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La guerre en Ukraine est le révélateur du grand naufrage de la stratégie allemande. La politique énergétique de l’Allemagne s’avère d’abord être un fiasco. La feuille de route poursuivie depuis 20 ans peut se résumer ainsi : sortir simultanément du nucléaire et du charbon et combler les déficits d’approvisionnements pendant la transition vers le renouvelable par la construction de centrales électriques fonctionnant au gaz.


Un tiers du mix énergétique allemand sous dépendance russe


Alors certes, l’éolien, le solaire, la biomasse, l’hydro-électricité représente désormais 50% de l’énergie électrique produite par le pays, contre à peine plus de 6% il y a 20 ans, mais l’électricité, elle-même, ne représente que 20% de l’énergie. Le renouvelable, c’est donc moins de 10% de la demande primaire d’énergie de l’Allemagne qui carbure toujours aux énergies fossiles et de plus en plus au gaz, destiné à l’industrie et surtout au chauffage domestique, avec de surcroît une situation de dépendance vis-à-vis d’un despote. Avant le conflit ukrainien, les importations de gaz russe couvraient près de 60% de la demande allemande et cela devait augmenter encore avec la mise en service, aujourd’hui suspendue, du gazoduc Nord Stream 2, dont le Président du comité d’actionnaires n’était autre que l’ancien chancelier Gerhard Schröder.


Dépourvue de terminaux de gaz naturel liquéfié qui lui permettrait de réorganiser ses approvisionnements, l’Allemagne se retrouve ainsi sans alternative à court terme d’autant que les terminaux d’importations de GNL ailleurs en Europe n’ont pas la capacité suffisante pour se substituer au gaz russe et l’acheminer outre-Rhin. Une « russo dépendance » qui allait jusqu’au contrôle par Gazprom de 25% des capacités de stockage situées sur le territoire allemand avant que la société russe ne cède la totalité de ses actifs en Allemagne. En ajoutant les importations de pétrole et de charbon, c’est finalement près du tiers du mix énergétique allemand qui est sous dépendance russe.


Défense : un retard d’investissement de 745 Md€


Autres errements stratégiques, le renoncement à disposer d’une armée équipée. L’Allemagne a ainsi consacré à peine plus de 1% de son PIB aux dépenses militaires depuis 20 ans. C’est près de 2% en France, 2,3% au Royaume-Uni et environ 4% en Russie.


Mal structurée, sous-équipée, la Bundeswehr serait aujourd’hui dans l’incapacité de satisfaire aux besoins de l’OTAN si l’un de ses membres devait lui demander son aide ou même de défendre son territoire. Bref, le pays est à la remorque de la stratégie américaine. Quant au plan massif de 100 milliards d’euros pour moderniser son armée, décidé dans l’urgence, il est symptomatique plus globalement d’une Allemagne qui a sous-investie pendant des décennies dans ses infrastructures et ses équipements : la part du PIB consacré à l’investissement public est systématiquement inférieure à celle des autres pays membres de la zone euro depuis près de 30 ans. L’Allemagne aurait ainsi accumulé un retard d’investissement de 745 milliards d’euros depuis 1995. C’est en partie le revers de la médaille de la vertu de ses finances publiques.


Un modèle de croissance dans l’impasse


C’est enfin l’impasse de son modèle de croissance. Un modèle mercantiliste qui tire sa force d'une industrie ultra-compétitive grâce à la modération salariale en interne et au siphonnage de la productivité des PECO à l'extérieur avec la mise en place d'une économie de bazar. La concurrence européenne (française notamment) est balayée. Et peu importe que la dynamique des demandes internes européennes soit comprimée. Vue d’Allemagne, l’Europe, sous sa domination, est d’abord une base de production qui exporte vers le grand large, les BRIC, la Chine en particulier ce qui lui permet d’accumuler des montagnes excédents.


Comme le montre la guerre déclenchée par la Russie, des relations avec un partenaire historique peuvent sauter du jour au lendemain. Or, la liste des PECO dirigés par des gouvernements nationalistes et ouvertement europhobes n’a eu de cesse de s’allonger (comme en atteste la nouvelle victoire écrasante de Victor Orba´n en Hongrie), ce qui n’est pas sans poser le problème du maintien des relations commerciales avec ces pays et de leur stabilité. C’est bien là le principal Talon d’Achille de la compétitivité allemande. La bienveillance de Pékin à l’égard de Moscou pose le problème de l’exposition commerciale de l’Allemagne à la Chine, autre régime autoritaire. Sous les 16 années de l’ère Merkel, les exportations en Chine ont été multipliées par 4, faisant de la Chine avec un peu moins de 8% des débouchés le deuxième client du pays. Et ce n’est qu’une moyenne. Fer de lance de l’économie allemande, l’industrie automobile réalise 30% de son chiffre d’affaires en Chine.


Fiasco énergétique, armée impuissante, infrastructures marquées par des années de sous-investissement public, impasse du modèle de croissance : la guerre en Ukraine est un électrochoc pour l’économie allemande.


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