids des stocks de produits finis encore très lourd et des délais de paiement clients qui s’allongent. Ce n’est pas mieux dans les services marchands, où la situation apparaît particulièrement dégradée, notamment dans les services aux entreprises : c’est le cas du vaste secteur de l’information-communication (qui inclut notamment les services informatiques), mais aussi du conseil et des activités juridiques et comptables. Le même schéma se répète dans le BTP, le commerce, et la situation va continuer de se dégrader.

Quand les dettes deviennent un fardeau

Autre grain de sable dans la mécanique : cinq ans après le lancement du PGE, 71% des TPE-PME sont toujours engagées dans son remboursement, avec comme date butoir fin 2026. En intégrant les ETI, l’encours résiduel atteint 37 milliards d’euros, soit 25% des volumes empruntés. Des sommes à décaisser qui pourraient rapidement devenir un boulet, car pour les entreprises concernées, l’accès au financement bancaire est déjà restreint.

Avant l’été, le nombre de défaillances s’était stabilisé autour de 6 000 unités par mois, soit un niveau déjà exceptionnellement élevé, qui a porté sur douze mois la sinistralité à plus de 65 000 entreprises (record historique). L’espoir était que le point haut soit enfin atteint. Il ne l’est vraisemblablement pas ! La coupe est pleine. L’automne et l’hiver prochains risquent d’être particulièrement meurtriers.


Publié le jeudi 04 septembre 2025 . 4 min. 00

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