Connexion
Accédez à votre espace personnel
Recevez nos dernières vidéos et actualités quotidiennementInscrivez-vous à notre newsletter
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégies & Management A propos du management Parole d'auteur
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Ça bouge dans le secteur bancaire européen ! La deuxième banque allemande, Commerzbank, serait convoitée par l’italienne UniCredit et par le Crédit Agricole. Le nom de BNP Paribas a également été cité. Ce serait un véritable tournant vers des oligopoles bancaires à dimension européenne. Certes, il y a déjà eu une vague d’acquisition juste après la crise, mais malgré tout, cela reste plutôt « chacun domine chez soi » en Europe : BNP Paribas, Société générale et autres Crédit Agricole sur le marché français. Tout comme ING et Rabobank au Pays-Bas, Deutsche Bank et Commerzbank en Allemagne, ou Santander et BBVA en Espagne.


Alors pourquoi cette nouvelle offensive vers des banques paneuropéennes ? A vrai dire, ces dernières années, les banques avaient d’autres chats à fouetter. Après la crise de 2008, le régulateur leur a intimé l’ordre d’augmenter leurs fonds propres et de réduire la taille de leur bilan. Ce processus touchant presque à sa fin, les banques les plus robustes ciblent désormais comme des proies celles qui sont encore convalescentes, comme Commerzbank.


En fait, cela fait longtemps que l’on évoque la constitution de grandes banques paneuropéennes. D’abord parce que le secteur souffre d’un manque de rentabilité chronique. Jugez plutôt : en 2016, la rentabilité des fonds propres des banques de la zone euro était de 3 % en moyenne, contre 8 % pour les banques américaines, pourtant très régionalisées. Cela s’explique notamment par l’activité de banque de détail où les géants bancaires européens sont en situation de surcapacité. On compte en effet de nombreuses banques mutualistes sur le vieux continent. Ces banques, souvent très robustes, ont maillé le territoire d’une pléthore d’agences bancaires. Mais en ces temps de digitalisation et d’automatisation, ces réseaux physiques sont trop coûteux, et obsolètes.


A ce contexte, il faut aussi ajouter que l’environnement de taux bas compresse les marges. Elargir son marché au plan géographique devient donc un axe stratégique majeur. En se rapprochant, les banques européennes pourraient réaliser des économies d’échelle et des synergies : à la fois dans la production, mais aussi dans la distribution ; où les investissements dans la digitalisation coûtent cher. Elles tireraient parti de leur modèle dit « universel » pour proposer tous les services bancaires : du prêt à la consommation pour les ménages, à la couverture de risques sur les marchés financiers pour les entreprises. L’exemple de Commerzbank est d’ailleurs révélateur puisque c’est son activité d’accompagnement des PME et des ETI allemandes qui suscite les convoitises : ces entreprises sont prêtes à payer des services financiers pour exporter, se développer à l’international, ou s’introduire en bourse.


Il faut enfin insister sur le rôle du digital qui casse certaines barrières. Ainsi, les fintech qui ont encore un poids très marginal dans la finance européenne, proposent des services transfrontaliers et déjà centralisés grâce aux systèmes informatiques et digitaux. Ce qui est loin d’être le cas des banques. Hormis la carte bancaire, peu de services financiers sont harmonisés en Europe. Un exemple très simple : le crédit immobilier à taux fixe à la française n’a rien à voir avec le crédit à taux variable espagnol, ou le prêt hypothécaire néerlandais! Cette dispersion des produits bancaires était jusqu’ici un vrai frein.


Vous l’aurez compris, une nouvelle vague de concentration avec un impact radical sur le paysage bancaire européen devient donc probable. Une concentration qui est d’ailleurs encouragée par la BCE. Le régulateur considère que la zone euro a besoin de grandes banques capables de diversifier leurs risques au sein du marché unique. Mais c’est là tout le paradoxe de son discours. Car il ne faudrait pas trop renforcer la taille de ces monstres bancaires déjà « too big to fail ». En cas de défaillance de l’un de ces géants, c’est toute l’économie européenne qui serait à genoux…

 

Mathias Thépot, Vers des méga-fusions de banques européennes, une vidéo Xerfi Canal Economie.


Publié le mardi 7 novembre 2017 . 4 min. 20

x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Saisissez votre adresse-mail, nous vous enverrons un lien pour définir un nouveau mot de passe.
Adresse e-mail :