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06/11/201404:12

Comment faire face à des situations de crise ou de déclin ? Relire l’ouvrage "Exit, voice, loyalty" publié par l’économiste Albert O. Hirschman en 1970 aux presses de Princeton est d’un grand secours. Un livre majeur qui n’a pas pris une ride.

 

Pour prendre une image, on pourrait dire que quand l’iceberg s’annonce sur la route du Titanic, l'Exit consiste à être obsédé par le fait de trouver le meilleur canot de sauvetage. La « Voice », elle, consiste à pointer le risque du drame si rien ne change, et à tenter de dévier le paquebot de sa route mortelle. Quant à la loyauté, elle est le lot de celles et ceux qui, de gré ou de force, restent à bord.

 

L'ouvrage n'a pas pris une ride. Il offre une grille de lecture d'une puissance inégalée. Jugeons sur le cas de cette crise financière qui dure depuis maintenant 7 ans.

 

Entre 2002 à 2007, de nombreuses voix se sont élevées pour pointer les dangers d'une financiarisation excessive de l'économie, et par-delà des stratégies des entreprises.

 

Dans un livre d’entretiens publié avec Philippe Manière et titré : « ils vont tuer le capitalisme » - Claude Bébéar expliquait comment, à l’heure de la globalisation marchande et financière, la collusion et les conflits d'intérêt entre les banquiers d’affaires, les sociétés de conseil, les directions générales des grandes entreprises créaient les conditions d'une hyper-rentabilité des capitaux investis insoutenable, au profit de quelques-uns.

 

Alors que nombre de commentateurs considèrent que personne n’a vu venir la crise, voilà qui a le mérite de rendre justice aux voix de certains capitaines que personne n'aura d'abord voulu entendre.

 

Que s'est-il passé depuis que le paquebot américain a percé sa coque, à l’été 2007, sur l'iceberg des subprimes ?

 

D'abord, sur fond d’une puissante rhétorique puisée aux heures les plus sombres des années 1930, c’est la loyauté générale qui a été partout réclamée. Ainsi, ont été successivement orchestrés : le sauvetage des grandes institutions financières (banques comme assurances) en 2008 ; des plans de relance publiques massifs de soutien à l’activité en 2009 ; des mécanismes européens de stabilité financière dignes des créations du Dr Frankenstein quand les plans de soutien à l'ami américain ont alimenté la crise des dettes souveraines en Europe, en 2010-2011.

 

Et voilà que par un de ces curieux paradoxes dont la recherche en stratégie est familière, les États-Unis paraissent sortis d'affaire pendant  que l'Europe, elle, n'en finit plus de couler. Devenue bateau ivre, elle ne donne plus l'impression de flotter que par la grâce de taux de refinancement des dettes aussi artificiels que bas.

 

Le saint-graal de la confiance, et donc de la croissance, continue lui d'être, à l'évidence, hors de portée. Et dans ce contexte, le principal risque stratégique pour ceux qui ont le plus intérêt à être loyaux est de subir ""l'exit"" de ceux qui en ont le plus les moyens.

 

Ainsi, on sait que la chancelière Angela Merkel a toujours considéré que les créanciers privés auraient dû assumer, seuls, les conséquences de leurs dérives passées. L'ironie du sort serait donc complète si les difficultés budgétaires françaises, et l'insistance à vouloir relancer les investissements sur le continent, devait lui fournir, sur la durée, prétexte à envisager son propre ""exit"".

 

Quant à l'inertie européenne, et singulièrement franchouillarde, depuis 7 ans en matière de régulation des activités bancaires et de sanctions judiciaires, on lui oppose volontiers la vigueur actuelle des tribunaux américains. Là-bas, les banques rendent des comptes. Elles payent de faramineuses amendes en raison de ces pratiques sous-entendues, à l'époque, par C. Bébéar. Elles sont devenues des contribuables en or, comme le rappelait récemment S. Lauer, correspondant à NY du journal Le Monde.

 

Décidément, le livre d’Hirschman n’a pas pris une ride : face à la crise et au déclin il faut choisir : s’enfuir, hurler, ou se soumettre loyalement. Chacun peut  en juger aujourd’hui les conséquences.


En savoir plus

Mots clés : EconomieIdées & débatsCriseStratégieDéclin

Exit, voice, loyalty : Défection et prise de parole

Exit, voice, loyalty : Défection et prise de parole

Auteur : Albert Hirschman
Date de parution : 18/05/2011
Éditeur : Université de Bruxelles
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