Moral Hazard ou aléa moral est une compréhension essentielle du business car elle permet d’expliquer et surtout d’interpréter des mécanismes humains.
Un exemple connu vient des assurances : j’irai plus souvent consulter mon médecin si je ne paye pas l’acte, à savoir ni la visite ni les médicaments, mais me contente de cotiser à une bonne mutuelle adoubée par mon employeur. S’il y a des bénéfices sociaux pour les plus pauvres et même les catégories aisées, il y a aussi des prélèvements lourds évidemment, car cette protection n’est pas gratuite dans le temps et l’espace.
A l’origine, c’est une notion de mutualisation qui enrichit la notion économique de l’équilibre général et qui fut étudiée dans les années 1950 par le prix Nobel Kenneth Arrow, je cite : « le contrat d’assurance pourrait modifier les incitations et, en conséquence, les probabilités de risques sur lesquelles la compagnie a fondé sa politique ». S’étendant à la finance, à l’économie et aux comportements il concerne aujourd’hui la politique publique y compris dans le domaine très délicat de la protection santé des immigrés clandestins.
Ce concept puissant est un des fondements de la politique protectionniste américaine pour ses entreprises non pas depuis l’élection spectaculaire du 5 novembre 2024 mais depuis la crise de 1929 et ses cohortes de chômeurs affamés et sans doute même depuis la conquête de l’ouest et OK Coral. Les Etats-Unis ne craignent vraiment qu’une chose : le chômage.
Les critiques basiques à l’égard de Donald Trump pour son deuxième mandat présidentiel sont étranges. Comment peut-on écouter des dits analystes experts se moquant de l’allure physique d’un Président américain alors que ce dernier met en place un protectionnisme original dans ses modalités et conforme à l’histoire des Etats-Unis dans son essence.
L’aléa moral est la protection et l’incitation comportementale planétaire que la présidence américaine met en place pour défendre l’emploi sur son territoire fédéral. L’Administration américaine, contrairement à la française et à l’européenne, ne soutient pas ses entreprises à coups de subventions, de coûteux comités d’attribution de fonds, aux start-up, au digital, en particulier ou de normalisation croissante et lourde, qui impactent les impôts à la hausse et amènent les prélèvements à des sommets de montants et d’opacité. Cette administration américaine si décriée même en son pays utilise deux armes sans incidences budgétaires majeures. La première est la fiscalité douanière à l’entrée du territoire, la deuxième est l’instauration de la confiance dans la stabilité gouvernementale.
Donald Trump cherche à développer l’emploi sur le territoire américain quelle que soit la nationalité de la firme qui s’implante.
Il offre donc une protection de marché à l’ensemble des entreprises du monde sans verser un seul dollar grâce aux mécanismes assuranciels de sa politique, à l’aléa moral. Il ne suffisait pas d’y penser, il fallait le faire. L’Europe riposte sans imagination.
La moquerie, la raillerie, la condescendance des critiques idéologiques en Europe est devant un mur érigé par l’aléa moral, il n’y a pas de « hazard » parait-il, et pourtant…
Publié le vendredi 25 juillet 2025 .
3 min. 25
Les dernières vidéos
Stratégie
Les dernières vidéos
de Laurent Maruani
LES + RÉCENTES
LES INCONTOURNABLES
