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L'impératif de la constitution d'une Europe puissance

Publié le jeudi 18 avril 2024 . 6 min. 12

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Vidéo réalisée en partenariat avec le Printemps de l’économie 2024 « Quelle Europe dans un monde fragmenté ? »

Les promesses non tenues


En 2000 le projet de l’Union Européenne était de faire advenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ». Cette promesse n’a pas été tenue : le vieux continent est toujours en retard dans le numérique, il peine à organiser la transition énergétique et les techniques contribuant à la dé-carbonisation des activités sont le plus souvent importées de Chine. La croissance est atone et les crises successives ont creusé les déficits publics. De ce fait, une couverture sociale étendue, caractéristique des capitalismes européens, est de plus en plus difficile à soutenir. Les réformes sont d’autant plus douloureuses qu’une partie de la population s’est paupérisée. Elle se tourne vers les partis populistes peu favorables à la poursuite de la délégation de la souveraineté nationale aux institutions bruxelloises.


La défense de l’euro : nécessaire mais pas suffisante


Cet échec s’explique : toutes, ou presque,  les énergies se sont concentrées sur les politiques visant à surmonter les multiples difficultés rencontrées par l’établissement de l’euro. La monnaie commune a survécu à la grande crise financière de 2008 puis celle des dettes publiques de 2012 au point de faire l’objet en 2024 d’une quasi-unanimité. Pour autant la constitution d’un grand marché européen n’a pas renouvelé les rendements d’échelle attendus qui auraient permis un redressement des gains de productivité. La concurrence libre et non-faussée n’a pas fait émerger l’équivalent des GAFAM américains ou de leurs concurrents chinois. La faiblesse d’une politique industrielle commune se fait cruellement sentir. Lors des sommets européens, se sont affrontées des conceptions contradictoires concernant le devenir de l’Europe : simple espace de libre échange ou progressive constitution d’un gouvernement économique de l’UE ? La Commission et le Parlement Européens n’avaient pas le pouvoir de surmonter ce dilemme. En quelque sorte, les oppositions politiques suscitées par la gestion de l’euro ont relégué au second plan la réponse de l’Europe au fractionnement de l’économie mondiale. De fait, l’Europe est prise en tenailles entre le protectionnisme des Etats-Unis et la montée en puissance des exportations chinoises. Leur rivalité systémique s’est transformée en une guerre économique ouverte à laquelle l’Europe n’est pas préparée.


Le temps de l’Europe puissance


Déjà, l’irruption de la pandémie avait fait ressortir l’extrême dépendance productive de l’UE. La prise de conscience du changement climatique conduit à l’édiction de multiples normes favorisant l’économie verte, sans pour autant susciter l’émergence d’entreprises capables de les satisfaire puisque nombre d’équipements (batteries, éoliennes…) ne sont pas produits en Europe. L’invasion de l’Ukraine par la Russie fait brusquement ressortir l’impréparation du vieux continent en matière de transition énergétique. Surtout l’absence d’une défense commune, de fait déléguée à l’Otan, menace l’existence même de l’UE.
Répondre à ces faiblesses est un objectif commun à tous les membres de l’UE au-delà des oppositions doctrinales. Il est donc essentiel que les initiatives du type Nouvelle Génération se multiplient en réponse à trois questions. D’abord la constitution d’industries d’armement serait un premier pas en direction d’une politique industrielle menée au niveau européen. Relever la croissance potentielle de l’Europe deviendrait possible. Ensuite, face à l’ampleur des investissements liés à la transition énergétique, la dépense publique pourrait devenir l’un des catalyseurs des investissements privés, ce qui nécessite l’émergence d’une fiscalité européenne. Enfin, actualiser la protection sociale au sein des pays et affirmer leur solidarité politique- au-delà de leur mise en concurrence- sont devenus deux conditions nécessaires à la poursuite de l’intégration européenne. Le basculement de préoccupations essentiellement économiques vers des d’objectifs géopolitiques  vitaux impose la constitution d’une Europe puissance. 


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