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21/03/201604:15

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Les PME sont le moteur de la création d'emplois en France c'est évident. C’est tellement évident que personne ne va jamais vérifier ce qui n’est finalement qu’une hypothèse. Et pour cause, les PME, les TPE, sont l’angle mort de la statistique : les informations les concernant sont parcellaires, éclatées difficilement comparables dans le temps et d’un producteur de données à un autre. Bref, peu de personnes s’y piquent ! Mais revenons d’abord à la base : c’est quoi une PME ? La définition est très stricte et un décret pose très officiellement les trois critères à retenir : les effectifs, le chiffre d’affaires et le total bilan. Une PME c’est donc une entreprise qui, d’une part, emploie moins de 250 personnes et réalise, d’autre part, moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ou affiche un total bilan n’excédant pas 43 millions d’euros. Elle se différencie de la micro entreprise qui emploie, elle, moins de 10 personnes et qui a un chiffre d’affaires ou un total bilan inférieur à 2 millions d’euros.

 

La liste des catégories d’entreprises se complète, au-dessus des PME, par les entreprises de taille intermédiaires (les ETI) et se termine, tout en haut de la pyramide, par les grandes entreprises constituées des structures qui ne sont pas classées dans les catégories précédentes. La dernière photo du tissu d’entreprises français, concernant la sphère marchande non agricole date de 2012 et montre une structure où, en effet, une part importante de l’emploi salarié se situe dans les très petites entreprises. Elles rassemblent un peu moins de 3 millions de personnes. Chiffre auquel il faut ajouter les indépendants qui s’y rattache, soit 2,2 millions de personnes. Ensemble, ces deux groupes concentrent près d’un emploi sur 3. S’ajoutent les 4,2 millions de salariés travaillant dans les PME stricto sensu. PME et microentreprises, concernent finalement plus d’un emploi sur deux en France. Les ETI emploient 3,4 millions de salariés soit 20% des effectifs totaux et et les grandes entreprises 4,5 millions d’emplois soit 25% du total. S’émerveiller que près de 8 créations d’emplois sur 10 s’effectuent en dehors des grandes entreprises relève donc d’une tautologie et oublier que la contribution de chacune des catégories dépend, en grande partie, de son poids de départ dans l’ensemble !

 

Et c’est bien ce qui ressort des données de l’INSEE, sur la période 2009-2012 que couvre l’échantillon. La croissance de l’emploi n’est rien d’autre qu’à l’image de leur poids dans le total : 6 emplois sur 10 relèvent des petites structures. Sans que l’on puisse d’ailleurs dire s’il s’agit d’une vraie dynamique ou si cela provient du fait que des boites de tailles intermédiaires ont rebasculé dans le camp des PME du fait de la crise. En d’autres termes, il est abusif de faire passer sur cette base le message d’une surperformance des petites structures indépendantes, face à des géants sclérosés. Abusif et même doublement abusif. Je vais pousser l’analyse un peu plus loin maintenant et m’intéressant aux liaisons financières entre entreprises, plus concrètement leur appartenance ou pas à une multinationale ou à un groupe qu’il soit français ou étranger, et le nombre de salariés concernés sur le total. Bien entendu, les microentreprises, sont massivement indépendantes : 20% de l’emploi salarié qui s’y rattache relève donc de structures indépendantes. Mais au-delà de ce seuil, la proportion des entreprises gravitant dans le giron d’un groupe augmente : 43% des PME et 98 % des ETI. Résultat, si les PME représentent 28% de l’emploi salarié marchand en France, 16% « seulement » se rattache à des entités indépendantes. Finalement, en y intégrant les ETI et les grandes entreprises, les entreprises indépendantes représentent 37% de l’emploi salarié. En grossissant volontairement un peu le trait, l’analyse montre que près des 2/3 de l’emploi salarié marchand en France dépend de firmes multinationales, françaises ou étrangères ou de groupes nationaux.

 

Les groupes moyens et grands sont donc des acteurs décisifs de la destruction-création d’emplois. C’est le plus souvent eux qui sélectionnent et propulsent les entreprises de 50 à 500 salariés (les fameuses gazelles), en même, temps, revers de la médaille qu’ils écrèment et détruisent d’autres unités. Nous sommes loin, très loin de la caricature qui veut que seules les petites entreprises indépendantes soient à l’origine des créations d’emplois en France.

 

Alexandre Mirlicourtois, Les TPE-PME grandes créatrices d'emploi, c'est un mythe !, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Economie françaiseEmploi, salaires, travail EntrepriseETIPMEMultinationalesMicroentreprise

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