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ACCUEIL STRATÉGIE & MANAGEMENT Notes de lecture Dominateurs et arrogants : la...
19/02/201803:52

Avez-vous déjà participé à un séminaire spécialisé en leadership ? Pour Jeffrey Pfeffer, auteur de Leadership BS et professeur à l’Université de Stanford, peu importe que votre réponse soit positive ou négative. Car ces formations ne servent à rien. La preuve en est selon lui que, ce qu’il nomme "l’industrie du leadership" continue de se porter à merveille tandis que les leaders, eux, sont toujours aussi mauvais et insatisfaits à l’égard d’eux-mêmes.


La raison de toute cette affaire ? Pour Pfeffer, il ne fait aucun doute que ces séminaires délivrent une série de mensonges. Ils recommandent aux participants d’être modestes, authentiques, coopératifs, de générer de la confiance, alors qu’hélas il faut se rendre à l’évidence : les vrais leaders font exactement l’inverse de tout cela. Non, les grandes entreprises ne sont pas dirigées par des gens humbles et altruistes, et quelqu'un que personne ne remarque a peu de chances d’être sélectionné pour un job important.


D’où le rôle du marketing, explique Pfeiffer, pour faire carrière et mieux se faire connaître. Pour obtenir un meilleur statut social et une plus grande influence, il est nécessaire non pas d’avoir confiance en soi, mais d’être overconfident, c’est-à-dire très sûr de soi. Et non seulement cela, mais il faut encore de l’énergie à revendre, du charisme et un certain esprit de supériorité ainsi que le garantit la synthèse de 187 études consacrées à cette question.


En bref, les professeurs de leadership font fausse route. Ils oublient de prendre en compte la tension qui existe toujours au sein d’un groupe social entre les intérêts individuels et la maximisation du bien-être du groupe. Dans la vraie vie, Pfeiffer nous assure que les dirigeants, contrairement aux prescriptions fantasmées du leadership "servant" qui s’est développé ici ou là, "eat first". C’est-à-dire qu’ils se servent toujours en premier. La soif de dominer des leaders est inextinguible, la jouissance du pouvoir est la règle. Et Pfeiffer de citer pour illustrer tout cela les colères homériques de Larry Ellison, le CEO d’Oracle, et son approche du management fondée sur les règles médiévales utilisées en leur temps par les samouraïs.


S’il voulait tourner en ridicule le système managérial américain, l’auteur ne s’y prendrait pas autrement. Certes le désir de domination inspire de nombreux dirigeants. Que parfois les prétendus leaders fassent le contraire ce qu’ils prétendent faire, souvent par faiblesse d’ailleurs, l’akrasie comme disaient les Grecs anciens, qui pourrait en disconvenir ? Blaise Pascal en son temps le prétendait déjà lorsqu’il écrivait que "les discours d'humilité sont matière d'orgueil aux gens glorieux". Or, ajoutait-il, peu "parlent de l'humilité humblement, peu de la chasteté chastement, peu du pyrrhonisme en doutant".


Mais visiblement incapable de faire une nette distinction entre un jugement de fait et un jugement de valeur, notre auteur américain, en admirateur éperdu des thèses d’Ayn Rand sur la passion de l’égoïsme rationnel, fonctionne comme si l’aspect éthique n’avait pas d’importance. L’honnêteté à l’égard de soi-même, le souci d’autrui et la générosité en matière de leadership c’est du pipeau, du "bullshit", nous avertit Pfeiffer.


A cela nous pourrions toutefois rétorquer que jamais autant que maintenant les jeunes diplômés n’ont été en quête de sens, toutes les enquêtes récentes le montrent, et que le désir de collaborer est fondamental en ce qu’il est, pour employer une image proposée par Yuval Noah Harrari, ce qui a permis aux hommes de visiter la lune tandis que les chimpanzés se consacrent à lancer des pierres dans des zoos.


De cela les futurs leaders ne peuvent que tenir compte. Car comme l’indiquait justement le danois Sören Kierkegaard dans une courte note : "c’est seulement quand on est assez habile pour vouloir construire un système sans y introduire l’éthique que tout marche bien, que l’on possède un système où l’on a tout, tout le reste, et où l’on a omis la seule chose nécessaire".


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Mots clés : ManagementIdées & débatsFormationMarketingLeadershipManagersLeader

Leadership BS: Fixing Workplaces and Careers One Truth at a Time

Leadership BS: Fixing Workplaces and Careers One Truth at a Time

Auteur : Jeffrey Pfeffer
Date de parution : 15/09/2015
Éditeur : HarperBusiness
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