Un rapport de l’Académie des sciences a montré que, alors qu’aujourd’hui quasiment 50% des doctorats sont délivrés à des femmes, ces dernières ne représentent que 24% des postes de grade A du milieu académique, correspondant par exemple aux postes de professeur·es des universités. Par ailleurs, ces moyennes cachent de fortes disparités selon les disciplines. Par exemple, 24% des doctorats en mathématiques sont délivrés à des femmes, contre 59% en biologie, médecine et santé.
Autrement dit, nous sommes face à deux difficultés. Tout d’abord, la ségrégation genrée des filières et des disciplines scientifiques, c’est-à-dire le fait qu’il y a des disciplines féminisées, d’autres très masculinisées, et ensuite, le plafond de verre du milieu académique, c’est-à-dire la progressive disparition des femmes au fur et à mesure que l’on monte dans les échelons de la carrière académique.
Sur le premier sujet, il faut souligner l’effet des stéréotypes de genre, qui jouent sur les choix d’orientation des élèves mais aussi les conseils d’orientation qui leur sont donnés par leurs parents ou le personnel enseignant. De fait, si l’on s’intéresse à ce qui se passe à l’université depuis la licence, on constate que les jeunes femmes ne représentent que 32% des étudiant·es en « sciences fondamentales et applications » à l’université. Ces stéréotypes peuvent engendrer ce que l’on appelle la « menace du stéréotype », renvoyant aux situations dans lesquelles un individu, ayant peur de faire l’objet de stéréotypes négatifs du fait de son appartenance à un groupe, voit sa performance diminuer. Ainsi, lutter contre le premier problème suppose de s’attaquer aux stéréotypes, et ce dès le plus jeune âge.
Sur le second sujet, il faut souligner que la manière dont les carrières universitaires sont pensées n’est pas forcément compatible avec la manière dont les femmes sont socialisées dès le plus jeune âge. On peut citer par exemple le très fort accent mis sur une activité fortement concurrentielle, la recherche ; la nécessité d’une très grande souplesse, par exemple géographique, en début de carrière et pour accéder à un poste de professeur·e des universités ; ou encore la nécessité d’un très fort investissement personnel, débordant le plus souvent sur la vie personnelle…
Finalement, œuvrer en faveur de l’inclusion des femmes dans les sciences suppose à la fois de lutter contre la ségrégation genrée des disciplines, via le travail sur les stéréotypes de genre, mais aussi de repenser le système de carrière et les critères de réussite.
Publié le vendredi 28 mars 2025 .
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de Clotilde Coron
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