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ACCUEIL STRATÉGIE & MANAGEMENT Notes de lecture On ne peut pas réduire la...
25/01/201803:42

C’est durant les années 50 que les ingénieurs d’IBM ont souhaité donné une traduction française au terme de computer. Interrogeant alors le philologue Jacques Perrret, celui-ci leur conseilla d’éviter le mot de combinateur auxquels il avaient de prime abord pensé, du fait de son association dépréciative avec son dérivé, le terme de combine. Au final c’est comme nous savons tous l’« ordinateur » qui l’a emporté, ce vieux mot latin remis au goût du jour, qui avait pour sens premier la capacité réservée à Dieu seul de mettre de l’ordre dans le monde. « Deus ordinator » signifiait alors, selon le Littré, Dieu ordonnateur du monde.


Cette courte analyse étymologique n’est pas pour le philosophe Mark Alizart le fruit du hasard, car l’informatique ne serait pas une invention humaine mais plutôt une donnée naturelle, une propriété du vivant. Ce n’est pas le verbe qui serait au commencement, mais le nombre. Les lignes de code seraient donc en quelque sorte déjà-là, à l’état naturel, et tout en elles serait transposable en information, laquelle, dans son expression la plus contemporaine, peut être confondue avec l’informatique. Informatique céleste donc, qui donne son titre à cet essai, et qui semble vouloir réconcilier en quelque sorte les chiffres et les lettres en affichant que c’est bien plus l’informatique qui accomplit le projet ultime de la pensée humaine, que la philosophie.


L’auteur tente ici de soutenir la thèse selon laquelle penser c’est d’abord calculer et apprendre de manière dynamique, ce dont se montrent capables ces machines qui fonctionnent aujourd’hui sur le même principe que nos propres processus mentaux, c’est-à-dire de manière non linéaire. Nous retrouvons là une thèse qui fit florès dans les années 50 durant les conférences Macy et le développement de la cybernétique dont nous avons déjà parlé sur cette antenne, qui constituaient un programme de recherche cherchant à unifier en un tout cohérent l’ensemble des sciences de l’esprit. A l’époque, des auteurs comme Norbert Wiener nous invitait déjà à cette grande transformation structuraliste de notre conception du monde.


Projet intellectuel d’une époque révolue, croit-on, dont parle Jean-Pierre Dupuis dans son livre Aux origines des sciences cognitives dans lequel il montre les limites de cette pensée ingénieuriste réduite à un processus sans sujet.


Mais ne nous trompons pas cependant. Cette ontologie indiquant que l’Etre est l’information, c’est celle qui prévaut en management depuis des dizaines d’années. Participant régulier des conférences Macy, Herbert Simon l’un des plus influents auteur en sciences de gestion, y déclarait en 1965 qu’en « l’espace de vingt ans, les machines seront capables d’effectuer toutes les tâches que peuvent effectuer les hommes ». En clair les ordinateurs étaient déjà pour lui des organismes vivants, des corps en quelque sorte, comme s’ils semblaient dorénavant dotés d’un « soi » qui se traduit par auto en grec, comme le rappelle Alizart.


Face à cette conception originale en philosophie, mais on ne peut plus courante en management (Gilbreth le disciple de Taylor écrivait que l’objectif du management est de « conduire les hommes à se comporter autant que possible comme des machines »), ne faudrait-il pas davantage se tourner vers des modèles théoriques qui font une place centrale à l’intériorité subjective et à l’affectivité proprement humaine. « Qu’est-ce qui sent le plaisir en nous » demandait déjà Pascal. « Est-ce la main, est-ce le bras, est-ce la chair, est-ce le sang ? ». Non, c’est cette vie qui se sent elle-même et qui est au coeur des enjeux contemporains du travail où les individus veulent être entendus pour ce qu’ils sont : des machines à calculer peut-être mais surtout des êtres dotés de sensibilité, qui apprécient, qui souffrent, qui savourent. Cette prise en compte sera au cœur des enjeux pour tenter d’élaborer un management plus éclairé, plus humain, plus joyeux. Plus céleste en effet.



En savoir plus

Mots clés : Economie numériqueManagementPhilosophieInformatique

Informatique céleste

Informatique céleste

Auteur : Mark Alizart
Date de parution : 25/01/2017
Éditeur : PUF
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