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La transition écologique est devenue un levier stratégique majeur pour les puissances industrielles. Derrière les discours sur le climat, ce sont trois projets économiques, industriels et géopolitiques distincts qui s’affrontent.
- Aux États-Unis, l’Inflation Reduction Act (IRA) vise à relocaliser les chaînes de valeur industrielles, même si Trump remet en cause ce plan.
- En Chine, le 14e Plan quinquennal souhaite structurer une hégémonie technologique sur les biens clés de la transition écologique.

Deux modèles, deux visions de la souveraineté industrielle.

Adoptée en août 2022, l’Inflation Reduction Act constituait la pièce maîtresse de la stratégie climatique et industrielle de l’administration Biden. Elle mobilise plus de 370 milliards de dollars sur 10 ans pour développer la production nationale d’équipements et de technologies bas carbone : batteries, panneaux solaires, véhicules électriques, pompes à chaleur, hydrogène bas-carbone, etc.

L’objectif est double :
• Réduire les émissions américaines de 40 % d’ici 2030 (par rapport à 2005)
• Réindustrialiser les territoires désindustrialisés en attirant des investissements privés

Le levier principal est fiscal : des crédits d’impôt, parfois cumulables, sont accordés à condition de produire sur le sol américain, ou de respecter des critères de contenu local. Cette approche est aussi protectionniste avec des clauses locales et des aides ciblées.

Selon Rhodium group, les investissements trimestriels dans les industries de la transition écologique ont plus que triplé, passant de 2,5 milliards de dollars au troisième trimestre 2022 à 14 milliards de dollars au premier trimestre 2025. Depuis la promulgation de la loi le 16 août 2022, les entreprises ont annoncé la création de 380 sites de fabrication de technologies propres, dont près de la moitié étaient opérationnels au 31 mars 2025.

Il est fortement critiqué par Donald Trump comme une dépense démesurée, favorisant des industries « non rentables » au détriment des énergies fossiles. Toutefois, il a permis d’engager une vraie dynamique qui devrait se maintenir.

De son côté, la Chine n’a pas attendu l’IRA pour prendre l’ascendant industriel sur les technologies vertes. Dès le début des années 2010, elle a intégré dans ses politiques industrielles une vision stratégique de la transition énergétique en ambitionnant de devenir une civilisation écologique. Le 14e Plan quinquennal (2021-2025) confirme cet engagement, avec l’objectif d’atteindre un pic d’émissions vers 2030 et la neutralité carbone en 2060.

La stratégie chinoise repose sur trois piliers :
• Un soutien massif aux champions nationaux (BYD, CATL, LONGi…)
• Le contrôle des ressources critiques (graphite, terres rares, lithium) avec l’appui des Nouvelles routes de la Soie
• Un écosystème intégré : de l’extraction des minerais à la fabrication d’équipements

Résultat : la Chine représente aujourd’hui :
• Plus de 80 % de la production mondiale de cellules photovoltaïques
• 77 % de la capacité mondiale de production de batteries lithium
• Une avance dans la fabrication d’électrolyseurs pour l’hydrogène

Contrairement aux États-Unis ou à l’Europe, la Chine contrôle non seulement l’amont industriel (ressources), mais aussi les technologies et les marchés. Elle exporte désormais ses standards et ses équipements dans les pays du Sud, tout en verrouillant la dépendance des autres puissances.


Publié le mardi 07 octobre 2025 . 3 min. 39

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