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28/01/202105:02

« Le Brésil est en faillite ». Ce diagnostic, c’est celui du président brésilien Jair Bolsonaro. Au-delà du petit jeu politicien du leader populiste, ce mot fait mouche. Il entre en résonnance avec la sourde inquiétude qu’en matière de développement, rien n’est jamais acquis en Amérique latine. Historiquement, de toutes les régions émergentes, elle est celle dont la trajectoire de rattrapage est la plus chaotique et la plus réversible.


Le grand bond en arrière du PIB régional


Le contexte précrise Covid-19 était déjà celui d’une croissance économique régionale en berne depuis 2014 avec une hausse du PIB qui ne s’est pas hissée une seule fois au-dessus du seuil symbolique des 2%. Et la comparaison est douloureuse vis-à-vis des autres pays émergents, notamment asiatiques. En dehors du cas épineux du Venezuela, qui s’enfonce dans la pauvreté depuis des années, ce manque d’allant vient également de deux de trois principales locomotives : le Brésil et l’Argentine qui ont perdu pied avec un PIB en recul sur la période 2014-2019. Or, le moteur mexicain, seul, n’est pas assez puissant pour entraîner le reste du continent.


La pandémie a achevé de déstabiliser un édifice social déjà largement fissuré. D’après la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 16 millions de personnes auraient versé dans l’extrême pauvreté l’année dernière. Les projections du FMI sont, de surcroît, alarmantes. En 2022, le PIB régional serait à peine supérieur à celui de 2014. C’est une évidence, du point de vue économique et social, c’est un grand bond en arrière.


Précarité du système de santé et de l’économie


Dans la crise actuelle, il faut sérier quatre types de problèmes.


Le premier c’est celui de la précarité du système de santé. Exceptés au Brésil, les pays d’Amérique latine ont rapidement adopté les mesures préconisées par l’OMS, mais avec des résultats très décevants. Le Pérou, devenu au second semestre 2020 le pays au monde comptant le plus grand nombre de morts par million d’habitants, est emblématique de cette carence médicale. Le Chili, la Bolivie, l’Équateur, le Mexique, le Brésil, dont le président a longtemps nié l’importance de la pandémie, sont également très durement impactés avec toutes les conséquences en cascades sur l’activité. Parmi les économies régionales majeures, seule l’Argentine est en partie épargnée.


Deuxième facteur aggravant, le poids de l’économie informelle. La part de l’informel dans le marché du travail urbain s’étale de 22,4% eu Chili à plus de 51,5% au Pérou avec tout ce que cela comporte comme instabilité des revenus : absence de protection sociale et de couverture maladie… Au moindre retournement brutal de l’activité, ce sont des pans entiers de la population qui tombent sans filet de sécurité dans la précarité, voire l’extrême pauvreté, enfonçant ainsi la demande intérieure et la croissance.


Ultra-dépendance aux matières premières et aux capitaux étrangers


Troisième élément, l’ultra-dépendance aux cours des matières premières. Et pour cause, la part des exportations de produits primaires (pétrole, produits miniers et agricoles) dans le total des exportations varie entre 50 et 80% selon les pays. Les revenus issus de ces produits sont donc incontournables à l’équilibre des comptes extérieurs et publics. Et ce sont sur ces recettes que sont généralement assis les programmes sociaux. La tendance à la baisse des cours depuis le dernier pic de 2011 puis la chute brutale lors de la première vague de la pandémie ont donc donné un rude coup. D’autant plus que ces pays n’ont pas su profiter des vaches grasses des années 2000 pour diversifier leurs activités, pour se constituer des fonds souverains susceptibles de lisser les à-coups, ou pour engranger des excédents publics, ce qui a limité les réponses budgétaires des États face à la pandémie. La remontée des prix depuis le printemps dernier est certes salvatrice, mais les gains de recettes en valeur absolue demeurent limités… car les hausses de prix sont la contrepartie d’un rationnement de l’offre par les mesures sanitaires et les années de sous-investissement.


Dernier élément à prendre en compte. La dépendance aux capitaux étrangers. Des capitaux très volatiles. 52 milliards de dollars de capitaux sont ainsi sortis du Brésil d’août 2019 à juillet 2020, l’équivalent de 3,3% du PIB. L’amélioration des soldes courants des trois économies majeures, devenus excédentaires ensemble l’année dernière pour la première fois depuis 2005, semble indiquer que la pression se relâche. Et les conditions financières vues à travers le prisme des variations de change semblent s’être stabilisées, excepté en Argentine où le peso continue de se déprécier et touche le fond. Mais c’est au prix de l’écrasement de la demande intérieure, pas du redressement des exportations.


Remontée de l’inflation, assèchement des flux touristiques et des transferts de fonds des migrants… Le panorama est bien celui d’une région au bord de l’implosion, avec en perspectives une montée des tensions sociales.


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