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Les gains espérés de l’accord entre l’UE et le Mercosur sont surestimés. C’est vrai pour la France, mais aussi pour l’ensemble des pays de l’UE, y compris l’Allemagne, car les effets stimulants attendus sur les exportations négligent deux éléments fondamentaux. Le premier tient à la montée en puissance de la concurrence chinoise en Amérique du Sud entre le début des discussions en 1999 et aujourd’hui. Le second, l’émergence, puis la consolidation, d’une classe moyenne dans les pays du Mercosur reste largement en deçà des attentes. Les pays de l’UE et du Mercosur regroupent 731 millions de consommateurs et génèrent près d’un cinquième du produit intérieur brut (PIB) mondial. Sur le papier, il s’agit d’un marché considérable. Pourtant, ces deux ensembles, éloignés géographiquement, commercent relativement peu entre eux : le Mercosur représente à peine plus de 2,1% des exportations de l’UE. Le traité vise précisément à intensifier ces échanges en supprimant plus de 90% des droits de douane appliqués aux produits circulant de part et d’autre de l’Atlantique.
Un équilibre commercial français fragile et sectorisé
Pour la France, les échanges avec le Mercosur se traduisent par un excédent moyen proche de 640 millions d’euros sur les trois dernières années, principalement porté par le solde favorable avec l’Argentine, et, dans une moindre mesure, avec le Brésil et l’Uruguay. Cette balance commerciale reste toutefois déséquilibrée entre biens non agricoles et agriculture, avec des fragilités clairement identifiées : bœuf, volaille, porc, sucre. Certes, la concurrence sera strictement encadrée par des quotas. Mais il suffit de peu pour qu’une filière déjà fragilisée vacille et soit emportée. À l’inverse, les vins, fromages et spiritueux, aujourd’hui frappés de droits de douane compris entre 25% et 35%, devraient en bénéficier. Il en va de même pour l’essentiel des produits industriels. Bruxelles estime qu’un abaissement des barrières douanières pourrait accroître le PIB de l’Union européenne de 77,6 milliards d’euros à l’horizon 2040. C’est précisément là qu’est en partie l’illusion.
La concurrence chinoise a déjà rebattu les cartes
La Chine a pris d’assaut l’Amérique latine en général, et le Mercosur en particulier : peu après son entrée à l’OMC, l’Empire du Milieu restait un fournisseur marginal, représentant à peine plus de 7% des importations de la zone. Vingt ans plus tard, cette part approche désormais le quart. La trajectoire est inverse pour l’Union européenne, qui perd progressivement du terrain. La France ne fait pas exception. Le « made in China » entre de plus en plus en concurrence avec les productions européennes sur ces marchés, qu’il s’agisse des machines et équipements, de l’électronique, des télécommunications ou de l’automobile : 90% des véhicules électriques vendus au Brésil sont chinois. Moins frontale, la concurrence se durcit également dans la pharmacie et la chimie de base. Compte tenu des écarts de compétitivité, les produits chinois resteront attractifs même si les produits européens sont exonérés de droits de douane. Pire encore, les industriels chinois pourraient implanter des plateformes d’assemblage industrielles de sous-ensembles fabriqués en Chine afin de bénéficier d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, puis exporter vers l’Europe sans droits de douane.
Un accord arrivé trop tard face à des attentes déçues
Le Mercosur devait également devenir un nouvel Eldorado grâce à l’essor d’une classe moyenne. Or, les deux principales économies de la zone montrent l’inverse : la progression du PIB par habitant, au Brésil comme en Argentine, connaît des à-coups, et l’envol d’une classe moyenne financièrement capable d’acheter des produits européens n’est en rien garanti. L’accord avec le Mercosur arrive trop tard. Dans un monde qui s’accélère, les négociations peuvent rapidement devenir obsolètes. C’est pourquoi les gains espérés par l’Europe, et par la France en particulier, risquent de décevoir.
Un équilibre commercial français fragile et sectorisé
Pour la France, les échanges avec le Mercosur se traduisent par un excédent moyen proche de 640 millions d’euros sur les trois dernières années, principalement porté par le solde favorable avec l’Argentine, et, dans une moindre mesure, avec le Brésil et l’Uruguay. Cette balance commerciale reste toutefois déséquilibrée entre biens non agricoles et agriculture, avec des fragilités clairement identifiées : bœuf, volaille, porc, sucre. Certes, la concurrence sera strictement encadrée par des quotas. Mais il suffit de peu pour qu’une filière déjà fragilisée vacille et soit emportée. À l’inverse, les vins, fromages et spiritueux, aujourd’hui frappés de droits de douane compris entre 25% et 35%, devraient en bénéficier. Il en va de même pour l’essentiel des produits industriels. Bruxelles estime qu’un abaissement des barrières douanières pourrait accroître le PIB de l’Union européenne de 77,6 milliards d’euros à l’horizon 2040. C’est précisément là qu’est en partie l’illusion.
La concurrence chinoise a déjà rebattu les cartes
La Chine a pris d’assaut l’Amérique latine en général, et le Mercosur en particulier : peu après son entrée à l’OMC, l’Empire du Milieu restait un fournisseur marginal, représentant à peine plus de 7% des importations de la zone. Vingt ans plus tard, cette part approche désormais le quart. La trajectoire est inverse pour l’Union européenne, qui perd progressivement du terrain. La France ne fait pas exception. Le « made in China » entre de plus en plus en concurrence avec les productions européennes sur ces marchés, qu’il s’agisse des machines et équipements, de l’électronique, des télécommunications ou de l’automobile : 90% des véhicules électriques vendus au Brésil sont chinois. Moins frontale, la concurrence se durcit également dans la pharmacie et la chimie de base. Compte tenu des écarts de compétitivité, les produits chinois resteront attractifs même si les produits européens sont exonérés de droits de douane. Pire encore, les industriels chinois pourraient implanter des plateformes d’assemblage industrielles de sous-ensembles fabriqués en Chine afin de bénéficier d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, puis exporter vers l’Europe sans droits de douane.
Un accord arrivé trop tard face à des attentes déçues
Le Mercosur devait également devenir un nouvel Eldorado grâce à l’essor d’une classe moyenne. Or, les deux principales économies de la zone montrent l’inverse : la progression du PIB par habitant, au Brésil comme en Argentine, connaît des à-coups, et l’envol d’une classe moyenne financièrement capable d’acheter des produits européens n’est en rien garanti. L’accord avec le Mercosur arrive trop tard. Dans un monde qui s’accélère, les négociations peuvent rapidement devenir obsolètes. C’est pourquoi les gains espérés par l’Europe, et par la France en particulier, risquent de décevoir.
Publié le jeudi 15 janvier 2026 .
4 min. 19
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