Les dirigeants se voient en archanges Michel ou Lucifer ? Du moins ce sont leurs deux modèles de référence.
Au sens étymologique. le premier, Michel, est une interrogation hébraïque : « Est-il comme Dieu ? » alors que le second, Lucifer, est le porteur de lumière et annonce le soleil chez les romains : patron divinité ou lumière ?
En France, à l’évidence, nombre de Présidents de la République rêvent de personnifier simultanément ces deux rôles et ils s’y essayent souvent durant leur mandat. Dans l’entreprise ce serait plutôt le Marketing qui se verrait bien en Lucifer puisqu’il lui appartient d’éclairer les marchés quant à la Finance elle évoquerait plutôt l’arbitre ultime, donc Michel, messager du respect de la Loi supérieure, celle que l’on expose en Assemblée Générale des actionnaires, le résultat comptable. Cette vérité certes simplifiée s’inscrit dans un environnement général multiforme.
Les cultures jacobines comme la nôtre font de leur dirigeant politique un possesseur de ces deux pouvoirs redoutables, celui de la divinité et celui de l’éclaireur. Le gouvernant a des possibilités larges et n’est contraint que par le juridique et les oppositions sociales qu’il influence, sans quoi il est dictateur et augmente ses risques de déchéance physique et historique.
En politique la rue est le recours contre ce pouvoir mais dans l’entreprise c’est l’assemblée des actionnaires et le Conseil d’Administration qui en seraient les garde-fous, quelle dissemblance !
Dans les dictatures politiques, la voix de la rue est étouffée et dans l’entreprise, privée et publique, les boards sont souvent trop intimes avec leur Président, en consanguinité. Le destin de l’entreprise est alors largement déterminé par la seule lucidité des anticipations de marché et la sagesse des arbitrages. Lucifer et Michel doivent s’allier et s’équilibrer chez le dirigeant centralisateur, et ce bien plus profondément que le charisme et autres modes du leadership. Cette coexistence s’allie en un seul mot, la clairvoyance, la lucidité alliée à la sagesse, voir et distinctement pour agir bien, sans vanité ni parti pris. Quels chemins se présentent ?
En premier, l’expérience acquise lors de longs mandats renouvelés est-elle alors préjudiciable lorsque des ruptures se présentent dans l’activité et les marchés? Pas si la dimension Lucifer est présente.
En second, c’est aussi à cela que doivent servir les vrais conseillers, qui ne sont ni coaches ni consultants mais seulement chargés d’essayer de comprendre et oser dire l’instant et le futur et en particulier les ruptures avec leur part d’incrédulité « prophétique ». Michel annonce à Sarah et Abraham âges la venue d’un enfant, elle en rit, Isaac est son nom lié au rire et le destin du monde se scelle. Quand a-t-on pris la mesure de la data et de l’I.A. et de l’encore inconnu de cette rupture ? Déjà dans les Ecritures, le Livre des Nombres est le récit d’un itinéraire initiatique collectif.
Nous verrons ce qu’il en est ailleurs qu’en France.
Publié le lundi 12 janvier 2026 .
3 min. 25
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de Laurent Maruani
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