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Monoparentalité et pauvreté : un problème de femmes

Publié le jeudi 17 février 2022 . 4 min. 35

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La monoparentalité rime souvent avec pauvreté et les femmes sont en premières lignes. Pour prendre la pleine mesure de ce phénomène, il faut partir d’une première décomposition. En 2020, 8 millions de familles hébergeaient au moins un enfant :


- 66% de ces familles sont dites « traditionnelles », c’est-à-dire où tous les enfants résidant dans le logement sont ceux du couple ;
- 9% sont des familles recomposées. Dans ce cas, il y a dans le logement un couple et au moins un enfant né avant l’union ;
- et 25% (soit environ 2 millions de familles) sont monoparentales où les enfants résident avec un seul parent, sans conjoint cohabitant.


Un tiers des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté


Être parent et élever seul son ou ses enfants devient une situation de plus en plus commune alors que voici 45 ans moins de 10% des familles étaient concernées. Cette progression de la monoparentalité est la conséquence directe de l’augmentation des ruptures des couples qu’ils soient mariés ou non et dans 84% ce sont les femmes qui sont chefs de famille.


Or, c’est mathématique, dans une famille monoparentale, il y a qu’une seule source de revenus au lieu de généralement deux, ce qui entraîne instantanément une baisse du niveau de vie et les femmes sont davantage touchées financièrement par la séparation que les hommes. Les études régionales menées par l’Insee vont toutes dans le même sens et les chiffres convergent. Dans la région des Hauts-de-France par exemple, après une séparation, le niveau de vie des hommes reste stable alors que celui des femmes chute brutalement de 24% entraînant mécaniquement un bond du taux de pauvreté qui passe de 16% à 36% l’année de la séparation. Certes, leur niveau de vie remonte quelque peu dans les années suivantes, mais sans pour autant rattraper le niveau initial et le taux de pauvreté s’établit encore à 27% trois ans après la séparation, soit 11 points au-dessus du niveau de départ.


Lorsque dans un couple il existe de fortes différences de revenus entre les conjoints, celui avec les plus faibles revenus subit les pertes les plus importantes. Or, dans la majorité des couples qui se séparent, l’homme est le principal apporteur de ressources. De surcroît, la garde des enfants est un facteur augmentant la fragilité financière, un tiers des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, c’est nettement plus que dans tous les autres types de ménages. Mais au sein même de ces familles, la différence est flagrante entre homme et femme : un peu plus de 22% des pères seuls (actifs et inactifs) à la tête d’une famille monoparentale sont sous le seuil de pauvreté. Un taux qui monte à 27,9% pour les mères actives, souvent victimes de bas salaires, de temps partiels contraints, morcelés et peu rémunérés. La nécessité d’être disponible pour les enfants s’adapte difficilement avec un emploi à haute responsabilité, à haute rémunération et près d’une mère célibataire sur deux ne travaille pas à temps complet. Être sans emplois pour ces mères, c’est la quasi-certitude de tomber dans la pauvreté à près de 71%.


Des inégalités amplifiées par la problématique du logement


C’est un fait, les mécanismes de compensation (transferts privés, pensions alimentaires ou prestations sociales telles l’allocation de soutien familial) n’amortissent pas complètement le coût de la séparation et les dépenses liées à la famille. Des faibles niveaux de vie qui ont des conséquences matérielles très concrètes. Près d’un quart des familles monoparentales font face à des restrictions de consommation. C’est plus de deux fois plus que la moyenne. Ces restrictions peuvent se traduire, par exemple, par ne pas pouvoir maintenir son logement à bonne température, ou n’avoir pas pu prendre au moins un repas par jour sur les deux dernières semaines. C’est aussi l’accumulation des retards de paiement pour près de 20%, contre 8% en moyenne.


Ces inégalités sont en outre amplifiées par la problématique du logement. A priori, que l’on vive à deux avec ses enfants ou seul, la superficie du lieu de vie devrait être la même. Sauf que le revenu moyen des parents seuls est plus bas et les conditions de logements diffèrent grandement entre les types de familles. Ainsi, rares sont les familles monoparentales propriétaires. Moins de 30% contre près de 66% pour une famille traditionnelle. La séparation entraîne couramment la vente du domicile conjugal et d’après une étude menée dans les Hauts-de-France, 1 an avant de se séparer, 61% des personnes concernées étaient propriétaires ; elles ne sont plus que 37% l’année suivante, mais cet événement est plus fréquent chez les femmes. La part des femmes propriétaires diminue ainsi de moitié alors que celle des hommes ne baisse seulement que d’un quart. Les familles monoparentales logent aussi plus fréquemment que les autres dans un logement social, et, quel que soit le statut d’occupation, dans tous les cas, ces dernières sont à l’étroit : près d’un quart vivent dans un logement surpeuplé.


Sans tomber dans le misérabilisme, monoparentalité et pauvreté sont une réalité et parce que les femmes y sont plus exposées, elle constitue en elle-même une inégalité de genre.


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