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Il est décidément très en vogue plaquer la notion d’entreprise sur toute forme d’organisation, à partir du moment où elle créer de la valeur économique et génère du profit. Mais le fait d’être doté d’un modèle économique, d’un type de management et d’une marque suffit-il à qualifier une organisation d’entreprise ? Il me semble que la réponse est clairement non et la mafia illustre les limites de l’extension systématique de la notion d’entreprise à toute forme de modèle économique.

Entendons-nous tout d’abord sur ce l’on entend par mafia au-delà des images de violence sauvage et de codes de conduite moyenâgeux que nous avons tous en tête. Bernard Monnet, professeur à l’EDHEC, qui a beaucoup travaillé sur le sujet et qui va largement inspirer notre réflexion ici, en donne la définition suivante : « une mafia est, avant tout, une entreprise criminelle qui importe dans le business illégal les pratiques déployées par les entreprises légales pour créer de la richesse. » Le modèle économique de la mafia s’appuie clairement la monétisation du crime en s’appuyant sur deux leviers qui sont d’une part la prédation, de l’autre les trafics. Pareille à toute entreprise de commerce, la mafia met des produits à disposition de ses clients, à ceci près que tous les produits qu’elle commercialise sont illicites et ne font qu’entretenir la satisfaction de vices variés, qu’il s’agisse de la consommation de drogue, de rapport sexuels tarifés ou de jeux clandestins. Certains esprits perfides pourraient y voir là une caractéristique du capitalisme, qui, comme l’a très bien montré le philosophe Dany Robert Dufour, fonctionne selon un protocole secret contenu dans les écrits de Bernard de Mandeville. Et notamment dans un texte de 1714 resté largement occulté, Recherches sur l’origine de la vertu morale, dans lequel ce dernier explique que les vices sont indispensables et utiles dans la société actuelle et que contrairement à ce que pensait Max Weber, ce n’est pas la vertu mais le vice qui se trouve à l’origine de ce que Marx et Engels appelleront le capitalisme. D’où cette équation scandaleuse selon laquelle « la vertu publique ne résulte que des vices privés. » qui a été largement occultée dans toutes les histoires autorisées du capitalisme. Même si Mandeville a ensemencé l’esprit de Marx en montrant que les vices sont indispensables et utiles dans la société actuelle », il est abusif de considérer que la mafia fonctionne comme une entreprise à part entière. Et ce même si, comme toute entreprise, elle est dotée d’un modèle économique, d’une stratégie et de ressources visant à lui faire gagner le plus d’argent possible.

Le problème n’est donc pas que sa raison d’être consiste à vendre de l’interdit grâce à de nombreux trafics. Ni que celle-ci ponctionne d’autres entreprises, impose des fournisseurs ou bénéficie de marchés publics en recourant la corruption ; ces pratiques sont malheureusement la monnaie courante d’un capitalisme débridé. Le problème est le recours systématique à la violence et l’origine criminelle de ses capitaux. Même si comme le montre très bien Bernard Monnet le modèle de fonctionnement des mafias s’apparente à celui de l’entreprise, on ne peut décemment considérer comme une entreprise. Car oui, on peut légitimement accuser l’entreprise d’être égoïste, cupide, court termiste et polluante. Mais il n’est pour autant pas possible de considérer comme entreprise une organisation qui recourt à la violence physique, au racket, à l’extorsion, au détournement des croyances religieuses à des fins de prédation économique. Car même si contrairement à la société, l’entreprise n’a pas de statut juridique, il est clair qu’elle se caractérise néanmoins par une capacité à créer un bénéfice économique qui soit légal et légitime. Ce qui va justement à l’encontre de tous les principes de la mafia.


Publié le mercredi 19 octobre 2022 . 4 min. 24

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