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Malgré l’impasse où elle se trouve, l’Allemagne persiste et signe et reste arcboutée sur son modèle de croissance. Un modèle mercantiliste et archi-excédentaire qui tire sa force d’une industrie ultra-compétitive grâce à un coût du travail strictement encadré dont le corolaire est une demande domestique corsetée et l’accumulation de créances vis-à-vis de l’extérieur. Or ce modèle bat de l’aile et n’est absolument pas remis en cause.


Modération salariale et économie de bazar


Il ne faut pas se laisser abuser par les mesures de circonstances précédant les élections ou par les revalorisations salariales obtenues par les grands syndicats allemands comme IG Metall dans la métallurgie ou Verdi dans les services qui font généralement la Une des journaux : 1- La hausse communiquée est généralement étalée sur plusieurs années et le chiffre cumulé impressionne toujours mais déçoit quand il est annualisé. 2- Cela concerne de moins en moins de salariés : seul 1 sur deux est désormais couvert par un accord de branche ou d’entreprise, un chiffre en recul de 19 points ces 19 dernières années. Finalement, selon une étude de la fondation Hans Boeckler, 1 actif sur 8 - soit 4 millions de personnes - vivent dans la précarité des petits boulots depuis des années et manquent de protection sociale.


Il y a d’ailleurs une « anomalie » économique en Allemagne, soulignée par Rexecode : celle de la faiblesse de la hausse du coût du travail bloquée à 1,8% l’année dernière dans l’industrie et les services (et de pointer la faiblesse des revalorisations salariales) dans une économie proche du plein emploi avec un taux de chômage descendu en dessous de 3,5%.


Modération salariale en interne et siphonage de la productivité des PECO à l’extérieur avec la persistance d’une économie de bazar, l’ADN même du modèle n’a pas bougé. Or, pour que ce modèle puisse donner tout son rendement, il faut que le cycle manufacturier mondial soit dynamique. Or ce n’est plus le cas, la croissance manufacturière se dérobe et décélère nettement depuis ses derniers pics. Le plus inquiétant, c’est que ce sont les biens d’équipement et l’automobile qui sont au cœur de ce décrochage, deux secteurs d’activité particulièrement importants en termes de dynamique industrielle en Allemagne.


Double impasse


Les déboires de l’automobile est emblématique de la double impasse du modèle allemand. Première impasse, la stratégie de son repositionnement sur le soit disant Eldorado des pays émergents, comme le montre l’effondrement des immatriculations en Chine. Ce n’est pas un simple accident conjoncturel mais la marque des difficultés pour les pays émergents à continuer à faire monter une nouvelle classe moyenne.


La seconde, c’est celle d’un pays qui se fait déborder et a sous-estimé la concurrence sur le plan technologique comme celui de la vitesse de montée en gamme. Les constructeurs allemands se sont en effet trop longtemps reposés sur leurs lauriers et le défi technologique et économique inhérent au développement des moteurs électriques pose un sérieux problème. La réglementation européenne en matière d’émissions de CO2 des voitures neuves accélère le passage pour de nombreux modèles à l’électrique ou à l’hybride et le nerf de la guerre c’est la batterie, qui est devenu l’enjeu majeur de la captation de valeur dans ce secteur. Or en ce domaine, l’Allemagne est un nain. L’Asie, emmenée par la Chine, se place en tête et même la France est un cran au-dessus.


Mais il faut aussi intégrer dans l’équation l’amoncèlement de créances douteuses des banques allemandes, signe que les excédents ont été placés parfois de façons hasardeuses et font de moins en moins office de matelas de sécurité. En arrière-plan, il y a l’échec de l’industrie bancaire allemande. Le rapprochement de la Deutsche Bank et la Commerzbank c’est le mariage de deux canards boiteux plus concurrents que complémentaires. Difficile de présenter cette opération comme une stratégie offensive ! Elle ressemble à s’y méprendre à la recomposition du paysage bancaire effectuée au Japon après la crise immobilière, où les établissements ont été consolidés par des fusions, sans jamais rebondir. On a parlé alors de banques zombies.


L’Allemagne est dans une impasse, acculée par une concurrence de plus en plus féroce. Mais parce qu’elle joue en défense, ceux qui croient qu’elle va relancer sa demande intérieure parce qu’elle en a les moyens ou s’évertuer à jouer la carte de européenne se trompent.


Publié le mercredi 3 avril 2019 . 4 min. 21

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