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Les cours de l’or ne cessent de monter. Le lingot s’approche des 59 000 euros le kilo. Le Napoléon de 20 francs or, qui contient 6,5 grammes du précieux métal jaune, dépasse désormais la barre des 365 euros pièce, c’est du jamais vu. Pour résumer la situation, sur le marché londonien du LBMA qui fait référence pour les métaux précieux, la cote de l’once d’or (soit la valeur de 31,10 grammes) se situe désormais au-dessus de son record historique a plus de 2 000 dollars et a pris plus de 20% sur les six derniers mois.


Se protéger de l’inflation


L’or, c’est traditionnellement une variable inversée de l’état de santé de l’économie mondiale : il monte quand les autres indicateurs descendent, bref quand ça va mal, voire très mal, c’est-à-dire en temps de crises économiques, de krachs boursiers voire de guerres.


Et c’est ce qui se passe aujourd’hui. Au cœur de la flambée actuelle, la crise de la Covid. Pas tant en raison de ses répercussions directes sur l’activité réelle, mais bien plus, en sortie de pandémie, par ses conséquences sur les profonds déséquilibres qu’elle a générés entre l’offre et la demande, débouchant sur des phénomènes de pénuries à l’origine de l’envolée des prix des matières premières, de l’énergie et de certains composants. Un phénomène amplifié peu après par le conflit en Ukraine. En bout de course, c’est le retour de l’inflation qui a atteint des niveaux inégalés depuis plusieurs décennies que ce soit aux États-Unis, comme en Europe. Une inflation durable.


Ses déterminants initiaux se sont peut-être atténués, mais la hausse des prix est entrée dans une deuxième phase comme l’indique le maintien à très haut niveau, voire l’accélération, de l’inflation sous-jacente qui permet de dégager la tendance de fond de l’évolution des prix, car débarrasser des prix volatils tels que l’énergie et l’alimentaire. Une inflation nourrit aujourd’hui par l’accélération des coûts salariaux unitaires, signe du déclenchement d’une boucle « prix-salaire » et par la hausse des marges unitaires signe de l’installation d’une boucle « prix-profit ».


La désinflation à venir sera donc lente, d’autant qu’il faut aussi intégrer dans l’équation le caractère expansif des dispositifs budgétaires et monétaires mis en place dans les économies occidentales pour atténuer les impacts économiques de la crise. Un « quoi qu’il en coûte » généralisé qui s’est traduit par de la création monétaire à grande échelle, ce dont témoigne l’explosion des bilans des banques centrales des deux côtés de l’Atlantique. 


Or, si le métal jaune est un placement qui ne rapporte ni coupon ni dividende, il permet de se protéger contre l’inflation, c’est-à-dire contre l’érosion du pouvoir d’achat des monnaies. Parce que son prix n’est pas, ou très peu, manipulable par les gouvernements. Parce que sa quantité dans le monde dépend d’un facteur indépendant des pouvoirs politiques, la production des mines.


L’influence des taux d’intérêt


Il serait cependant réducteur de faire une simple liaison linéaire inflation-cours de l’or. Les taux d’intérêt entrent en jeu également, plus particulièrement les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire diminués de l’inflation. Pour lutter contre la hausse des prix, les principales banques centrales ont remonté leurs principaux taux directeurs depuis plusieurs mois, entrainant une hausse des taux souverains.


Toutefois, de peur de casser la croissance et face aux craintes d’instabilité financière (dont le dernier évènement en date a été la séquence de faillites bancaires aux États-Unis et en Europe en mars), le resserrement monétaire est demeuré partiel. En conséquence de quoi les taux d’obligations d’État à 10 ans des États-Unis et de l’Allemagne par exemple se situent en dessous de l’inflation. Bref, ils sont négatifs. Autant dire que pour les investisseurs en quête de placements sans risque, les obligations d’État sont de moins en moins attractives et l’or incontournable. 


Cette liaison entre taux d’intérêt réels et prix de l’or est d’ailleurs historiquement forte. En prenant les obligations d’État allemandes comme proxy des taux souverains européens, le coefficient de corrélation avec les cours de l’or (c’est-à-dire la mesure qui quantifie la force de la relation entre ces deux variables) sur près de 45 ans est de -85,3%.


Les cours de l’or ne sont cependant pas seulement dictés par les variations des placements des investisseurs, les positions des banques centrales sont à prendre en compte. Or, principalement sous l’impulsion des pays émergents, Chine, Inde, Turquie, Égypte, Qatar, Émirats arabes unis, Irak, etc., elles ont fait l’acquisition de 1 136 tonnes d’or en 2022 la plus grande quantité achetée depuis 1967, en hausse de 152% sur 2021. Et 2023 a repris au même rythme que 2022. À la traine, les secteurs de la bijouterie et de la technologie ont enregistré de leur côté une légère baisse de la demande, fléchissant respectivement de 2 et 7% l’année dernière et n’ont donc pas alimenté la hausse des cours. Cette faiblesse s’explique notamment par le reflux de la demande chinoise, conséquence de la politique zéro Covid, qui a été abandonnée depuis, laissant entrevoir un rebond technique pour cette année.


Parapluie efficace en temps de crise, bouclier anti-inflation, banques centrales acheteuses, demande en provenance de Chine prévue à la hausse… Dans ce contexte, l’or devrait conserver un haut niveau dans les 12 mois qui viennent.


Publié le mercredi 12 avril 2023 . 5 min. 10

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