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Banques centrales : idéologies obsolètes et mégalomanie

Publié le vendredi 14 juin 2019 . 5 min. 38

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Le capitalisme financiarisé a érigé les banques centrales en gardiennes du temple intransigeantes et intouchables de la stabilité monétaire et financière. Les représentations ont la vie dure. Une banque centrale est indépendante. L’intérêt supérieur de la monnaie est entre les mains d’experts qui interviennent de façon impartiale, en huis clos, hors contrôle démocratique. En contrepartie, leur mission est strictement circonscrite : réguler l’offre de monnaie pour maintenir l’économie dans un couloir de croissance non inflationniste.


Voilà pour la représentation. Pourtant, comment ne pas être frappé aujourd’hui par le hiatus entre cette représentation et le sable mouvant de la réalité.


Croyance au dogme monétariste


La crédibilité des banques centrales a toute entière été bâtie à partir des années quatre-vingt sur l’éradication de l’inflation. Mission réussie. A tel point, que l’on a pu croire un instant à la fable du modèle horloger intemporel fondant leur action. La fameuse règle de Taylor, à la fausse apparence de neutralité. Avec un taux d’intérêt qui se fixe en prenant en compte trois paramètres : un taux d’intérêt pivot, neutre (d’équilibre, comme on dit, que nul modèle, nul économiste ne sait déterminer). L’écart de l’inflation à sa cible (2% en général, arbitraire là encore). L’écart du PIB à son potentiel (notion elle-même très contestée). Plus le PIB s’éloigne de sa trajectoire moyenne, plus l’inflation s’éloigne de 2% et plus la banque centrale, en bon exécutant d’une loi immanente, augmente son taux d’intervention.


Derrière cette formule, le dogme monétariste n’est pas loin. La monnaie est neutre. Elle n’affecte que le niveau général des prix. Elle ne peut en rien améliorer le cours de l’économie réelle. Raison pour laquelle l’idée keynésienne d’un financement du déficit public par de la création monétaire est proscrit. Le chômage est strictement imputable à des facteurs structurels. Le policier monétaire est d’abord là pour éradiquer l’illusion de la monnaie.


Et cela a marché, en apparence, moins du fait de la robustesse de la théorie sous-jacente, que de la robustesse du rituel, validant le précepte de Pascal : faîte semblant de croire et bientôt vous croirez. Et chacun s’est mis à croire à un monde coupé en deux. D’un côté l’économie réelle où le politique a le pouvoir d’agir sur le potentiel de production et le taux de chômage d’équilibre, via les réformes structurelles pré-formatées que l’on connait. De l’autre, la sphère de la monnaie neutre, régenté par son gendarme central, pour éviter qu’elle ne crée un voile trompeur sur l’économie réelle.


Alien financier


Partant de cette dualité, on mesure les multiples dérèglements.


Voici que derrière la sage vitrine d’une croissance de 2%, dans le monde développé et d’une inflation à 2 % a enflé l’Alien de la finance surdimensionnée. Un marché des titres, lui-même liquide, qui forme un véritable continuum avec l’espace de la monnaie, dont on ne sait plus mesurer le périmètre. Un marché sur lequel a migré l’inflation, une inflation du prix des actifs, favorisé par la décrue des taux initiée par les banques centrale. Et voici que les formidables effets de richesse et leur instabilité s’est mise à agir sur le cours de l’économie réelle et sur les inégalités. Et que les banques centrales, en pensant avoir la main sur la formation  des taux, se sont retrouvées avec un formidable détonateur qu’elles ne pouvaient plus manipuler avec pour seule cible l’inflation. Fini l’illusion de la neutralité de la monnaie. Fini l’illusion de son contrôle.


Voici que le monde aux penchants inflationnistes, à l’épargne rare et cloisonnée des années 70, est devenu un monde en surabondance d’épargne, à taux zéro, aux penchants déflationnistes. Et que les banques si efficaces dans leur première mission d’éradication de l’inflation, se retrouvent en impuissance pour ré-inflater l’économie. Elles engagent le Quantative Easing, avec le postulat qu’il nous fera revenir dans le monde d’avant… Mais le monde d’avant ne revient pas.
Voici que le mur étanche entre la sphère de la monnaie et celui de l’économie réelle n’a cessé de se fissurer. Que les banques centrales sont d’abord devenues des prescripteurs de la réforme structurelle, sortant de leur rôle. Puis face aux limites du Quantitative Easing pour ré-inflater l’économie, les nouveaux chantres de l’activisme budgétaire.


Voici que face aux montants colossaux d’investissement que supposent la transition écologique ou digitale renaît l’idée d’un financement monétaire des investissements stratégiques, l’idée de création de produits financiers estampillés verts que refinanceraient les banques centrales, le fléchage des interventions de rachat de la BCE vers les PME, etc. Bref, en faisant de la banque centrale un acteur de politique industrielle et environnementale…Et qu’en arrière-plan émerge la fameuse théorie moderne de la monnaie réchauffée de l’ancienne.


Et voici que les demi-dieux de la monnaie se retrouvent investis de toutes les missions, au moment même où elles ont perdu tous leurs repères.


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