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Le crowdfunding : la finance participative

Publié le mardi 5 mars 2013 . 3 min. 48

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Xerfi Canal présente l'analyse de Jean-Baptiste Bellon, directeur de Trapeza et conseiller auprès de Xerfi

Il y a des aspects positifs dans la crise financière. Par exemple, l'obligation d'inventer de nouvelles méthodes de travail pour remplacer celles à l'origine des difficultés. Le financement participatif fait partie de ces nouveaux modèles.
Financement participatif, aussi connu sous le terme anglais de crowdfunding. Ce qui signifie littéralement «  financement par la foule ».  Son principe : mettre en relation une personne qui a une idée avec des personnes disposant de ressources financières prêtes à concrétiser cette idée.  Les premiers projets ainsi financés ont vu le jour au milieu des années 2000, dans le sillage de la généralisation de l'internet. Notons aussi qu'il s'est développé en dehors des circuits et des acteurs traditionnels.
Vous avez sans doute entendu parler de disques, de films, de livres ou de reportages engendrés grâce au financement participatif. C'est une conséquence de son succès grandissant. Selon les sources de marché, les financements réunis par ces canaux auraient atteint près de 5Mds€ en 2012. C'est aux Etats-Unis que le financement participatif a le mieux percé, puisque la moitié de ses 5 milliards sont des fonds américains.
Il existe deux modèles très différents : premièrement, un modèle de coproducteurs. Celui-ci s'inspire du fonctionnement classique mais bénéficie de la souplesse et de la flexibilité de l'outil internet. Quant au deuxième modèle, on pourrait le qualifier de modèle de coauteurs. Ce modèle offre une véritable alternative aux fonctionnements traditionnels.
Dans le monde de la finance, ce modèle créatif est assez marginal.  Citons toutefois les lancements de monnaies locales, comme la muse' d'Angers ou la sardine' de Concarneau. Mais il n'y a pas tellement d'autres exemples... Par contre, en ce qui concerne l'autre modèle, celui de coproducteurs, il se développe de manière plus visible. C'est par exemple un fonds d'investissements dans le PME. Ou encore un système de mise en relation des capacités d'épargne avec les besoins de crédits des particuliers.
Ces deux modèles ont un principe en commun : de se débarrasser du vieux monde' c'est-à-dire l'intermédiation classique des banques et des assurances. Ce circuit, plus direct, est donc moins cher. En effet, une partie des fonctions réalisées auparavant par les intermédiaires classiques est désormais pris en charge par les participants. On peut presque dire que le financement participatif est un mode de financement low-cost. 
Mais la question du coût n'est pas son seul avantage. Le financement participatif permet aussi de diffuser l'esprit d'entrepreneur. Une personne qui va investir ne serait-ce qu'une petite somme dans une petite entreprise prend en effet un risque pour un projet auquel il croit. C'est la démocratisation d'un rôle qui jusque là n'était accessible qu'aux plus fortunés, ou plutôt aux professionnels de l'investissement. 
D'ailleurs l'amateurisme (entre guillemets) de cette foule qui finance a suscité des inquiétudes aux Etats-Unis. Des résistances se sont par exemple élevées à ce sujet lors de l'adoption des règles du plan JOBS – Jump start our Business Startup - . Un manque de suivi et de vigilance sur la qualité des données peut en effet rapidement tourner au drame en lésant des investisseurs naïfs.
Pour ce qui est des financements, dit « de pair à pair » (peer to peer), l'avantage principal est d'éviter de passer par la case frais bancaires'. Pourquoi payer des banques pour réaliser exactement ce qu'elles font, c'est-à-dire de mettre face à face de l'épargne et crédits ?
Le marché du financement participatif est aujourd'hui bien visible dans les pays anglo-saxons. Des noms comme Lending Club et Prosper aux E-U, ou Zopa en GB, ont émergé.  Les médias ont notamment beaucoup évoqué l'arrivée au Conseil d'administration de Lending Club de John Mack, l'ancien patron de Morgan Stanley.
En France, on recense une dizaine d'acteurs. Leurs lancements sont bien plus récents. Ils doivent d'ailleurs encore obtenir un agrément du superviseur bancaire.  La croissance du secteur est néanmoins indéniable. Un établissement français, Prêt d'Union, a ainsi prêté plus de 10M€ en 2012, sa première année d'activité. Pour 2013, il vise plus de 30M€.
Alors jusqu'où peut aller la croissance du secteur ? Eh bien il n'est pas certain que son potentiel soit si large que cela. En effet, le financement participatif implique une fonction d'analyse du risque de crédit. Certes, les plateformes filtrent les demandes de crédits mais ce n'est qu'une partie de la tâche. Ces plateformes semblent plutôt avoir une autre vocation : se transformer en outils coopératifs' avec les banques. C'est-à-dire offrir la souplesse de leurs outils à des réseaux qui recherchent l'amélioration du traitement des risques.

Jean-Baptiste Bellon, Le crowdfunding : la finance participative, une vidéo Xerfi Canal

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