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https://www.youtube.com/embed/1htbsFK5kiw?modestbranding=1&rel=0&iv_load_policy=3&showinfo=0&fs=0&disablekb=1 Dominique-Turcq-Comment-representer-les-Parties-Prenantes--306352657.jpg picto
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Beaucoup de conseils d’administration s’interrogent sur la représentation à donner aux parties prenantes (PP). Certains ont créé des comités pour se mettre à leur écoute. Mais seules de très rares exceptions mondiales ont donné un siège à la nature, quasiment personne n’en a donné aux futures générations.

La réponse est complexe car les PP sont diverses, mal organisées, très rarement élues de façon démocratique.
Les parties prenantes pour une entreprise vont de ses fournisseurs et clients à son environnement social (Clermont Ferrand est une PP importante pour Michelin) et à son environnement naturel à travers la nature qu’elle exploite par ses ressources ou qu’elle pollue par son CO2 ou ses déchets.

Quand ce sont des ONG qui les représentent, leur fonctionnement interne est rarement démocratique. Leurs motivations souvent très idéologiques en font parfois des partenaires compliqués à gérer. Et puis comment les choisir ? Qui privilégier ? Sur quels critères ?  Certaines PP n’existent d’ailleurs quasiment pas juridiquement, ou si peu, comme les fleuves, les mers ou, bien sûr, les générations futures.

Est-ce parce que c’est complexe qu’il ne faut pas essayer ? L’importance de certaines parties prenantes pour l’avenir de l’humanité est telle que la question de leur représentation doit se poser, pour toute gouvernance.

Historiquement des essais de leur représentation peuvent être rappelés. Gardons-en trois. Tout d’abord, l’apparition du Tiers-État dans la démocratie après 1789. Avant, les nobles et le clergé étaient des entités bien définies. Comment accepter que des gens représentant des catégories aussi différentes que les agriculteurs, les commerçants, les artisans puissent bien avoir droit au chapitre ? On pourrait ici rappeler Emmanuel Joseph Sieyès en 1789 : « Qu'est-ce que le Tiers-État ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? À être quelque chose. » Pourtant on a trouvé puisque notre assemblée nationale est là, péniblement certes car ce fut à travers une révolution.

Avec cet exemple on comprend comme ce doit être difficile pour les actionnaires des entreprises aujourd’hui d’accepter qu’ils ne puissent plus rester les seuls décideurs !

Plus récemment, l’invention du Conseil Économique et Social a réalisé la même prouesse, et aussi imparfaite que soit cette représentation, elle fonctionne. Certes elle n’a pas vraiment de pouvoir, seulement de l’influence, c’est insuffisant mais ce n’est pas si mal.

Troisième exemple, ô combien imparfait et incomplet lui aussi, la RSE et le devoir de vigilance car ces législation sont une façon de dire qu’il faut prendre en considération certaines parties prenantes comme la nature ou les travailleurs d’autres pays. C’est insuffisant, c’est parfois utilisé en green ou en social washing, c’est contesté, mais ça existe et cela pourra être développé.

Il faudra bien trouver un moyen pour donner aux PP voix aux décisions, et rapidement, qu’il s’agisse de la gouvernance des entreprises, de l’État ou de toute organisation. C’est en particulier le cas des générations futures, de la biodiversité, des éléments naturels comme les fleuves, des paysages, ou les minerais du fond des mers.

L’imagination ne manquera pas pour avancer sur ce domaine, mais il faudra surtout une volonté de tous les dirigeants et de la société civile pour faire comprendre que notre avenir dépend des décisions d’aujourd’hui et de leur façon d’impacter ou non les parties prenantes.


Publié le jeudi 10 juillet 2025 . 3 min. 16

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