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L’IA va changer nos relations sociales de plusieurs façons dont la plupart sont déjà apparentes.


Je ne parle pas ici de ces relations qui font penser à l’affaire Dreyfus, où se combattent les partisans d’une théorie technosolutionniste par laquelle l’IA va sauver le monde et ceux d’une théorie dystopique par laquelle elle va le détruire. C’est un épiphénomène plutôt amusant si on le regarde dans le temps long. On eut les mêmes débats avec la télévision, les smartphones, voire le téléphone. Sacha Guitry critiquait ce dernier en disant « On vous sonne et vous répondez » en sous-entendant : « comme un domestique ». L’impact social de toute technologie est un bon sujet de débat.


Toutes les technologies importantes, dites « disruptives », ont un impact sociétal. L’IA a largement commencé à travers ses applications déjà nombreuses, notamment à travers les réseaux sociaux. Elle est en train de remodeler nos vies et nos relations sociales, et elle a commencé bien avant que les LLM fassent leur entrée dans le grand public. Il nous faut vivre avec, mais surtout socialiser avec.


L’IA affecte notre vivre ensemble, ce désir profond, qui caractérise notre espèce, d’être en relation avec les autres. Elle nous a donné une existence virtuelle parallèle et parfois plus importante que notre vie réelle. Nous passons déjà plus de temps à être avec des IA qu’avec nos conjoints ou amis ou collaborateurs. Il suffit de regarder le temps passé sur les réseaux sociaux où interagissent les avatars virtuels que nous y sommes, nos doubles numériques. Mais l’existence de ces interactions virtuelles pourrait faire encore diminuer la proximité réelle et physique entre les individus, donc pourrait faire augmenter le phénomène de solitude existant déjà dans le monde réel et considéré comme un fléau social au niveau mondial.


L’IA excite aussi un autre de nos besoins fondamentaux : celui de compétition, de briller, d’apparaître unique, de soigner nos apparences, de plaire, de bien rédiger, etc. quitte à en être parfois complexé à la pensée que notre moi réel ne puisse plus coïncider avec notre moi virtuel parfois très élaboré.


L’IA nous permet enfin de répondre partiellement et de façon parfois illusoire à notre besoin de sens. En nous montrant des relations, des attitudes, des opinions, elle peut nous aider à comprendre ce qui anime les autres et nous-mêmes.  Elle nous incite à croire qu’on peut ainsi rationaliser nos univers. Cela inclut le marché du travail, le marché de l’amour, celui des loisirs ou de la connaissance… Elle devient prédictive, nous fait des recommandations qui nous paraissent sensées, car nous lui reconnaissons une certaine autorité.


En cela, elle nous pousse aussi vers un certain conformisme. L’IA nous incite à coïncider avec des clichés, des lieux communs, des tendances dominantes et à risquer de perdre une partie de notre individualité. Notre société sera probablement de plus en plus conformiste et conservatrice.


Il doit être possible de l’utiliser pour au contraire dé coïncider et retrouver notre unicité, mais c’est plus difficile. En effet, par les gains de productivité individuelle qu’elle va permettre, elle peut nous donner du temps libre. Mais qu’allons-nous en faire face aux besoins primaires exprimés ci-dessus (être en relation, être en compétition, trouver du sens) ? Allons-nous nous enrichir ou tourner en rond sur les réseaux sociaux ?


À chacun de voir, avec son esprit critique propre et dans sa culture propre, ce qu’il pourra en faire dans sa vie sociale. De grandes différences individuelles apparaitront selon les individus et la force, ou non, de leur individualité.  Soyons optimistes et voyons les bons côtés de ces changements sociétaux : plus de temps libre et de relations réelles, on peut rêver non ?


Publié le vendredi 14 juin 2024 . 4 min. 04

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