L’ascenseur social fonctionnant difficilement, on s’agace en tapant sur des cases de choix scolaires qui ne répondent pas mieux aux espoirs. Y-a-t-il une vie hors Médecine, l’X et HEC ? Nous connaissons cette recherche d’itinéraires vertueux dans les familles aux enfants scolarisés dans le secondaire. Faut-il cheminer par la prépa élitiste ou par le coûteux détour par l’étranger pour prendre le train en route, les classes européennes dans les collèges sont-elles efficaces, faudrait-il parler anglais à la maison sachant que le père a un accent toulousain, et choisir l’allemand, le grec et le chinois à l’école pour préserver ses chances, quelles chances … ?
Derrière l’affirmation de règle -l’enfant doit être stimulé intelligemment – la contrainte… L’efficacité peut étouffer le bonheur de vivre.
Simplifions dès lors la question, au risque de soulever une tempête protestataire et hostile tant académique que sociale et administrative.
Les orientations scolaire et professionnelle sont d’autant plus disjointes que nous avançons dans les niveaux de formation. Un ouvrier agricole, cantonné à des tâches physiques d’exécution répétitives et simples doit se former à ces gestes techniques et passer à l’acte. La formation est courte et l’entrée dans les métiers rapide et pauvre en rémunération. Les formations élitiste sont variées mais ouvertes, elles permettent à l’enfant de trouver une voie sans se soucier de son métier futur. Ce dernier sera d’ailleurs défini, dans les familles les plus expérimentées, par les conditions d’exercice plus que par le contenu. Par exemple le niveau de revenu mais aussi l’indépendance dans son travail, la variété des fonctions accessibles, la qualité des réseaux et surtout l’intérêt personnel dans la chose, le vrai luxe.
Dire à son enfant essaye HEC ou l’X n’a de sens qu’en regard de ces notions. Sauf si l’enfant le sait en avance, rarement, l’engagement professionnel précis est rare. Je ne connais pas beaucoup de jeunes rêvant d’être expert-comptable, marketeur ou électronicien, il y en a certes mais ils veulent plutôt des choses floues à leur stade comme le luxe, l’entrepreneuriat, la recherche médicale, ou le bonheur de la planète, comme un sens gratifiant à leur action, contrairement au jeune carossier.
Alors il faut bien séparer le temps de chaque chose. Pour l’école aller loin dans ce que l’on aime. Puis une fois la réussite faite dans le bonheur, choisir son itinéraire personnel professionnel. Un ingénieur peut avoir aimé faire du grec, autrement que parce que la classe de grec était sélective. Cette approche est rarement applicable.
De plus certaines spécialités comme le marketing sont très mal connues des parents qui l’assimilent à une des formes de communication, et le conseil à l’enfant est forcément très partiel, d’autant que les métiers se transforment radicalement.
La responsabilité des entreprises entre en jeu. A elles d’expliciter leurs professions et d’en trouver les médias adaptés, à elles de ‘organiser pour attirer vers des métiers. Pour cela il leur faut aussi adapter leur langage et sortir du tout laudatif. Dire la vérité c’est bien, toute la vérité c’est mieux, avec les mots justes.
Publié le vendredi 05 septembre 2025 .
3 min. 23
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