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Dix-neuf pour cent. C’est la part des revenus que les Français mettent de côté chaque mois. L’effort d’épargne n’a quasiment jamais été aussi intense, hors périodes de confinement. Il n’avait plus atteint de tels sommets depuis la fin des années 1970. Bien entendu, pas pour tout le monde, ni avec la même intensité, tant les inégalités sont fortes en la matière. Pour comprendre les mécanismes et transferts à l’œuvre, un détour par les rouages des circuits de l’épargne est nécessaire.
Trois usages majeurs pour l’épargne des ménages
L’épargne est un résidu : c’est la partie non consommée du revenu disponible brut, c’est-à-dire après paiement des impôts, des cotisations sociales et versement des prestations sociales. Augmentée de l’endettement nouveau net des remboursements, elle sert essentiellement à financer l’achat de logements neufs, la réalisation de gros travaux de rénovation et des placements financiers sous forme de produits de taux (dépôts à vue, Livret A, etc.) ou de produits de fonds propres (actions, assurance-vie en unités de compte, etc.). L’histoire peut se résumer ainsi : l’épargne des ménages a trois usages. Investir dans l’immobilier neuf et les gros travaux. Rembourser le capital des crédits existants. Réaliser des placements financiers.
L’épargne financière en effervescence
Côté logement-rénovation, l’effort des ménages a joué les montagnes russes ces dernières années. Après le rebond post-Covid, il s’est nettement relâché en volume, un peu moins en valeur compte tenu de la hausse des prix. Il est aujourd’hui en voie de stabilisation. Ce n’est donc pas de ce côté que se trouve l’explication. En revanche, du côté des placements financiers, l’effervescence est bien là. À quasiment 10%, le taux d’épargne financière est, hors période Covid, à son plus haut niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À tel point qu’il n’est pas extravagant de poser l’hypothèse qu’il ne reviendra jamais à ses standards d’avant la pandémie. Nous sommes bien face à un bas de laine XXL depuis 2020. Ce n’est plus la seule consommation empêchée lors de la fermeture des commerces, une épargne « par défaut » en quelque sorte, qui peut l’expliquer, d’autant que les foyers les plus modestes ont très vite été contraints de puiser dans les économies accumulées pendant la crise sanitaire pour faire face à la flambée de leurs dépenses.
Une préférence durable pour l’épargne
Non, cette préférence pour l’épargne est multifactorielle, mêlant facteurs conjoncturels, dont certains se sont atténués, et éléments plus durables :
• une concentration de la hausse des revenus en haut de l’échelle – or les plus aisés ont la propension à épargner la plus forte ;
• le retour de l’inflation, qui renforce l’épargne de précaution et nourrit la volonté de préserver la valeur réelle du patrimoine ;
• la hausse généralisée des taux d’intérêt, qui a accru les revenus du patrimoine (intérêts, loyers), davantage épargnés que les revenus d’activité ;
• la crainte sur la viabilité du système de retraite par répartition ;
• la conviction qu’un tour de vis fiscal se prépare.
Résultats, les comptes courants et les placements financiers sont abondés d’environ 10 milliards d’euros par mois, avec une bascule, clientèle plus aisée oblige, des supports les plus sûrs (comptes à vue, comptes à terme, livrets réglementés type Livret A) vers des placements plus risqués, notamment l’assurance-vie en unités de compte, dont le capital n’est pas garanti et le rendement dépend des marchés financiers. Bref, une épargne qui n’est pas près d’être libérée. Bilan : le patrimoine financier brut des Français approche 6 500 milliards d’euros, environ deux fois la dette publique. De quoi faire saliver les pouvoirs publics.
Trois usages majeurs pour l’épargne des ménages
L’épargne est un résidu : c’est la partie non consommée du revenu disponible brut, c’est-à-dire après paiement des impôts, des cotisations sociales et versement des prestations sociales. Augmentée de l’endettement nouveau net des remboursements, elle sert essentiellement à financer l’achat de logements neufs, la réalisation de gros travaux de rénovation et des placements financiers sous forme de produits de taux (dépôts à vue, Livret A, etc.) ou de produits de fonds propres (actions, assurance-vie en unités de compte, etc.). L’histoire peut se résumer ainsi : l’épargne des ménages a trois usages. Investir dans l’immobilier neuf et les gros travaux. Rembourser le capital des crédits existants. Réaliser des placements financiers.
L’épargne financière en effervescence
Côté logement-rénovation, l’effort des ménages a joué les montagnes russes ces dernières années. Après le rebond post-Covid, il s’est nettement relâché en volume, un peu moins en valeur compte tenu de la hausse des prix. Il est aujourd’hui en voie de stabilisation. Ce n’est donc pas de ce côté que se trouve l’explication. En revanche, du côté des placements financiers, l’effervescence est bien là. À quasiment 10%, le taux d’épargne financière est, hors période Covid, à son plus haut niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À tel point qu’il n’est pas extravagant de poser l’hypothèse qu’il ne reviendra jamais à ses standards d’avant la pandémie. Nous sommes bien face à un bas de laine XXL depuis 2020. Ce n’est plus la seule consommation empêchée lors de la fermeture des commerces, une épargne « par défaut » en quelque sorte, qui peut l’expliquer, d’autant que les foyers les plus modestes ont très vite été contraints de puiser dans les économies accumulées pendant la crise sanitaire pour faire face à la flambée de leurs dépenses.
Une préférence durable pour l’épargne
Non, cette préférence pour l’épargne est multifactorielle, mêlant facteurs conjoncturels, dont certains se sont atténués, et éléments plus durables :
• une concentration de la hausse des revenus en haut de l’échelle – or les plus aisés ont la propension à épargner la plus forte ;
• le retour de l’inflation, qui renforce l’épargne de précaution et nourrit la volonté de préserver la valeur réelle du patrimoine ;
• la hausse généralisée des taux d’intérêt, qui a accru les revenus du patrimoine (intérêts, loyers), davantage épargnés que les revenus d’activité ;
• la crainte sur la viabilité du système de retraite par répartition ;
• la conviction qu’un tour de vis fiscal se prépare.
Résultats, les comptes courants et les placements financiers sont abondés d’environ 10 milliards d’euros par mois, avec une bascule, clientèle plus aisée oblige, des supports les plus sûrs (comptes à vue, comptes à terme, livrets réglementés type Livret A) vers des placements plus risqués, notamment l’assurance-vie en unités de compte, dont le capital n’est pas garanti et le rendement dépend des marchés financiers. Bref, une épargne qui n’est pas près d’être libérée. Bilan : le patrimoine financier brut des Français approche 6 500 milliards d’euros, environ deux fois la dette publique. De quoi faire saliver les pouvoirs publics.
Publié le jeudi 04 décembre 2025 .
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