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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco Baisse de la natalité en...
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26/07/201904:39

Les chiffres de la natalité continuent d’inquiéter. L’annonce d’une quatrième année consécutive du recul des naissances en 2018 a été vécue comme un drame national. Seule petite éclaircie, si la baisse se confirme, son rythme ralentit. Une piètre consolation car compte tenue de l’allure prise par la courbe des naissances, le discours pour 2019 est déjà tout prêt : mais où sont passés les bébés ? Il vrai que par rapport aux standards de la fin des années 2000 et du début des années 2010, il manque désormais environ 66 000 nourrissons par an.


Les effets incertains de la politique familiale à court terme


Pour certains, c’est la marque de l’échec de la politique familiale de l’ancien gouvernement. Sous François Hollande, le plafond du quotient familial a en effet été sensiblement abaissé, les allocations familiales ont été divisées par deux ou par quatre pour les ménages les plus aisés, tandis que l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant était réduite de moitié pour les ménages dont les ressources dépassaient un certain seuil.


Mais le lien entre politique familiale et variation à court terme du taux de fécondité est difficile à établir : après la création du complément familial pour le troisième enfant en 1978, le taux de fécondité a augmenté, ce qui semble logique. C’est qui l’est moins, c’est la forte baisse qui a suivi la hausse de 25% des allocations familiales en 1983. Idem, peu après la création de l’allocation parentale versée pour chacune des personnes qui interrompt ou réduit son activité professionnelle à l’occasion d’une naissance, le taux de fécondité a sensiblement décroché. Et il est possible de multiplier ainsi les exemples. Quant aux reformes Ayrault sous François Hollande, elles interviennent alors que la baisse du taux de fécondité était déjà bien entamée. Elles ne peuvent donc être rendues responsables de l’origine du décrochage. Il faut trouver autre chose pour expliquer la baisse des naissances.


1980-1994 : des générations moins nombreuses


Le premier élément à intégrer est celui de l’évolution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants : le taux de fécondité dépend en effet de l’âge et il est à son apogée entre 25 et 34 ans. En grossissant à peine le trait, le suivi du nombre de femmes âgées entre 20 et 44 ans donne donc un très bon aperçu de l’évolution du nombre de mères potentielles : et il baisse sacrément passant de plus de 11 millions en 1994 à à-peine plus de 10 aujourd’hui. C’est de la simple mécanique, le nombre de naissances a beaucoup diminué dans les années 80 jusqu’en 1994, où il descend à un plus bas depuis 1946, et ce sont ces générations qui arrivent maintenant à l’âge de procréer. Pour le rebond du nombre de naissances, il faudra donc attendre quelques années. Il arrivera au moment où les générations nombreuses nées à la fin des années 90 et au début des années 2000 seront en âge d’avoir des enfants.


Une première maternité retardée


Deuxième élément à prendre en compte : les femmes retardent leur première maternité. Elles ont leur premier enfant vers 28,5 ans, quand leurs mères ont eu le leur vers 25 ans. Les enfants suivant sont retardés d’autant et l’âge moyen à la maternité pour l’ensemble des naissances, que les enfants soit le premier de leur mère ou non, ne cesse de s’élever pour atteindre 30,8 ans en 2018. Cet allongement déprime mécaniquement l’indicateur de fécondité. Les femmes qui s’apprêtent à avoir un enfant attendent pour l’avoir alors que leurs ainées l’avaient déjà eu. Le nombre total de naissances au cours d’une année est d’autant diminué.


La France reste finalement une exception en Europe avec un taux de fécondité de 1,90. C’est le seul pays proche du seuil de remplacement. La Suède et le Royaume-Uni qui suivent sont un cran en-dessous et les pays du sud très loin derrière.
Si l'immigration contribue à cette forte fécondité française, c’est finalement dans une faible proportion. Selon l’Ined, les femmes immigrées et résidant en France affichent un taux de fécondité de 2,6 enfants par femme, contre 1,77 enfant par femme pour les femmes nées et vivant dans l'Hexagone. Cela étant, comme les immigrées ne représentent que quelque 12% des femmes en France étant en âge d'avoir des enfants, leur contribution au taux de fécondité reste marginale, seulement 0,1 point, un chiffre stable depuis 2014.


Immigrées ou pas, la fécondité en France est l’une des plus élevées au monde et il est très prématuré de considérer que son érosion récente, dans un contexte économique particulièrement anxiogène, marque une véritable inflexion de tendance.


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Mots clés : Economie françaiseDémographieFemmesNatalitéNaissanceFécondité

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