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Qui sont les pauvres, combien sont-ils ? Il n’existe pas de définition unique de la pauvreté. Quatre approches coexistent, sans qu’aucune ne s’impose :
• La pauvreté absolue renvoie à l’incapacité d’un individu à couvrir ses besoins vitaux — se nourrir, se loger, se chauffer, se vêtir, se soigner. La France ne dispose pas de repère officiel en la matière, mais l’approche par privation matérielle et sociale en constitue l’équivalent le plus voisin.
• La pauvreté relative, elle, est comparative : une personne peut satisfaire ses besoins de base et être considérée comme pauvre si elle vit avec beaucoup moins que le reste de la population. Le seuil est souvent fixé en pourcentage du niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux parts égales.
• La pauvreté administrative dépend des critères d’éligibilité aux aides sociales (RSA, minimum vieillesse, etc.). Ce n’est pas une mesure statistique, mais une catégorie de bénéficiaires.
• Enfin, la pauvreté subjective repose sur le ressenti : se sentir pauvre ou, par exemple, déclarer avoir du mal à boucler les fins de mois.
Les frontières mouvantes de la pauvreté
La pauvreté relative reste privilégiée en France. Par convention, est considérée comme pauvre toute personne vivant avec moins de 60% du revenu mensuel médian, soit environ 1 300 euros pour une personne seule ou un peu plus de 3 000 pour un couple avec deux enfants.
Selon cette approche, 10 millions de pauvres sont recensés, un record. Ce seuil de 60% demeure néanmoins contesté, jugé trop élevé : aux abords de cette limite, beaucoup ne se perçoivent pas comme pauvres et ne vivent pas leur situation ainsi. Le revenu médian des ménages aidés par le Secours catholique est d’ailleurs de 565 euros, deux fois moins que ce seuil. En retenant 50% du niveau de vie médian (environ 870 euros), la France compte alors 5,5 millions de pauvres, un record aussi. En outre, ces chiffres n’incluent ni les territoires ultramarins, ni les SDF, ni celles et ceux vivant en habitat mobile (caravane, mobil-home) ou en institutions (EHPAD, résidences étudiantes). Quoi qu’il en soit, la tendance depuis vingt ans n’est pas favorable : entre 75 000 et 140 000 personnes basculent chaque année dans la pauvreté, selon le critère retenu. Toutefois, la dynamique démographique joue, puisque la population française augmente. Il faut donc raisonner en taux de pauvreté, c’est-à-dire rapporter le nombre de personnes pauvres à l’ensemble de la population. Ainsi présenté, le mouvement paraît moins marqué, notamment au seuil de 50%.
La stabilité trompeuse des données
L’évolution du nombre d’allocataires des minima sociaux reste difficile à interpréter, car elle dépend aussi du degré de générosité du système. Le total dépasse 4 millions de bénéficiaires et varie désormais peu, se maintenant dans une bande étroite comprise entre 6 et 6,5% de la population. En matière de privation matérielle ou sociale, le niveau demeure élevé en valeur absolue, mais la progression apparaît moins nette, la dégradation moins visible. De même, plus d’un ménage sur cinq dit connaître des fins de mois difficiles, un chiffre élevé mais stable. La pauvreté n’explose pas, mais elle s’est installée durablement et a progressé en vingt ans sans que la tendance ne s’inverse.
Surtout, elle a changé : on observe son rajeunissement, son urbanisation, sa « monoparentalisation » et, ce qui y est lié, sa féminisation, ainsi qu’à son développement parmi les travailleurs. Si le bilan d’un gouvernement se mesure à sa capacité à faire reculer la misère et à améliorer le quotidien des plus fragiles, alors cela fait vingt ans que tous échouent.
• La pauvreté absolue renvoie à l’incapacité d’un individu à couvrir ses besoins vitaux — se nourrir, se loger, se chauffer, se vêtir, se soigner. La France ne dispose pas de repère officiel en la matière, mais l’approche par privation matérielle et sociale en constitue l’équivalent le plus voisin.
• La pauvreté relative, elle, est comparative : une personne peut satisfaire ses besoins de base et être considérée comme pauvre si elle vit avec beaucoup moins que le reste de la population. Le seuil est souvent fixé en pourcentage du niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux parts égales.
• La pauvreté administrative dépend des critères d’éligibilité aux aides sociales (RSA, minimum vieillesse, etc.). Ce n’est pas une mesure statistique, mais une catégorie de bénéficiaires.
• Enfin, la pauvreté subjective repose sur le ressenti : se sentir pauvre ou, par exemple, déclarer avoir du mal à boucler les fins de mois.
Les frontières mouvantes de la pauvreté
La pauvreté relative reste privilégiée en France. Par convention, est considérée comme pauvre toute personne vivant avec moins de 60% du revenu mensuel médian, soit environ 1 300 euros pour une personne seule ou un peu plus de 3 000 pour un couple avec deux enfants.
Selon cette approche, 10 millions de pauvres sont recensés, un record. Ce seuil de 60% demeure néanmoins contesté, jugé trop élevé : aux abords de cette limite, beaucoup ne se perçoivent pas comme pauvres et ne vivent pas leur situation ainsi. Le revenu médian des ménages aidés par le Secours catholique est d’ailleurs de 565 euros, deux fois moins que ce seuil. En retenant 50% du niveau de vie médian (environ 870 euros), la France compte alors 5,5 millions de pauvres, un record aussi. En outre, ces chiffres n’incluent ni les territoires ultramarins, ni les SDF, ni celles et ceux vivant en habitat mobile (caravane, mobil-home) ou en institutions (EHPAD, résidences étudiantes). Quoi qu’il en soit, la tendance depuis vingt ans n’est pas favorable : entre 75 000 et 140 000 personnes basculent chaque année dans la pauvreté, selon le critère retenu. Toutefois, la dynamique démographique joue, puisque la population française augmente. Il faut donc raisonner en taux de pauvreté, c’est-à-dire rapporter le nombre de personnes pauvres à l’ensemble de la population. Ainsi présenté, le mouvement paraît moins marqué, notamment au seuil de 50%.
La stabilité trompeuse des données
L’évolution du nombre d’allocataires des minima sociaux reste difficile à interpréter, car elle dépend aussi du degré de générosité du système. Le total dépasse 4 millions de bénéficiaires et varie désormais peu, se maintenant dans une bande étroite comprise entre 6 et 6,5% de la population. En matière de privation matérielle ou sociale, le niveau demeure élevé en valeur absolue, mais la progression apparaît moins nette, la dégradation moins visible. De même, plus d’un ménage sur cinq dit connaître des fins de mois difficiles, un chiffre élevé mais stable. La pauvreté n’explose pas, mais elle s’est installée durablement et a progressé en vingt ans sans que la tendance ne s’inverse.
Surtout, elle a changé : on observe son rajeunissement, son urbanisation, sa « monoparentalisation » et, ce qui y est lié, sa féminisation, ainsi qu’à son développement parmi les travailleurs. Si le bilan d’un gouvernement se mesure à sa capacité à faire reculer la misère et à améliorer le quotidien des plus fragiles, alors cela fait vingt ans que tous échouent.
Publié le vendredi 05 décembre 2025 .
4 min. 18
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