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La France est-elle en passe de redevenir une société d’héritiers ? La Fondation Jean Jaurès a lancé un sacré pavé dans la mare en estimant à plus de 9 000 milliards d’euros les flux successoraux cumulés entre 2025 et 2040, un transfert de richesse historique aussi appelé la « grande transmission ». Le phénomène devrait en outre s’accélérer, puisque, à la fin de cette période, les flux annuels représenteraient plus de 20% du PIB, 4 points de plus qu’actuellement.
Des faits incontestables sur la concentration des richesses
La prospective peut toujours être contestée, mais il n'y a pas de débat sur certains faits marquants des dernières années. Le premier : la remontée spectaculaire du patrimoine dans le revenu des ménages, désormais au niveau de celui du début du 20e siècle ; le second, la forte augmentation concomitante des flux successoraux dans le revenu national, indiquant que le patrimoine accumulé est largement transmis aux générations suivantes.
Il devient de moins en moins le fruit d’accumulations personnelles. Le cumul des flux hérités en représente désormais la plus grosse part, 60%, loin des 35% observés dans les années 1970. Cette tendance s’accompagne aussi d’une concentration de plus en plus marquée de la richesse. La moitié des Français les moins favorisés détient seulement 8% du patrimoine, tandis que les 10% les plus riches en possèdent près de la moitié. Ces inégalités se retrouvent aussi dans les montants hérités : 50% des individus héritent de moins de 70 000 euros, tandis que pour les 10% les plus favorisés, ce montant atteint 500 000 euros nets de droits. Parmi ce décile, le top 1% recevra en moyenne plus de 4,2 millions d’euros et les 0,1% les plus riches obtiendront environ 12,5 millions d’euros, soit 180 fois l’héritage médian. Ces écarts sont bien plus importants que ceux observés entre les revenus.
Les donations modifient les dynamiques générationnelles
L’héritage se transmet aussi différemment. L’augmentation de l’âge moyen des héritiers, liée à l’espérance de vie en hausse, ne signifie pas que les jeunes générations bénéficient moins tôt de l’héritage, car il y a aussi les donations qui permettent de transférer une partie de son patrimoine de son vivant et de bénéficier d’avantages fiscaux. Elles représentent désormais près de la moitié des transmissions, contre 10% en 1900. Près d’un ménage sur cinq reçoit une donation au cours de sa vie, souvent à 36 ans en moyenne. Si la moitié des dons sont inférieurs à 30 000 euros, environ un tiers se situent entre 30 000 et 100 000, et 19% dépassent cette somme. Ces dons jouent un rôle crucial pour l'accès à la propriété, augmentant de 20 points la probabilité de devenir propriétaire.
Une transmission qui dépasse les biens matériels
Enfin, l’héritage change de nature et a tendance à se financiariser, malgré la forte hausse de la valeur des biens immobiliers, comme l’indique l’évolution de la répartition du patrimoine brut des ménages entre actifs financiers et immobiliers. L’héritage n’est toutefois pas simplement une question de transmission de biens matériels. Dans une société où les inégalités se creusent, les familles jouent un rôle fondamental, non seulement dans la préservation du patrimoine, mais aussi dans la consolidation des positions sociales.
Des faits incontestables sur la concentration des richesses
La prospective peut toujours être contestée, mais il n'y a pas de débat sur certains faits marquants des dernières années. Le premier : la remontée spectaculaire du patrimoine dans le revenu des ménages, désormais au niveau de celui du début du 20e siècle ; le second, la forte augmentation concomitante des flux successoraux dans le revenu national, indiquant que le patrimoine accumulé est largement transmis aux générations suivantes.
Il devient de moins en moins le fruit d’accumulations personnelles. Le cumul des flux hérités en représente désormais la plus grosse part, 60%, loin des 35% observés dans les années 1970. Cette tendance s’accompagne aussi d’une concentration de plus en plus marquée de la richesse. La moitié des Français les moins favorisés détient seulement 8% du patrimoine, tandis que les 10% les plus riches en possèdent près de la moitié. Ces inégalités se retrouvent aussi dans les montants hérités : 50% des individus héritent de moins de 70 000 euros, tandis que pour les 10% les plus favorisés, ce montant atteint 500 000 euros nets de droits. Parmi ce décile, le top 1% recevra en moyenne plus de 4,2 millions d’euros et les 0,1% les plus riches obtiendront environ 12,5 millions d’euros, soit 180 fois l’héritage médian. Ces écarts sont bien plus importants que ceux observés entre les revenus.
Les donations modifient les dynamiques générationnelles
L’héritage se transmet aussi différemment. L’augmentation de l’âge moyen des héritiers, liée à l’espérance de vie en hausse, ne signifie pas que les jeunes générations bénéficient moins tôt de l’héritage, car il y a aussi les donations qui permettent de transférer une partie de son patrimoine de son vivant et de bénéficier d’avantages fiscaux. Elles représentent désormais près de la moitié des transmissions, contre 10% en 1900. Près d’un ménage sur cinq reçoit une donation au cours de sa vie, souvent à 36 ans en moyenne. Si la moitié des dons sont inférieurs à 30 000 euros, environ un tiers se situent entre 30 000 et 100 000, et 19% dépassent cette somme. Ces dons jouent un rôle crucial pour l'accès à la propriété, augmentant de 20 points la probabilité de devenir propriétaire.
Une transmission qui dépasse les biens matériels
Enfin, l’héritage change de nature et a tendance à se financiariser, malgré la forte hausse de la valeur des biens immobiliers, comme l’indique l’évolution de la répartition du patrimoine brut des ménages entre actifs financiers et immobiliers. L’héritage n’est toutefois pas simplement une question de transmission de biens matériels. Dans une société où les inégalités se creusent, les familles jouent un rôle fondamental, non seulement dans la préservation du patrimoine, mais aussi dans la consolidation des positions sociales.
Publié le jeudi 12 juin 2025 .
3 min. 24
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