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https://player.vimeo.com/video/453631696?autoplay=1 Ghislain-Deslandes-La-fabrique-du-cretin-digital-306347308.jpg
30/09/202004:13

Et si le temps que nous passons à regarder des séries télévisuelles ou à consulter Instagram réduisaient notre espérance de vie sur terre ? Non du fait de la qualité plus ou moins bonne de ce nous regardons, mais du fait que ces activités réduisent la multiplicité de nos activités physiques et occasionneraient donc de la prise de poids, un sommeil modifié, et des problèmes cardio-vasculaires associés.


« En moyenne, chaque heure passée à regarder la télévision après 25 ans rédui(rait) l’espérance de vie du spectateur de 21,8 minutes ». Voilà les résultats d’une étude que cite Michel Desmurget dans son ouvrage intitulé La fabrique du crétin digital, destiné à nous faire prendre conscience des risques de l’augmentation effrénée de notre degré de sédentarité, physique et mentale, dû à nos addictions aux écrans.


Cet ouvrage se présente comme un « anti petite poucette », du nom de ce livre publié par Michel Serres, et déjà discuté sur ce plateau, qui était censé modérer nos inquiétudes sur l’intense relation de nos enfants aux écrans. Hélas les chiffres sont là nous prévient l’auteur de cette étude instruite et pourtant accessible : « entre 13 et 18 ans… la consommation quotidienne de numérique atteint 6h40. Est-il besoin, se demande-t-il, de préciser à quel point ce chiffre s’avère stratosphérique ? Il équivaut à un quart de journée et 40% du temps normal de veille. Cumulé sur un an, cela représente plus de 24000 heures, 100 jours, 2,5 années scolaires ».


Pour nous qui sortons d’un confinement durant lequel l’appel des écrans s’est fait plus que jamais sentir, faisant exploser les statistiques de consultation, devons-nous nous inquiéter à ce point de ce qui peut s’apparenter à une décérébration des digital natives ? Ou devons-nous plutôt nous tranquilliser en écoutant les éditeurs du jeu Super Mario nous dire que son utilisation favorise la « réflexion stratégique » des enfants et corolairement leur rapidité de pensée ? Ou même croire les études américaines qui tendent à montrer que le succès des jeux vidéos se développe à mesure que baisse la criminalité dans la cité ?


Toutefois, indique ici ce docteur en neurosciences directeur de recherche à l’Inserm, nous aurions tort de nous enthousiasmer trop vite. Les enfants qui utilisent Whatsapp pour envoyer des nouvelles à leurs grands-parents, font un peu penser à Dora l’Exploratrice (p. 179) qu’on imagine polyglotte parce qu’elle connaît deux ou trois mots d’espagnol ou d’anglais. Quant aux utilisateurs de Super Mario, hélas pas de transfert dans la vie de tous les jours : « jouer à Super Mario nous apprend principalement à jouer à Super Mario. » (p. 53). Quant à la baisse du taux de criminalité, il y a là une illusion de causalité caractérisée que dénonce l’auteur avec véhémence, la corrélation étant ici complètement factice.


En bref, pour ce chercheur les écrans récréatifs ont une influence objective et mesurable qui n’est pas sans danger sanitaire, affectif et cérébral pour le futur des générations post-digitales. Ils représentent aussi un risque majeur au niveau de la société du fait de « l’Effet Matthieu », du nom de l’évangéliste, pour qui « on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a. ». Dans les termes de l’auteur cela donne ceci : « la nature cumulative du savoir conduit mécaniquement à un accroissement progressif des retards initiaux. » (p. 217). Analyse qui explique sans doute pourquoi, dans la Silicon Valley, les écoles sans écrans ont tant de succès.


On suivra donc ici l’auteur, dont l’ouvrage mérite sans doute la mention Speciale du Prix Femina Essai qu’il a obtenu l’an dernier, mais jusqu’à un certain point seulement : oui les risques de sous-stimulation intellectuelle et de manque de concentration des enfants sont avérés et problématiques. Oui quelques règles de vie élémentaires pour limiter le temps d’écrans ne seraient pas de trop.


Mais reconnaissons aussi que nous ne savons pas très bien en quoi la future génération sera moins « brillante », entre guillemets, que la précédente. A quel moment de notre histoire avons-nous été suffisamment intelligents pour certifier que les générations post-digitales le seront moins que nous ? Laissons plutôt à celles et ceux qui viennent une chance de transformer positivement le monde que nous leur laisserons. Sans juger trop vite un résultat que nul d’entre nous ne connait à l’avance.


Réf.

Desmurget, M. (2019). La fabrique du crétin digital. Paris : Seuil.


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La fabrique du crétin digital

La fabrique du crétin digital

Auteur : Michel Desmurget
Date de parution : 29/08/2019
Éditeur : Seuil
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