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27/08/201503:52

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Coup d’arrêt des ventes de Volkswagen en Chine puis, au milieu de l’été, révision à la baisse des prévisions de la fédération VDMA de la construction mécanique et de l’ingénierie allemande qui anticipe désormais, au mieux, une stagnation de la production du secteur pour 2015. Décidément quelque chose ne tourne plus rond de l’autre côté du Rhin. Simple coup de mou ou malaise plus profond de l’industrie allemande ? L’évolution de la production manufacturière donne un premier indice. Sa remontée, sans anicroche jusqu’au milieu de 2011, a des ratés depuis et sa progression est devenue bien plus poussive.  Production poussive,  capacité de production manufacturière qui plafonne à partir de 2012, voire qui recule depuis 2013, loin d’être un épiphénomène, les couacs de l’industrie allemande s’inscrivent dans ce qui ressemble de plus en plus à un mouvement de fond et la véritable cassure a eu lieu entre 2011 et 2012.  Une piste vient alors immédiatement à l’esprit, celle d’un accès de faiblesse général du commerce extérieur allemand avec un affaissement des demandes venant des émergents (en toile de fond les coups de frein en Chine et les reculs du PIB en Russie et au Brésil) cumulée à une recrudescence de la concurrence du Sud de l’Europe, notamment de l’Espagne. Tout cela est vrai mais l’Allemagne s’est redéployée ailleurs. C’est ce que montre l’évolution de ses exportations en volume. Bien entendu, la grande récession puis la crise à rechutes dans la zone euro ont pesé et fait plafonner les exports. Mais la tendance est de nouveau à l’accélération. Côté importations, on n’observe aucun raz de marée des produits venus d’ailleurs et si la dynamique des imports a été un temps légèrement supérieur à celle des exportations, la parenthèse s’est vite refermée. A l’évidence, la piste extérieure n’est pas la bonne. Reste donc à examiner celle de la demande domestique. Un indice. Le redressement de l’investissement en machines et équipements est très chaotique. L’agenda est le même que pour la production manufacturière : la reprise s’interrompt brutalement courant 2011 et ne parvient pas à se réenclencher après. Finalement, en niveau, l’investissement productif reste aujourd’hui inférieur de près de 10% à son pic de la fin 2007. De fait, depuis 4 ans environ, le partage des revenus se déforme au détriment des profits. Avec le plein emploi, le rapport de forces entre syndicats représentatifs des salariés et entreprises a basculé à l’avantage des premiers et les salaires augmentent maintenant plus rapidement que la productivité. La faiblesse de l’inflation, joue également un rôle central dans l’accélération des salaires réels et la compression des chiffres d’affaire. Et là aussi, l’agenda semble correspondre : tout se joue en effet autour de 2012. Le maintien de la compétitivité s’est fait au détriment de la profitabilité. Il est donc normal d’observer un recul de l’investissement des entreprises en Allemagne. Une Allemagne de moins en moins séduisante pour les investisseurs étrangers, les flux entrants se sont taris, à peine plus de 10 milliards d’euros en mai dernier en cumul sur 12 mois, quand ils naviguaient sur une moyenne  de 44 milliards au cours des 10 dernières années. Simultanément, les flux sortants ont eu tendance à gonfler. Il s’agit donc bien d’un transfert des investissements dans les pays plus attractifs. L’Allemagne ne souffre donc pas d’un problème ponctuel externe mais bien d’un problème structurel, lié au rééquilibrage de son modèle de croissance plus favorable à la consommation.

 

Alexandre Mirlicourtois, Stagnation de l’industrie allemande : un problème intérieur, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Europe / Zone euroIndustrieSalaireCompétitivitéAllemagneIndustrie allemandeProfit

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